TikTok suspend l’application, les géants américains s’opposent

L’extension des pouvoirs de censure d’Internet à Hong Kong en vertu de la nouvelle loi de Pékin a suscité l’indignation des géants américains des médias sociaux, tandis que la plateforme chinoise TikTok a été suspendue dans l’ancienne colonie.

L’annonce la plus retentissante est venue mardi matin de ce dernier, propriété du groupe chinois ByteDance.

“À la lumière des événements récents, nous avons décidé de suspendre l’application TikTok à Hong Kong”, a déclaré un porte-parole de l’AFP.

TikTok, qui compte près d’un milliard d’utilisateurs dans le monde, va progressivement réduire ses opérations à Hong Kong dans les prochains jours.

Quelques heures plus tôt, Facebook, Google et Twitter avaient annoncé qu’ils ne répondraient plus aux demandes d’informations sur leurs utilisateurs du gouvernement et des autorités de Hong Kong.

Microsoft et l’application de vidéoconférence Zoom ont été ajoutés à la liste mardi.

Dans le même temps, le gouvernement de Hong Kong a publié un document de 116 pages, qui habilite la police en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale à accorder plus de pouvoirs, y compris la surveillance.

La loi, imposée par le régime chinois il y a une semaine, vise à supprimer la sape, la sécession, le terrorisme et la collusion avec des troupes étrangères.

Le contenu est resté secret jusqu’à sa publication.

Alors que le gouvernement de Pékin a assuré qu’il n’affecterait qu’une minorité de personnes, les dernières dispositions indiquent un changement radical pour Hong Kong en termes de libertés et de droits.

Mesures orwelliennes

Après avoir retiré les livres écrits par les défenseurs de la démocratie des bibliothèques et des écoles, le document publié lundi révèle que le gouvernement prévoit également de maintenir l’ordre en ligne.

La police pourra suivre et supprimer des informations sur Internet s’il existe des “motifs raisonnables” de croire qu’elles violent les lois sur la sécurité nationale.

Les entreprises du secteur et les prestataires de services peuvent être contraints de retirer toutes les informations et leurs documents peuvent être saisis.

S’ils refusent de se conformer, ils s’exposeront à des amendes et à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an.

Les entreprises sont également tenues de fournir des enregistrements d’identification et d’aider au déchiffrement des données.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré lundi sur Fox News que les États-Unis prévoyaient d’interdire les applications chinoises.

Quelques heures plus tôt, il avait qualifié les mesures de cette loi qui, depuis son entrée en vigueur, de censure des militants pro-démocrates, des écoles et des bibliothèques, de “orwelliennes”.

L’accord de rachat de 1997 de l’ancienne colonie britannique vers la Chine a garanti les libertés et l’autonomie inconnues de Hong Kong en Chine continentale pendant cinquante ans.

Au fil des ans, une partie de la population s’est inquiétée d’une érosion croissante de leurs libertés et du pouvoir croissant de la Chine.

Un mouvement pro-démocratie qui s’est développé jusqu’à l’année dernière a déclenché une crise politique, avec sept mois de protestations monstrueuses, parfois violentes.

La Chine n’a jamais caché le désir de mettre fin au mouvement par la loi.

“Le gouvernement de Hong Kong appliquera vigoureusement la loi”, a déclaré mardi le PDG de Pékin, Carrie Lam.

Elle a mis en garde les militants “radicaux” contre “le franchissement de la ligne rouge” et a déclaré que “les conséquences de la violation de cette loi sont très graves”.

Gêne technique

Mais plusieurs géants américains des médias sociaux refusent d’obéir aux futurs ordres des autorités.

Facebook et ses messages WhatsApp, ainsi que Twitter et Google, ont déclaré à l’AFP qu’ils ne répondraient pas aux demandes du gouvernement de Hong Kong dans un avenir proche.

“Nous pensons que la liberté d’expression est un droit humain fondamental et soutenons le droit des personnes à s’exprimer sans craindre pour leur sécurité et sans craindre d’autres conséquences”, a déclaré un porte-parole de Facebook.

Twitter a déclaré à l’AFP qu’il était “profondément préoccupé” par la loi.

Et quelques heures plus tard, TikTok a annoncé dans quelques jours l’arrêt complet de son application dans le domaine semi-autonome.

De nombreux Hongkongais se méfiaient de cette plate-forme détenue par des propriétaires chinois. ByteDance a toujours refusé de partager les données des utilisateurs avec les autorités chinoises et a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de les démarrer.

Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, de nombreux Hongkongais sont pressés d’effacer les traces informatiques de leur engagement en faveur de la démocratie.