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Les offres d’emploi sont à nouveau colorées dans l’attente d’un jugement d’automne

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Publié le 22 juil.2019 2020 à 7h00

Bonne nouvelle sur le plan du travail? Les intentions de contrat sont revenues aux niveaux d’avant la crise en juin, selon les données analysées par Randstad France, dont les équipes «Data» ont dépisté plus de 11 000 sites de recrutement. Conclusion: La reprise des annonces est nette après l’arrêt brutal de la mi-mars.

Il y avait 148 300 postes vacants dans la semaine du 29 juin au 3 juillet, comparativement à 150 800 la première semaine de mars. Après avoir diminué de moitié entre la moitié de février et le 20 mars 2020, les offres d’emploi ont recommencé à augmenter à partir du 11 mai, avec déconférence. Au cours des trois dernières semaines de mai, les offres ont augmenté de 75%, passant de 82 400 à 145 000. Et juin semble confirmer un retour à la normale des intentions d’embauche.

Pas de triomphalisme

«Les entreprises commencent à recruter des personnes pour aider à sortir de la crise. Des pans entiers de l’économie contraints de fermer font preuve d’un regain de vitalité, comme le BTP ou certaines activités industrielles », Note Frank Ribuot. Cependant, le président du groupe Randstad France évite tout triomphalisme. Cette évolution reste à vérifier dans les mois à venir. « Septembre donnera le ton avant la fin de l’année et nous permettra de confirmer ou de nier la bonne orientation de recrutement que nous constatons aujourd’hui », il ajoute. Le retour potentiel du virus, l’assouplissement progressif des aides d’État et l’imprécision de la durabilité de la reprise sont autant de sujets de préoccupation pour les entreprises.

Adecco, pour sa part, a noté une augmentation de 26% des postes vacants pendant la période de réduction par rapport à la même période de 2019, suivie d’une réduction de 30% et, depuis la déconfinition, d’une baisse de 4%, toujours par rapport aux mêmes périodes de l’année dernière. Le nombre de postes vacants augmentera certes, mais restera en dessous du niveau de juin 2019 et en dessous du niveau atteint début 2020.

Freins au recrutement

«Il faut être prudent avec ces données et ne pas revendiquer la victoire trop rapidement. Il faut prendre en compte l’effet de rattrapage sur la communication des offres: les grands groupes publient souvent des annonces pour compléter leur stock de CV et leur base de candidats, et pour disposer des compétences le moment venu. Mais le taux de réussite de ces annonces dans les recrutements réels sera certainement très faible », estime Christophe Catoir, président France, Europe du Nord, Royaume-Uni et Irlande d’Adecco.

Les obstacles au recrutement sont nombreux: l’incertitude oblige les chefs d’entreprise à attendre; les effets de la crise ont apaisé les tensions sur les profils jusqu’alors très recherchés; les compétences ne sont pas adaptées au reclassement du paysage économique.

Des situations contrastées

Cependant, Randstad note que les entreprises regagnent des parts de marché en réactivant leurs chaînes d’approvisionnement, à en juger par les emplois les plus demandés en juin: les ventes (+ 28% par rapport à mai) et les chauffeurs routiers (+ 45%) sont parmi les 3 premiers des métiers recherchés, après des techniciens de maintenance, qui sont restés au sommet des profils les plus convoités pendant la crise. Les courtiers sont en cinquième position avec le renouvellement des transactions, derrière les infirmières qui devront remplacer leurs collègues de première ligne au plus fort de la pandémie. Les développeurs informatiques, dont les recrutements ont été largement gelés, se hissent à la huitième place (+ 19%).

Selon le secteur, Adecco distingue quatre scénarios. La croissance de l’incarcération, de la santé, de l’immobilier et du secteur médico-social a bien résisté à la crise. Ralentis dans leur progression par l’incarcération, le commerce, l’informatique, la banque assurance, l’industrie pharmaceutique, la construction, les télécommunications, l’édition et le secteur audiovisuel redémarrent. Également en expansion avant l’inclusion, mais freinés par la crise et toujours en souffrance, on retrouve l’industrie hôtelière, le transport logistique, le textile, les machines et équipements. Enfin, avant même l’enfermement en difficulté, la production de matériels de transport (aéronautique et automobile), de produits informatiques, les industries du papier, du bois, de l’agroalimentaire, du caoutchouc, de la métallurgie, de l’agriculture et du divertissement peine à se reconstruire. commencer.