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La situation alarmante à l’hôpital universitaire Mohammed VI de Marrakech

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© Offert par Yabiladi


A Marrakech, le personnel médical et le syndicat de l’hôpital universitaire Mohammed VI ne cachent plus leurs inquiétudes quant à la situation de cette infrastructure hospitalière vitale pour la ville ocre et sa région et dénoncent l’absence de mesures de barrière, d’équipements de protection et de directives pour les patients, dans le contexte de la pandémie, lorsque 30 membres du personnel auraient été testés positifs pour Covid-19.

Alors que le nombre de cas du nouveau coronavirus s’est accéléré au Maroc ces derniers jours, les hôpitaux universitaires (CHU) et les hôpitaux du royaume, débordés, doivent également lutter contre la propagation du virus en eux. Après ceux de Tanger et de Fès, c’est autour du CHU de Marrakech pour attirer l’attention des responsables de la santé au niveau régional et même national.

En effet, des sources médiatiques ont évoqué cette semaine une situation difficile à laquelle font face cette infrastructure hospitalière et son personnel médical. Des sources syndicales mettent en garde contre 30 cas confirmés parmi les agents de santé de l’hôpital universitaire Mohammed VI.

Un CHU en libre accès, sans mesures de barrière

Imad Soussou, vice-président de la FNS-UMT à l’hôpital universitaire Mohammed VI de Marrakech, contacté jeudi par Yabiladi, évoque la situation des infrastructures hospitalières ces derniers jours, qui a augmenté le nombre de cas parmi le personnel médical. «Il n’y a pas de mesures de barrière au CHU. Lorsqu’un patient, un compagnon ou quiconque se rend aux urgences, il n’y a pas non plus de tri ou d’orientation, de distanciation sociale ou de mesure de la température corporelle », se plaint-il.

«Vous pouvez subir cette mesure de température dans un magasin ou un centre commercial, mais pas au CHU», regrette-t-il. De même, les infrastructures hospitalières souffrent d’un manque de «ressources pour désinfecter les équipements et les salles d’urgence».

«Si un patient est fébrile, nous n’avons pas d’unité d’isolement dans le cadre de cette pandémie en attendant la confirmation de son cas. Il entre ainsi en contact avec d’autres patients aux urgences et dans les différents services », regrette un médecin du CHU, sous couvert d’anonymat. «Il n’y a aucune personne responsable de la stérilisation du matériel dans mon service. Ce sont les médecins eux-mêmes qui le font, et ils l’oublient souvent », confie-t-il.

«Nous nous demandons si la direction du CHU sait ce qui se passe. Aucun responsable n’est venu dans mon service de cas Covid + pour s’enquérir de la situation là-bas. « 

Docteur du CHU de Marrakech

Et aussi « dénoncer les responsables qui ont conclu des accords pour soigner des patients sans même connaître la situation sur le terrain ».

De son côté, une infirmière du CHU de la ville ocre confirme également sans enthousiasme l’échec constaté par sa collègue. «Il y a eu des cas qui ont été testés positifs parmi le personnel des urgences du CHU», a-t-elle lâché, sans donner plus de détails.

Le risque d’un hôpital comme le CHU de Fès

D’autres facteurs semblent avoir exacerbé cette situation. Pour Imad Soussou, le bureau syndical a notamment relevé « l’absence d’un comité scientifique et d’une stratégie claire » ou encore « des comités de suivi qui existent dans les entreprises mais pas au CHU ». «Ils affirment qu’un hôpital du CHU est réservé aux cas Covid +, avant de le considérer plus tard comme ne faisant plus partie des centres dédiés à ces cas. Est-il sensé de maintenir cette distinction? Pour nous, chaque cas est soupçonné d’être un Covid + jusqu’à preuve du contraire », ajoute-t-il. Et déplorant que« les hôpitaux dits non-Covid ne profitent pas des équipements pour protéger le personnel ».

«Le personnel hospitalier travaillant dans les unités Covid est fatigué et travaille sans relâche depuis février. Il n’y a pas de système de rotation et pas de gestion du personnel car le CHU ne peut pas résoudre ce problème. Nous sommes arrivés au bout et nous allons droit dans le mur.

Imad Soussou

Après tout, le syndicaliste affirme avoir «dénoncé à plusieurs reprises cette situation en envoyant des lettres et des courriers à la direction du CHU et aux responsables, mais rien n’a changé». « Nous craignons que le CHU ne devienne un foyer du coronavirus, avec des patients en bonne santé qui sortent avec une infection Covid-19 », prévient-il. Une situation qui s’est également présentée à Fès, avec plus de 60 infections parmi le personnel du CHU de la capitale spirituelle du royaume.

Contacté jeudi par Yabiladi, le service communication du CHU de Marrakech nous a indiqué que « les données sur le nombre de cadres doivent être communiquées par le coordinateur de l’unité Covid et la direction générale du CHU ». «Nous ne pouvons pas commenter cette question», nous dit-on.

En termes de manque de mesures physiques pour se distancer et d’équipements de protection, tels que les gels hydroalcooliques et le savon, notre source préfère la modération car ces résultats sont «dépassés». «Nous sommes dans un état critique de la pandémie au Maroc. C’est vrai pour tous les autres hôpitaux », dit-elle sans détour, avant d’estimer que« les gens écrivent n’importe quoi ».

Hier, le Mouvement des Infirmières et Techniciens de Santé au Maroc (MITSAM) a rapporté dans un communiqué de presse mentionnant 118 infections à Covid-19 dans ses rangs: «15 infirmières polyvalentes, 4 sages-femmes, 3 infirmières anesthésistes et deux techniciens de santé» sont à Marrakech depuis le début de cette pandémie infectée par le coronavirus.