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Le secteur du livre se redresse

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« Nous avions pris des mesures immédiates, il s’agit maintenant de préparer les mois à venir »Vincent Monadé, président du Centre national du livre, explique. Le 15 mai, 600 acteurs du livre ont signé une forte chronique dans le journal Le monde. Très touchés par les pertes de l’industrie liées à la crise sanitaire due au coronavirus – estimées à 500 millions d’euros – ils ont affirmé: « Monsieur le président, n’oubliez pas le livre ». Ils ont finalement été entendus.

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Alors que le plan d’urgence, lancé en avril, porte ses fruits, le Centre National du Livre (CNL) a dévoilé la première phase d’un plan de relance d’un montant de 80 millions d’euros. Avec la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année, la période allant jusqu’à décembre est cruciale pour la santé économique du secteur, qui perd aujourd’hui 20% de son chiffre d’affaires total, après la crise sanitaire.

Librairies de première ligne

Dans cette première phase du plan de relance, un fonds exceptionnel de 25 millions d’euros a été alloué aux librairies, grandes victimes de la crise qui ont blâmé la perte « Presque total » de leurs ventes pendant l’incarcération. « Ils sont le dernier maillon de la chaîne et dépendent de tous les autres secteurs »Vincent Monadé explique.

Depuis la réouverture des agences, assistée des premiers fonds de solidarité, la reprise a été plutôt encourageante, avec une augmentation moyenne du chiffre d’affaires de 20 à 25% sur la même période par rapport à l’année précédente. « Le goût de la lecture n’est pas perdu et les chiffres vont plus loin que nous l’espérions, mais certains, qui ont été très affaiblis ces derniers mois, sont toujours menacés de fermeture Regrette le président de la CNL.

Le montant libéré devrait permettre aux librairies de compenser les pertes d’exploitation et de rembourser les frais fixes des deux mois de détention au cours desquels elles sont parties. Le plan d’urgence, élaboré au début de la garde, avait déjà aidé les professionnels les plus délaissés, y compris les librairies francophones à l’étranger, qui avaient reçu une enveloppe de 500 000 € dans 78 agences.

L’une des mesures révélées a également été le maintien de fonds d’urgence destinés à répondre aux difficultés immédiates des acteurs les plus vulnérables, à commencer par les auteurs dont les revenus ont été fortement affectés par la crise. Sur un budget total de 2,2 millions d’euros, la moitié a déjà été versée à 600 d’entre eux à travers le pays. Cette mesure sera maintenue pour juillet et août. Pour Vincent Monadé, combler le déficit impensable « Avec cet argent, les plus vulnérables peuvent survivre dans les mois à venir. » Les bourses pour les organisateurs d’événements littéraires annulés seront également maintenues, en tenant compte du budget révisé et des efforts des organisateurs pour récompenser les auteurs prévus.

Outils pour personnaliser

« Maintenant, nous devons nous concentrer sur l’adaptabilité »Explique Vincent Monadé. Dans un avenir incertain, tant en termes de conditions de travail qu’en termes de concurrence, il s’agit de donner aux professionnels du livre les moyens d’être réactifs sur tous les fronts et à tout moment.

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L’importance de certains outils a été soulignée pendant la période d’incarcération «Comme la technologie numérique sur laquelle certains ont misé, avec des livres audio et du click and collect.  » Alors que le livre numérique progresse lentement, les ventes en ligne ont explosé. « Malheureusement, les librairies n’étaient pas équipées pour profiter pleinement de cette tendance », remarque Vincent Monadé.

Par exemple, une enveloppe de 12 millions d’euros – délivrée sous forme de subvention à hauteur de 70% – sera consacrée à la modernisation des librairies (rénovation des magasins, nouveaux équipements, équipements informatiques). « Nous ne pouvons pas prétendre concurrencer Amazon, mais à l’avenir, cela permettra aux librairies de jouer sur un pied d’égalité avec les grandes plateformes de vente de livres tierces. »Vincent Monadé explique.

Depuis le début de la crise, le gouvernement a débloqué 230 millions d’euros pour le « Plan Livre », qui semble satisfaire les professionnels. L’industrie attend désormais que la deuxième partie du projet soit consacrée aux éditeurs. Ces nouvelles mesures seront rendues publiques en septembre.