la reprise porte le déficit commercial à un niveau record en juin

Une épine sur le côté de la reprise. La France a enregistré un déficit commercial record de 7,96 milliards d’euros en juin dernier, selon les chiffres publiés par les douanes ce vendredi 7 août. Pour l’ensemble du deuxième trimestre, les importations ont dépassé les exportations de 20,4 milliards d’euros, soit une différence de 40% par rapport à la même période l’an dernier.

Ce déséquilibre a été réduit pour la première fois grâce au ralentissement des échanges lié à la crise du Covid-19 et à la mise en place de mesures de confinement. Notre déficit commercial n’était «que» de 3 milliards de dollars en mars, en baisse de 45% par rapport à l’année précédente. Alors que les ventes et les achats à l’étranger ont continué de baisser, cet écart est remonté à 5 milliards en avril, un niveau encore légèrement inférieur au même mois en 2019 (-6%). Mais le déficit est monté en flèche depuis la dé-définition et la reprise du commerce mondial, au point qu’il a largement dépassé les niveaux d’avant la crise.

Dommage collatéral

Dans le sillage de la dé-définition, les échanges de l’économie française se sont ensuite redressés en mai, parallèlement à la reprise du commerce mondial. Les importations ont cependant progressé beaucoup plus rapidement que les exportations: les achats à l’étranger ont ainsi augmenté de 6,4 milliards d’euros en mai par rapport à avril, contre seulement 4 milliards de plus pour les exportations. De quoi ramener le déficit commercial à -7,4 milliards d’euros. Le commerce français a encore augmenté en juin, creusant à nouveau cet écart pour atteindre un niveau historique de 7,96 milliards. Cependant, le volume des échanges est loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant la crise: les importations étaient inférieures de 15% au niveau d’il y a un an en juin.

Un tel déséquilibre s’explique notamment par la forte baisse des exportations de moyens de transport (y compris l’automobile et l’aviation). Ce secteur a ainsi réalisé en juin des ventes inférieures de 50% à celles du même mois en 2019, et représente à lui seul un déficit commercial de 1,4 milliard d’euros. À l’autre extrémité de l’échelle, les importations de masques ont monté en flèche, à la suite de commandes massives visant à endiguer la propagation du Covid-19. “Au deuxième trimestre 2020, environ 3,6 milliards d’euros de masques ont été importés, la majorité de Chine“, précise la déclaration en douane.

Un échec prolongé des exportations pourrait compromettre la reprise économique souhaitée par le gouvernement, tandis que les achats à l’étranger permettent aux entreprises de remplir leurs carnets de commandes. Même si la hausse des importations sera d’autant plus importante que les ménages dont la consommation en juin a dépassé les niveaux d’avant la crise privilégieront les produits étrangers au détriment des fournisseurs français. Le tout avec le risque d’accentuer durablement le déficit commercial, qui s’élevait à 57 milliards d’euros en 2019.