Insécurité énergétique en Europe et au Japon

Akihabara News (Tokyo) — Le Renewable Energy Institute (REI), une organisation à but non lucratif basée à Tokyo, a récemment publié un rapport décrivant les défis auxquels l’Europe et le Japon sont confrontés en matière de sécurité énergétique. Selon le rapport, le plus grand défi vient de la dépendance non durable aux importations de combustibles fossiles.

Cette dépendance rend les économies des deux régions vulnérables aux fluctuations des prix internationaux et aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement, une faiblesse bien illustrée par les événements actuels.

Dans le cas de l’Europe, les pays de la région dépendaient fortement de la Russie pour les importations de gaz, de charbon et de pétrole. Suite à l’invasion de l’Ukraine, ces pays sont désormais confrontés à des décisions difficiles concernant l’abandon de leur partenaire commercial de longue date, et la perturbation de la chaîne d’approvisionnement causée par le conflit a fait grimper les prix.

Pour le Japon également, les coûts d’importation des combustibles fossiles ont atteint des niveaux record ces derniers mois, doublant pour le gaz naturel liquéfié et triplant pour le charbon.

Pour remédier à ces vulnérabilités et améliorer la sécurité énergétique, le rapport REI recommande à l’Europe et au Japon de restructurer leurs stratégies énergétiques autour des énergies renouvelables, car la technologie est abondante et compétitive par rapport aux combustibles fossiles.

De nombreux pays, en particulier en Europe, ont déjà commencé à se concentrer sur les énergies renouvelables. L’Allemagne a pris l’engagement le plus impressionnant en annonçant en mars son intention de poursuivre un objectif de 100 % de décarbonisation d’ici 2035.

Le Japon a fait une promesse similaire de décarbonation, mais, contrairement à l’Allemagne, a fixé son année cible à 2050 au lieu de 2035, un objectif que REI critique comme « terriblement peu ambitieux ».

Selon le rapport, la stratégie énergétique actuelle du Japon est insuffisante pour atteindre même son objectif peu impressionnant de décarbonation de 2050. REI exhorte donc le pays à suivre l’exemple de l’Europe et à adopter une politique plus agressive envers les énergies renouvelables.

En termes de sécurité énergétique, il est important de noter que la transition vers un secteur de l’électricité basé sur les énergies renouvelables comporte ses propres défis. De nombreuses technologies d’énergie renouvelable, telles que l’énergie solaire et éolienne, dépendent des conditions environnementales telles que la météo. Par conséquent, la puissance générée par ces technologies est souvent incohérente, produisant une énergie insuffisante ou excédentaire à divers moments.

Le rapport propose plusieurs solutions à ce problème, allant de l’énergie stockée dans des batteries lithium-ion à la création de réseaux interconnectés entre les régions afin de partager l’énergie excédentaire en cas de besoin. Cette solution est déjà bien implantée en Europe.

Une autre préoccupation concernant les énergies renouvelables est que de nombreux matériaux et fabricants nécessaires à la construction de composants pour les technologies associées, telles que les panneaux solaires et les éoliennes, sont concentrés dans des pays spécifiques, dont la Chine, et cela pourrait devenir une autre dimension de la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement.