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L’ouverture coordonnée des frontières dans l’UE a changé dans la confusion

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par Philip Blenkinsop

BRUXELLES (Reuters) – Les États membres de l’Union européenne et leurs voisins transfrontaliers devaient assouplir les restrictions frontalières à l’unisson d’ici la mi-juin et permettre aux touristes de l’extérieur de l’UE de voyager dans le mois de blocage.

Malheureusement, l’ouverture coordonnée des frontières s’est transformée en une mosaïque de règles très différentes les unes des autres avec des initiatives isolées de certains pays effectuant de nouveaux contrôles.

Le problème est difficile à résoudre car la situation est sans précédent et changeante, a fait valoir un responsable diplomatique de l’UE. « C’est apprendre en faisant », a-t-il dit.

Les États membres de l’UE se sont mis d’accord sur une liste de 14 pays considérés comme « sûrs », dont le Canada, le Japon et la Serbie. Les voyageurs des pays de cette liste sont autorisés à entrer dans l’UE.

La liste doit être mise à jour toutes les deux semaines pour tenir compte de l’évolution de la situation sanitaire.

Cependant, si certains États comme les Pays-Bas ont effectivement ouvert leurs frontières aux 14 pays « sûrs », d’autres comme l’Italie et la Belgique ont décidé de n’accepter aucun État de ces pays. Les Pays-Bas ont par la suite conclu que la Serbie-et-Monténégro n’était plus « sûre ».

Selon un diplomate européen, la liste des pays dont les ressortissants sont autorisés à entrer dans l’UE est probablement plus courte.

À UNE RÉCUPÉRATION DE CHÈQUES?

La volonté d’ouvrir les frontières s’est heurtée à la résurgence de nouveaux cas de coronavirus dans certains pays, notamment très touristiques, comme l’Espagne et le Portugal.

L’Autriche a émis des avertissements aux voyageurs souhaitant se rendre en Bulgarie, en Roumanie et en Moldavie. La Hongrie, pour sa part, a annoncé jeudi une révision des règles relatives aux voyages dans les pays voisins, l’Autriche, la Serbie, la Croatie, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie.

La Grèce a également resserré les règles applicables aux touristes bulgares.

Dans le même temps, la Norvège, qui n’est pas membre de l’UE, a annoncé vendredi qu’elle lèverait les restrictions sur les voyages à destination et en provenance de 20 pays européens, dont la France, à partir du 15 juillet. L’Allemagne et le Royaume-Uni, et trois des 21 comtés suédois.

Quelques semaines seulement après la levée des restrictions de voyage, ces différentes règles frontalières et leur contournement éventuel par des voyageurs débarquant dans un pays puis se rendant dans un autre peuvent conduire à la réinitialisation des contrôles aux frontières, prévient Marie de Somer, spécialiste des questions de migration et la mobilité au Centre pour la politique européenne.

« La question serait alors de savoir quand (ces contrôles) seront levés. Schengen est l’une des réalisations les plus importantes de l’UE et l’une des plus populaires. Elle dénaturerait également la capacité des pays de l’UE à coopérer. travailler « , note-t-elle.

L’espace Schengen, qui permet la libre circulation des personnes et des biens, comprend 26 États, dont 22 États membres de l’UE, les quatre autres étant la Norvège, l’Islande, la Suisse et le Liechtenstein.

Cette confusion des contrôles aux frontières rappelle le début de la crise sanitaire en Europe et les conflits qui en résultent entre les États européens sur la fourniture de matériel médical.

« Il est certainement possible d’améliorer la situation », a déclaré Jacques Pelkmans, expert du marché intérieur du think tank CEPS. « Nous aurions pu avoir moins de dégâts et d’irritation entre les États membres de l’UE. Les fournitures médicales étaient moches. »

(avec John Chalmers à Bruxelles, Anita Komuves à Budapest, Angelo Amante à Rome et Lefteris Papadimans et Angeliki Koutantou à Athènes; Blandine Hénault pour la version française, édité par Henri-Pierre André)