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Baisse du prix d’achat de leur lait: les fermiers manchois souffrent

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« Nous avons chuté en moyenne sur l’année. » Emmanuel Besnier, président du conseil de surveillance de Lactalis, n ° 1 mondial du lait, l’a reconnu début juin, les prix payés aux producteurs sont plus bas cette année qu’en 2019. Selon le journal Le monde, les producteurs ont payé 330 € pour une tonne de lait en 2019, contre 315 € en mai et juin 2020.

Une pénurie importante pour les éleveurs

Patrick, qui veut garder l’anonymat, élève une centaine de vaches laitières au milieu de la Manche. Il vend à Lactalis et prétend depuis des mois que le fabricant achète son lait de moins en moins cher: « J’ai une pénurie de 20 euros pour 1000 litres, donc 2 cents le litre. Je perds 20 000 euros sur l’année, c’est limité si je peux me payer un salaire « , assure le fermier, qui a dû renoncer aux investissements prévus, notamment pour rénover son matériel.

Cependant, les producteurs laitiers espéraient augmenter leur prix de vente aux industriels cette année, mais Yves Sauvaget, porte-parole de la Fédération des agriculteurs de la Manche, explique que le virus corona a mis fin à la négociation: « Du lundi avant l’incarcération, les téléphones sont passés de partout, la grande distribution a appelé l’industrie pour dire « C’est fait, nous n’acceptons aucune augmentation, nous renouvelons les mêmes prix qu’en 2019 ». Et ce tout « Les agriculteurs auraient dû gagner 20 euros de plus pour 1000 litres cette année, pour finir avec 20 euros de moins par rapport à 2019 », Assure Yves Sauvaget.

Les travailleurs laitiers veulent mieux négocier

Depuis la promulgation de la loi EGalim fin 2018, les fabricants doivent prendre en compte les coûts de production des éleveurs, notamment pour déterminer le prix du lait, mais Christine Lairy, présidente de l’organisation des producteurs de lait de l’Ouest de la France pour Lactalis, regrette que ‘Bij « les agriculteurs ne sont pas protégés lors de la première crise. La loi dit que le prix quitte le producteur, puis c’est la négociation. Il n’y en a pas aujourd’hui. La crise sanitaire a peut-être été un alibi pour briser la dynamique initiée avec EGalim« , veut croire le président de l’OPLGO.

Selon Christine Lairy, plusieurs organisations ont saisi le médiateur des relations commerciales agricoles en avril pour faire appliquer la loi en question. Contacté, Lactalis répond qu’il n’est pas dans l’intention de réduire le prix payé aux éleveurs et qu’il a été convenu avec les organisations de producteurs.