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Masques obligatoires: les commerçants de Saint-Ouen ne veulent pas de « police »

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Empêcher à tout prix la reprise de l’épidémie: tel est l’objectif du décret adopté par le préfet de Seine-Saint-Denis lundi soir. Après avoir découvert un groupe de 27 personnes, dont 21 enfants, dans une école de Saint-Ouen, le préfet Georges-François Leclerc a décidé de rendre le masque obligatoire dans toutes les institutions fermées ouvertes au public de la ville. Un projet également évoqué dans son discours du 14 juillet par le président de la République d’Emmanuel Macron, à travers le pays, à partir du 1er août.

Mardi matin, la nouvelle a à peine atteint les oreilles des quelques commerçants ouverts en cette fête nationale. Partagé entre la peur d’une reconfiguration totale et le poids d’une telle mesure sanitaire.

« Si nous voulons faire respecter cette décision, c’est assez difficile pour les commerçants. D’autant plus qu’on ne sait pas qui paie l’amende si un client ne porte pas de masque dans les limites d’un magasin lors d’une inspection. Est-ce … ou le manager? Par exemple, demande le directeur de la boulangerie de Paul. Qui ne dit pas « prêt à faire la police » avec ignifuge.

Le boulanger souligne également les frais d’achat de dizaines de masques s’il décide de les mettre à disposition à l’entrée de son assiette: « Impossible de faire ça, pour 35 ou 40 euros pour une boîte de cinquante masques … Tout ça les gens s’aident eux-mêmes s’il vous plaît dans notre bouteille de gel hydroalcoolique gratuite! « 

Un sillage avec le sergent-major

Chez Sergent-Major, un magasin de prêt-à-porter pour enfants sur l’avenue Gabriel-Péri, la solution pour imposer le port du masque est toute trouvée: un sillage. «De nombreux clients se plaignent lorsqu’on leur demande de porter un masque, ce qui était obligatoire chez nous avant cette décision préfectorale. Désormais, nous avons la loi de notre côté », explique un responsable. Qui a envoyé un SMS aux clients inscrits dans le fichier pour les informer de cette nouvelle obligation.

À quelques mètres de là, le gérant d’un autre magasin de vêtements pour enfants tape son téléphone sur son téléphone. Et j’ai découvert l’appareil en direct: « Un ami vient de m’envoyer l’ordonnance du préfet. Je vais mettre une affiche avec l’obligation de porter le masque dans ma boutique », explique-t-il. Jusqu’à présent, cela a été quelque peu « au cas par cas », admet-il. « Quand il y avait beaucoup de clients dans le magasin, j’ai demandé s’ils voulaient porter le masque. Mais pour un seul client… non », poursuit-il.

« Je ne veux pas être reconfiguré »

Le fait est qu’il demande également à l’État de mettre le matériel à disposition. « Sinon, » a-t-il dit, « il peut être difficile à appliquer. Dans une ville comme Saint-Ouen, où se trouvent de nombreuses familles précaires, si vous mettez 30 euros dans une boîte de masques obligatoires, c’est 30 euros que vous ne dépenserez nulle part ailleurs! « 

Chez son voisin, l’opérateur Bouygues Télécom, où il était déjà obligatoire de se laver les mains avec du gel hydroalcoolique, nous espérons que «tous les commerçants joueront le jeu pour imposer le port du masque». « Parce que si les gens viennent sans masque, sans soucis, et qu’on leur dit aussi que c’est obligatoire … ils ne comprendront rien et ça ne rentre pas », explique le gérant du magasin.

Cette disposition n’interfère pas avec le client. Kassima, une trentaine d’années qui sort d’une boulangerie sans masque, résume: «Je ne l’ai pas portée depuis deux semaines. Non pas parce que je suis indiscipliné, mais parce que nous ne savons pas vraiment si c’est important ou non. Maintenant c’est obligatoire, donc ça répond à la question! Et je ne veux pas être reconfiguré, alors allez chez Monoprix pour l’acheter! « 

Norme de dépistage gratuite

De grandes questions, cependant, avec les restaurateurs. Car, en détail, l’arrêté du préfet rend obligatoire le port du masque « dans tout espace clos ouvert au public, qu’il s’agisse d’une activité administrative ou commerciale (tous commerces, mairie, services publics, parties communes des hôtels) « 

Un peu sommaire pour certains. «J’espère que cela ne nous concerne pas: nos clients qui viennent manger ne peuvent pas, par définition, porter un masque! Nous avons besoin d’un peu plus de détails », explique l’un des brasseurs de Montmartre. Assis pour une tasse de café, le gérant du bar PMU commence à parler dans la rue. « Je vais demander aux clients qui viennent sur une carte à gratter de porter un masque. Mais ceux qui viennent boire un café … Comment faire? « 

Interrogée ce jour férié mardi, la préfecture n’a pas pu répondre à nos demandes de précisions.

Karim Bouamrane, le nouveau maire (PS) de Saint-Ouen, indique également qu’il a commandé 60 000 masques, dont la procédure de commission doit être arrêtée mercredi. De plus, l’échevin rapporte qu’un stand de dépistage gratuit a été installé derrière la mairie. Il est ouvert aujourd’hui (Note de l’éditeur: ce mardi) et vendredi, entre midi et 19 heures. Les masques sont distribués gratuitement aux détaillants et aux résidents « en priorité pour les plus vulnérables », précise Karim Bouamrane.