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Le gouvernement s’engage à aider la SNCF «  pour plusieurs milliards d’euros  »

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Après Air France ou Renault, l’Etat promet un soutien de «plusieurs milliards d’euros» à une autre société de premier plan, la SNCF, pour pallier la lourde perte de profit provoquée notamment par la crise sanitaire.

Le groupe ferroviaire sera assisté «  à hauteur de plusieurs milliards d’euros  », a déclaré jeudi le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari dans un entretien au Figaro, soulignant que l’Etat a déjà autorisé la SNCF à emprunter 1,2 milliard. euros sur les marchés et financé «le salaire d’un cheminot sur trois» pour une activité partielle pendant l’incarcération.

« Il y a plusieurs options sur la table: la recapitalisation du groupe ou l’acquisition d’une partie supplémentaire de la dette », confirme Jean-Baptiste Djebbari dans cet entretien.

« Allons-nous utiliser une option plutôt qu’une autre ou mélanger des solutions? » il continue. Il souligne que « l’arbitrage n’a pas encore été combattu ».

Mi-juin, Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, estimait que la crise de Covid-19 devrait coûter à l’opérateur ferroviaire près de quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Ajoutez à cela la perte de chiffre d’affaires dans les grèves contre la réforme des retraites, estimée à un milliard d’euros, et le déficit de la SNCF est d’environ 5 milliards d’euros depuis décembre de l’année dernière.

Dès le mois de mai, craignant que la situation financière de la SNCF – qui avait accumulé une dette d’environ 35 milliards d’euros début 2020 – ne se détériore, M. Farandou avait lancé un appel à l’État actionnaire: «L’idée d’un ‘plan de soutien à la La SNCF ne me paraît pas déraisonnable », a-t-il déclaré, rappelant qu’Air France et Renault en ont profité.

– Deux nouveaux trains de nuit en 2022 –

«En contrepartie, si l’État investit des sommes importantes, il attend de la SNCF qu’elle délivre des performances économiques, environnementales et sociales élevées», prévient Jean-Baptiste Djebbari dans Le Figaro.

«Nous voulons que le réseau ferroviaire soit modernisé d’ici dix ans; afin que les trains de voyageurs de jour et de nuit et les trains de marchandises puissent circuler sans problème. Pour ce faire, nous devons continuer à suivre le cours de la réforme de 2018; c’est-à-dire un investissement de plusieurs milliards d’euros par an jusqu’en 2022 pour restaurer le réseau ferroviaire », poursuit-il.

« Un soutien suffisamment fort permettra à la SNCF de se rééquilibrer au plus vite. Elle ne revient clairement pas à la production de dette », a souligné M. Djebbari.

Dans son discours du 14 juillet, Emmanuel Macron a souligné son intention de «réaménager massivement» le fret ferroviaire, le petit rail et les trains de nuit dans le cadre de sa politique de transition écologique.

En vue de « relancer le transport ferroviaire de fret en France », M. Djebbari a indiqué qu’il avait notamment proposé au Premier ministre « d’abaisser le péage des entreprises opérant sur le réseau national ».

Le gouvernement s’efforce également de « relancer deux trains de nuit supplémentaires par, pourquoi pas, un Paris-Nice pour démarrer d’ici 2022 », a déclaré le délégué du ministre, qui a déclaré jeudi à France Info que la deuxième ligne serait sur le point de cela va à Tarbes plus tôt ».

« L’Etat financera d’abord la rénovation du matériel roulant existant avant d’envisager l’achat de nouveaux trains pour développer un réseau européen plus large à plus long terme », a-t-il déclaré.

Sur les « petites lignes », « l’Etat continuera à mobiliser des cofinancements importants pour rénover autant d’autres lignes que possible », promet-il.

AFP