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Louer au lieu d’acheter? Une grande marque de sport entre dans l’économie circulaire

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Et si la location est plus intéressante que l’achat? Un grand magasin de sport y pense. Dans quelques mois, Decathlon mettra en place un service de location pour de nombreuses choses comme les vélos, les tentes et les raquettes de tennis.

Seules exceptions: les consommables (comme les balles de tennis ou de tennis de table), les chaussures orthopédiques ou les équipements de sécurité comme les casques de vélo ou les ceintures d’escalade. Pour le reste: tout peut être loué pour un ou plusieurs mois.

Une dynamique vertueuse

A l’origine de ce projet intitulé Nous jouons de façon circulaire, Luc Teerlinck, responsable de l’innovation. Il a eu une révélation. « Si nous nous engageons dans une dynamique d’utilisation de nos produits plutôt que de les acheter pour les posséder, nous entrerons dans une dynamique qui est super vertueuse pour toutes les parties prenantes, il dit. Plus les produits sont durables, c’est-à-dire avec des garanties longues et éco-conçues, plus nous pouvons les louer à plus long terme. La rentabilité économique augmentera donc par rapport à une vente. Et cette rentabilité est partagée avec les clients en baissant le prix de la location et / ou la qualité du service. Et avec la chaîne amont pour les inciter à produire de plus en plus durablement. C’est une formule vraiment magique: plus vous produisez de qualité, plus les prix sont bas.« .

Il s’agit donc d’un virage sérieux qui se prépare pour la marque qui est devenue connue pour la vente d’articles de sport bon marché. C’est le calcul du prix qui explique l’importance d’un matériel de qualité. Une fois le prix d’achat amorti par le loyer de base, le prix de l’article est divisé par le nombre d’années de garantie pour déterminer le nouveau loyer.

Un calcul au service de la qualité

Prenons un exemple: une tente de camping pour 4 personnes qui coûte 300 euros à l’achat et qui a une garantie de 5 ans. Dans un premier temps, il sera loué 50 € par mois le premier mois, puis 21,43 € du deuxième au sixième mois puis légèrement moins cher. Mais si la tente a été radiée, elle ne sera louée que pour 10 € le premier mois et 4,29 € du deuxième au sixième mois. Une tente au même prix, garantie 2 ans seulement, serait louée 25 € par mois après amortissement. Plus la garantie est longue et donc plus la qualité est élevée, plus le prix de location est bas.



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Le prix de location d’une tente avant et après amortissement © Jacinthe Folon

500 testeurs intéressés

Cinq cents bénévoles peuvent tester le projet, ce qui nécessite un abonnement de 5 € par mois pour accéder à la plateforme de location. Cette plateforme contient des articles de Decathlon, mais aussi de magasins partenaires indépendants comme Urban Tri Sport, une boutique spécialisée dans le triathlon à Woluwe-Saint-Pierre et Spa.

Deborah, l’une des testeuses, est convaincue de l’intérêt du projet. « J’aime le concept de dire que si je n’ai plus besoin de quelque chose, je peux le retourner, il ne restera pas au sous-sol. Ensuite j’ai des garçons qui grandissent, pour eux c’est vraiment intéressantnous dit-elle.

Vincent, un autre testeur, est père de quatre enfants. Il a pu tester la location depuis janvier. « Financièrement, je n’ai pas encore fait le calcul à long terme. Mais à court terme, quand je vois l’utilisation que j’ai depuis 6 mois … Nous avions une paire de skis, des masques de ski, un roller pour le vélo, nous avons des raquettes de tennis, des raquettes … Et compte tenu de l’échange et de l’utilisation nous le faisons, il a été très positif jusqu’à présent« indique-t-il.

Le projet devrait être achevé l’année prochaine et nécessitera la création d’un processus de reconditionnement sérieux, qui est déjà à l’étude dans les bureaux.



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Vélos disposés selon la taille pour tous les enfants © RTBF

Un vélo depuis 10 ans

D’autres ont déjà compris ce principe de l’économie circulaire. Aux Ateliers de la Vootstraat à Woluwe-Saint-Lambert, le projet Un vélo depuis 10 ans permet aux enfants et à leurs parents de conclure un bail à long terme.

Pour 120 euros, ils peuvent changer de vélos dès que l’ancien devient trop petit. Ce jour-là, nous rencontrons Eva, 8 ans, qui vient pour la troisième fois aux Ateliers pour changer de vélo.

Ils sont tous d’occasion et révisés entre chaque location. C’est aussi l’occasion pour les enfants de mieux comprendre le fonctionnement de leur machine avec un professionnel.

« Nous élargissons les connaissances de l’enfant, précise Hubert Bliard, organisateur de vélos, le but n’est pas d’en faire un mécanicien. Mais nous voulons leur apprendre que ce n’est pas seulement un jeu, c’est surtout un moyen de transport, nous voulons leur faire prendre conscience« .

Le concept fonctionne grâce à des subventions, mais tous les utilisateurs sont convaincus de l’intérêt du projet. « Utile, dit Eva, vous n’avez pas à acheter et enregistrer ou revendre un à chaque fois, il est réutilisé. C’est écologique et économique« .



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1 500 outils dans la « bibliothèque » de Tournevie © RTBF

Une bibliothèque d’outils

Anderlecht suppose également que la location est plus attrayante que l’achat. Dans la rue Bara, nous découvrons le bâtiment Tournevie. Il s’agit d’une bibliothèque de 1 500 outils, dont 300 outils électriques. Les membres peuvent louer des tournevis, des ponceuses, des scies circulaires ou des échelles pour 40 euros par an.

« Nous voulons éviter de gaspiller du matériel et des outils en les partageant, explique Olivier Beys, co-fondateur de Tournevie. L’autre priorité est de toucher un public qui n’a pas les moyens de financer des instruments de qualité. Le partage le rend abordable! L’objectif est écologique et social, tout en restant économiquement viable, c’est un bon compromis« .

Un atelier très professionnel est également possible pour 10 € la demi-journée ou 90 € par mois. Tournevie emploie trois personnes à temps partiel, aidées par de nombreux bénévoles. Preuve qu’en plus de la consommation totale, un autre modèle est également possible.

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