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Qui est Amadou Ousmane Touré, le nouveau président de la Cour constitutionnelle? – Jeune Afrique

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Le nouveau président de la Cour constitutionnelle, élu à l’unanimité par les autres juges le dimanche 9 août, s’est particulièrement distingué dans la lutte contre la corruption lorsqu’il était à la tête du bureau du vérificateur général.


Le nouveau président de la Cour constitutionnelle, qui prêtera serment devant l’Assemblée nationale le 10 août, est tout sauf inconnu sur la scène politique malienne. Jusqu’à son élection de dimanche, Amadou Ousmane Touré occupait le poste de chef de cabinet du Premier ministre Boubou Cissé, avec rang de ministre. Il a également été ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire de 2008 à 2011.

Figure dans la lutte contre la corruption

Mais c’est surtout son rôle d’Auditeur général, de 2011 à 2018, qui a fait de lui une personnalité de premier plan, le plaçant au cœur de l’un des sujets les plus épineux, et qui a soulevé les attentes de ses concitoyens: la lutte contre la corruption.

Ses rapports au cours des premières années du mandat d’Ibrahim Boubacar Keita ont déclenché de nombreux scandales concernant le détournement de fonds publics et la corruption. Les deux plus caractéristiques sont celles liées à l’achat de l’avion présidentiel et celles liées à la surcharge des équipements militaires en 2014.

Fin mars, le procureur du tribunal de grande instance de la commune III de Bamako, Mahamadou Kassogué, avait également annoncé la réouverture de ces deux affaires, dans lesquelles des proches du président étaient mentionnés.

«Amadou Ousmane Touré est considéré comme un homme honnête et travailleur», a déclaré un ancien haut responsable malien qui travaillait avec le bureau du vérificateur général. «C’est un homme de dossiers», ajoute Brehima Mamadou Koné, chercheur à l’Institut de recherche et de promotion des alternatives développementales en Afrique.

A 63 ans, ce magistrat, par formation, a traité des affaires de délinquance financière en tant que procureur au tribunal de première instance de la municipalité III du district de Bamako, et à partir de 2004 en tant que procureur général de la cour d’appel de Bamako, jusqu’à son départ pour Abidjan. En 2008.

Courrier confidentiel

Plus récemment, Amadou Ousmane Touré était au centre des médias le 14 juillet. Quelques jours après la répression des manifestations à Bamako, il a adressé une lettre confidentielle au ministre de la Sécurité intérieure, Salif Traoré, démissionnaire le 11 juin, demandant une explication sur le déploiement de la Force spéciale de lutte contre le terrorisme. Au moins 11 personnes ont été tuées, selon les comptes officiels, et au moins 22 selon le Mouvement-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) le 5 juin.

Mais pour Clément Dembélé, président de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage et membre du M5-RFP, «il est aussi signataire du déblocage de 200 millions de francs CFA qui a permis d’augmenter la sécurité lors des manifestations. renforcer. « .

«Il a joué un rôle dans la lutte contre la corruption. Mais il était aussi le chef de cabinet du Premier ministre. Sera-t-il du côté du peuple ou du salaire du régime? Demande le militant.

La création de la nouvelle Cour constitutionnelle était l’une des recommandations de la CEDEAO pour résoudre la crise sociopolitique qui secoue le pays.

Dans sa nouvelle composition, il comprend Amadou Ousmane Touré – qui prend donc la présidence -, Asser Kamate et Doucourou Kadidia Traoré, tous trois nommés par le président de la république; Maliki Ibrahim, Ba Haoua Toumagnon et Beyla Ba, nommés par le Bureau de l’Assemblée nationale; Demba Tall, Mohammed Abdourahamane Maïga et Djénéba Karabenta, nommés par le Conseil suprême de la magistrature. Ils prêteront serment devant l’Assemblée nationale le 10 août, en présence du président Ibrahim Boubacar Keita.

Contentieux électoral

Leur première mission sera de travailler sur le contentieux électoral qui a éclaté après les élections législatives de mars et avril. Alors que les résultats préliminaires annonçaient 43 députés au Rassemblement pour le Mali (RPM, au pouvoir), après examen des recours, la Cour constitutionnelle avait annoncé que le parti présidentiel avait remporté 51 des 147 sièges à l’Assemblée nationale. Les manifestants sont ensuite descendus dans les rues de diverses villes du pays pour exprimer leur mécontentement.

«La Cour pourrait adopter les résultats du ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation dans les circonscriptions contestées. L’autre option est que le président décide de dissoudre l’Assemblée nationale. Pour cela, il fallait d’abord mettre en place un tribunal », analyse Brehima Mamadou Koné.

« La meilleure option reste la dissolution de l’Assemblée générale », a déclaré le chercheur. Mais le Mali n’a pas la capacité financière et technique de tenir des élections dans les délais légaux. De plus, nous sommes confrontés à une crise sécuritaire, qui touche désormais également l’ouest du pays, à laquelle l’épidémie de coronavirus doit s’ajouter ».

La prestation de serment des magistrats formant la nouvelle Cour constitutionnelle intervient à la veille de l’appel à une autre manifestation majeure du M5-RFP, qui continue d’exiger le départ du président.

« La nouvelle Cour permettra certainement de trouver une solution au contentieux électoral, mais ce n’est pas la solution pour le Mali », prévient Clément Dembélé, également membre d’Espoir Mali Koura (EMK), un mouvement. de la société civile dirigée par le cinéaste et ancien ministre de la Culture Cheick Oumar Sissoko. «Le problème du Mali n’est pas politique, mais social. Les Maliens n’ont pas assez à manger, l’école est en crise depuis des années, nous sommes confrontés à une crise sécuritaire, à des détournements de fonds et à la méfiance des dirigeants … Tout cela, aucun gouvernement d’union nationale, ni le départ de Boubou Cissé ne pourra changer cela » .