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Déploiement de la 5G: santé, environnement, espionnage … faut-il en avoir peur?

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Un chiffre, une lettre … de nombreuses promesses, mais aussi de vraies préoccupations. C’est ainsi que se résume l’arrivée très imminente de la 5G. Les premières offres commerciales du réseau mobile du futur, destinées à supporter la 4G actuelle que nous utilisons pour connecter nos smartphones, devraient être accessibles aux opérateurs les plus optimistes d’ici quelques mois et même à la fin de cette année.

Heureusement pour les accros au smartphone qui transportent désormais 77% des Français âgés de 12 ans et plus. En effet, le haut débit mobile de cinquième génération promet des temps de recharge dix fois plus courts que ceux actuellement proposés par la 4G actuelle. Dont vous pouvez profiter, sans temps d’attente ou presque toute une gamme de fonctions sur votre téléphone ou tablette.

« Ce projet aurait dû faire l’objet d’un débat public »

«Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, ce projet d’envergure aurait dû faire l’objet d’un débat public dans sa forme propre, mais le gouvernement lance à la hâte cette nouvelle technologie sans en mesurer les conséquences. conséquences »dénonce Stephen Kerckhove, représentant général d’Agir pour l’Environnement.

Pour Sophie Pelletier, présidente de l’association Priartem-Electro-sensible en France, « on sait que ces ondes ont un impact sur notre cerveau, que des personnes présentent des troubles d’électrosensibilité, avec des soupçons de plus en plus sérieux en termes de cancérogénicité ». Une position qui ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique.

Déploiement de la 5G: santé, environnement, espionnage ... faut-il en avoir peur?

Mais déjà, les associations écologistes mais aussi les élus, comme certains des maires verts qui viennent d’être élus à la tête de grandes agglomérations (Bordeaux, Poitiers, Besançon …), appellent à un moratoire sur le déploiement de la 5G. Le gouvernement et les opérateurs sont actuellement sourds. Les attributions de fréquence sont effectuées au début de l’année scolaire après le report en raison de la pandémie de Covid.

Cependant, cette promesse n’est pas pour tout le monde. Le débat fait rage depuis des mois et de nombreuses personnes votent contre cette course effrénée pour «toujours plus vite» et «toujours plus connecté». Et inciter les plus vengeurs à des actes criminels. Par exemple, deux hommes viennent d’être condamnés lundi à 3 et 4 ans de prison pour avoir placé une antenne relais dans le Jura. Cette technologie est très préoccupante.

Impact environnemental réel

L’impact environnemental du déploiement de la 5G soulève des questions. Cette fois, c’est bien réel. D’abord parce que la 5G va obliger les utilisateurs à s’équiper de nouveaux smartphones et ainsi abandonner leurs «anciens» appareils. Ceux-ci seront d’abord stockés dans des tiroirs, certains – 10% seulement – seront remis en circulation sur le marché de l’occasion, mais finalement tout sera jeté à la poubelle.

Il faut également craindre une augmentation de la consommation d’électricité. En multipliant les possibilités de connexions sur un nombre croissant d’objets connectés, la 5G augmentera logiquement la demande énergétique. Les antennes nécessaires au fonctionnement seront moins gourmandes en énergie, promettent les installateurs. Mais eux aussi vont se multiplier, surtout ceux qui représentent la bande 26 GHz, à très haute fréquence mais à très courte distance. Le nombre de sites sur des sites préexistants devra donc être multiplié pour couvrir le territoire.

Pas un risque avéré pour la santé, mais …

Les ondes électromagnétiques sur lesquelles repose la technologie de la téléphonie mobile sont-elles dangereuses pour la santé? L’Organisation mondiale de la santé (OMS), après avoir étudié de nombreuses études scientifiques sur le sujet, a estimé dans un rapport de 2018 qu ‘«aucun effet nocif sur la santé causé par l’utilisation d’un téléphone mobile n’a été démontré». Cependant, l’avènement de la 5G pourrait la situation évolue selon différentes associations environnementales, car elle ajoute de nouvelles ondes au «brouillard électromagnétique» déjà répandu avec celles produites par la 2G, la 3G, la 4G, le Wi-Fi ou encore le Bluetooth.

Parmi ces ONG, le Priartem («Rassembler, informer et faire face aux risques des technologies électromagnétiques») et Agir pour l’Environnement appellent à un moratoire sur l’attribution des fréquences. Le moment où de nouvelles études peuvent ou non conclure sur la sécurité de la 5G sur la santé. Le traité climatique pour les citoyens a exprimé un souhait similaire à la fin du mois de juin. Le gouvernement n’a pas accepté la proposition, mais s’est basé sur le rapport d’évaluation que l’Anses (Agence nationale pour l’alimentation, l’environnement et la sécurité au travail) doit remettre début 2021 sur les effets de la 5G. « A propos de la santé et du climat ».

Risque d’espionnage: Huawei dans la ligne de mire

Une présomption de perte d’indépendance stratégique, sur fond d’espionnage, suscite également les plus grands acteurs du marché mobile. Pour les opérateurs, le sujet qui a été violemment divisé ces dernières semaines est Huawei, le fabricant chinois de smartphones, grand fournisseur d’équipements 5G. Le fabricant chinois Huawei est accusé d’avoir implanté des dispositifs d’espionnage dans ses antennes. Les États-Unis et l’administration Trump ont été les premiers à dénoncer la présence possible, mais non encore documentée, de «  portes dérobées  » ou d’accès secret aux antennes et aux réseaux par les agences de renseignement chinoises en 2018. « Un fantasme politique lié à une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis », a protesté le constructeur asiatique.

Formellement, aucune preuve n’a encore été apportée, mais il y a un doute, avec deux opérateurs français, Bouygues et SFR, dont le réseau 4G et la future 5G représentent environ 50% des matériels et logiciels asiatiques, la peur de pouvoir Installez le matériel Huawei.

Début juillet, l’Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques (Anssi), qui peut autoriser ou non l’installation de tel ou tel équipement, a implicitement conseillé aux opérateurs français d’utiliser des équipements chinois pour favoriser les concurrents européens Nokia et Ericsson. Il a également imposé des conditions à l’utilisation de l’équipement chinois. «Elle demande que, selon les cas, ces installations soient démantelées d’ici 3, 5 ou 8 ans», explique l’un des opérateurs. Nous n’allons pas investir dans des équipements pendant 3 ou 5 ans car un réseau a été créé pour durer dix ans. « . Et d’avertir: « Si c’est le cas, l’Etat devra mettre la main dans sa poche, et cela lui coûtera cher de payer les dégâts! » « 

Bruno Le Maire tempère

Mardi dernier, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a commenté à ce sujet à France Info: «Nous n’interdisons pas à Huawei d’investir dans la 5G. Nous protégeons nos intérêts de sécurité nationale ». Les Britanniques sont sur une ligne plus dure et ont depuis le 14 juillet décidé d’exclure cet opérateur de leur réseau 5G en raison d’un risque pour la sécurité du Royaume-Uni.

La Chine n’a pas l’intention de s’arrêter là dans ce combat. Selon le Wall Street Journal de mardi, il pourrait prendre des mesures contre les sociétés européennes Nokia et Ericsson si l’Union européenne bloque Huawei et ses antennes 5G.