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Les 1000 salariés de l’entreprise LDLC travaillent à Lyon 4 jours sur 7

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Lorsque Laurent de la Clergerie, fondateur de LDLC, leader français de la vente en ligne de matériel informatique et informatique, a annoncé fin juin sa décision à ses collaborateurs, il a été confronté à d’innombrables yeux tout en s’amusant. Aller à 32 heures par semaine, 35 payées en 2021, avec une augmentation de salaire supplémentaire? Difficile à imaginer en cette période de crise de Covid-19, où l’on a tendance à envisager de travailler plus et de payer un salaire moins élevé.

A Limonest (Rhône), au siège de l’entreprise qui ressemble à un campus californien sur Google, le patron lyonnais signature (1000 salariés, 493,4 millions de dollars de ventes en 2019-2020 et un objectif de 600 millions de dollars pour 2020 -2021) explique que sa décision a été mûrement réfléchie. «Je travaille sur le bien-être au travail depuis deux ans, et il y a un an, je suis tombé sur une expérience menée par Microsoft au Japon qui a montré qu’en travaillant un jour de moins par semaine, les employés peuvent améliorer leur efficacité de 39%. « 

Par exemple, Laurent de la Clergerie a commencé à penser à adapter ce principe à la maison: «Un employé qui se sent bien fonctionne mieux, un employé qui sourit peut mieux charmer les clients», souligne-t-il. il. Sans parler de l’image que l’entreprise gagne. « 

Un surcoût de 1 million d’euros par an pour l’entreprise

Voilà pour le principe. Mais ce n’est pas si simple. Les 32 heures se traduisent par une semaine de quatre jours pour les employés. « Si 80% d’entre eux veulent prendre leur vendredi, ce ne sera pas possible, nous ne pourrons pas fermer l’entreprise », a-t-il déclaré. Vendredi aura donc lieu à son tour. Il faut donc établir des plannings avancés, encadrer cette réorganisation au niveau juridique, mais aussi employer entre 20 et 30 personnes, principalement pour les services logistiques. Au final, cela signifie un surcoût de 1 million d’euros par an. «Il n’y a pas grand-chose sur notre masse salariale de 40 millions», met le patron en perspective, confiant que cet investissement sera bientôt compensé par une augmentation de la productivité.

Les employés, pour leur part, avouent être surpris, mais ils connaissent le caractère facilement dérangeant de leur patron. « Quand j’ai entendu cela, je pensais que j’étais au bureau de la CGT », a expliqué le représentant de la confédération. « C’est une bonne surprise, d’autant plus que cela va vraiment à l’encontre de la tendance actuelle », a déclaré Amaury Laithier, informaticien et représentant du personnel de la CFDT. Et ce n’est pas le genre de demande que nous aurions osé faire dans le cadre du NAO (Note de l’éditeur: négociation annuelle obligatoire des salaires). « 

Employés surpris, managers concernés

Pour Winston Priam, 16 ans et responsable du support technique de l’entreprise, la bonne idée du patron est la sueur froide. Comment réorganiser le travail de mes équipes? il se demande. Et comment puis-je travailler personnellement en tant que manager seulement quatre jours par semaine? J’ai toujours fait plus de 35 heures par semaine. »« Il va falloir apprendre à déléguer! Laurent de la Clergerie sourit. En attendant de trouver la solution de réorganisation pour son équipe de 23 personnes, Priam rêve déjà de prendre davantage soin de ses enfants et de reprendre le sport.

Mais s’il y a quelqu’un qui ne prévoit pas de passer 32 heures par semaine, c’est Laurent de la Clergerie lui-même. Un peu gêné par la question, il confie qu’il prévoit de passer 32 heures chez LDLC … et de passer le reste du temps à lancer une nouvelle entreprise à vocation écologique.

Depuis l’annonce du passage à 32 heures avec une augmentation de salaire, il a en tout cas été inondé de messages d’encouragement, mais aussi de candidatures spontanées. Un enthousiasme qui n’est pas forcément partagé par les autres dirigeants d’entreprise qui craignent d’être confrontés au même type de question ou de réponse des investisseurs. « Mais quel est ce boss gaucho? » L’un d’eux dit sur un forum. « C’est juste du bien-être », estime le leader lyonnais qui espère être suivi.