Accueil » News » L’impossible comparaison pour la rentrée

L’impossible comparaison pour la rentrée

  • par

Lorsque trop d’élèves du secondaire obtiennent leur diplôme, nous ne savons pas quoi en faire. Voici la leçon de la session 2020 du diplôme. Près de 96% des 745 900 candidats au Baccalauréat 2020 ont été reçus à l’issue de la première session de pratique, soit 7,6 points de plus qu’en 2019. Retrouvez 20 000 à 40 000 étudiants de plus que prévu sur Parcoursup, le logiciel d’inscription pour les filières supérieures Éducation. Pour la Conférence des présidents d’université (CPU), cette « afflux «  est un vrai « défi ». « Nous sommes obligés d’envisager deux scénarios en fonction du contexte épidémique. Si le risque est faible, nous pourrons utiliser 50% de la capacité de nos amphithéâtres, s’il est élevé il ne sera que de 25% « , explique Mathias Bernard, président de l’Université de Clermont-Auvergne, qui explique la situation « Explosif » en mentionnant environ 2 500 étudiants supplémentaires à loger en raison des bons taux de réussite au baccalauréat.

La pression démographique est moins prononcée dans le Grand Est, mais la région fortement influencée par Covid-19, Pierre Mutzenhardt, président de l’Université de Lorraine, a refusé de revenir en face à face dans son intégralité. « En général, les étudiants seront à l’université 60% à 70% du temps. Nous donnerons la priorité à l’accueil des nouveaux arrivants et aux travaux pratiques », il explique. L’utilisation massive de l’enseignement à distance a mis en colère le syndicat Snesup-FSU, rappelant « Le mode normal dans la formation initiale est l’éducation en face à face », et que cela « Ne peut pas être transformé en une obligation pour les enseignants ». Les universités sont confrontées à Mathias Bernard « Un ordre contradictoire » ce qui signifie que davantage d’étudiants doivent être hébergés alors que la capacité d’hébergement est réduite … «Nous arrivons rapidement à un problème de ressources humaines. Vous devez trouver des personnes pour diriger les sessions TD fractionnées », il détaille.

Les universités françaises sont notoirement sous-financées depuis plus d’une décennie. Et si la crise sanitaire a permis de faire des économies sur les frais de chauffage ou de voyage, elle a aussi engendré des coûts: prolongation des contrats doctoraux, achat de masques pour le personnel et les étudiants, achat de matériel vidéo pour l’enregistrement des cours, etc. La communauté se tourne vers le ministère pour une extension budgétaire pour la rentrée scolaire. Aujourd’hui, le gouvernement accorde 1 600 euros de plus aux universités pour chaque étudiant supplémentaire, tandis que le coût total d’une année d’enseignement se situe entre 10 000 et 12 000 EUR.

Les 3 000 places supplémentaires au BTS et les 1 000 nouveaux apprentissages ouverts à Parcoursup ont du mal à convaincre de leur capacité à absorber le flux de nouveaux étudiants entrants. Selon la communauté universitaire, des centaines de milliers d’euros sont nécessaires pour respecter le début de l’année académique 2020.

Lire complètement Libé.fr


Olivier Monod