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De la révolution au déni idéologique des dirigeants actuels

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Publié dans Politique

Visite de G. Pompidou à Niamey en janvier 1972: de la révolution au déni idéologique des dirigeants d'aujourd'huiBeaucoup de responsables de l’Etat aujourd’hui, éclaboussés de scandales de toutes sortes, faisaient partie des dirigeants des manifestations d’écoliers nigérians à l’occasion de la visite du président français, Georges Pompidou, «l’impérialiste», à Niamey en 1972. Dans les différentes requêtes que Le Courrier vous a présentées aujourd’hui, le régime Diori et la France, «colporteurs coopératifs», étaient voués aux pierres précieuses, qui étaient traitées sous tous les noms. Et le pacte colonial, ce «  pacte du diable  », au service des souverains de l’époque, dont Diori lui-même et Boubou, ironiquement traité comme l’océan du savoir, la France «  source de tous nos maux et malheurs  », l le soutien du gouvernement, la coopération et l’investissement privé français et français a été fortement dénoncé dans cette littérature écrite par ceux qui ont salué Pompidou avec une tomate. Aujourd’hui, alors que la roue de l’histoire ne s’arrête pas et qu’elle devient inexorable, ces lanceurs d’alerte revendiquent les héritiers du régime Diori-Boubou et prétendent offrir les meilleures garanties pour les intérêts de la même France qui participe au sang. Le climat des affaires au Niger n’a jamais été propice aux investisseurs privés externes. Mais en 1972, ils affirmaient: « Nous développons des capitaux privés dont les bénéfices reviennent intacts à leur pays d’origine … L’industrialisation des façades, l’industrialisation par l’aide privée est d’autant plus dommageable qu’elle fait appel à toutes sortes de pressions pour favoriser toute initiative locale. et est donc justifié.  » Que pouvons-nous dire aujourd’hui des investissements réalisés par des particuliers français, chinois, turcs et indiens, dont Imouraren, la boucle ferroviaire devenue beaucoup de ferraille, SORAZ, CNPCN, l’aéroport international Diori Hamani, Radisson Blu et le Gandhi Center? Publient-ils des initiatives locales? Les lanceurs d’alerte d’hier sont aujourd’hui les promoteurs diligents des investisseurs étrangers au détriment des investissements publics et privés sur invitation du Niger. Il est clair que les intérêts du Niger n’ont jamais été compromis comme ils l’étaient à la Renaissance. Le déni est total et les révolutionnaires d’hier, transformés en compagnons bourgeois, sont devenus les pires réactionnaires de l’histoire du Niger. Vous trouverez ci-dessous les motions qui ont été entièrement introduites par le courrier pour une meilleure lisibilité à la demande des lecteurs.

Motion de l’École nationale supérieure: ARRÊTEZ LE SCANDALE!

« Douze ans de labeur, de cruauté, d’attente. Douze ans de promesses, douze ans de démission et l’espoir désormais tiré des masses ouvrières du Niger est plus que jamais loin des vœux infâmes des colporteurs de «Faut-il sacrifier tant d’années de dur labeur et de douleur au profit d’une poignée des poupées qui ne servent qu’à affiner les tours proposés par le colonisateur? La visite du président Pompidou au Niger ne fait que consolider ce «pacte du diable». Conscient des réalités qui camouflent le vernis de luxe et de splendeur, condamnent: le caractère insidieux et inhumain de l’isolement de toutes les personnes handicapées à Niamey jusqu’au départ du «roi invité»; l’interdiction de circulation des petits cylindres à partir du 22, la vaste campagne de mobilisation et d’intoxication des masses par la presse, la radio et les rassemblements publics, dont le ridicule sourire forcé; l’ampleur outragée de la quasi-annulation de la Journée nationale de proclamation de la République en vue de la visite de la grande « ceinture blanche »; utiliser des sommes fantastiques pour construire des visites somptueuses pour présenter les visiteurs étrangers à la réincarnation de Paris; la complaisance de nos dirigeants car ils veulent continuer un système éducatif qui n’est pas adapté à la réalité de notre pays.

Mais que ce soit le colon ou l’ouvrier assistant, l’ouvrier nigérian d’Arlit a déjà compris que sous différents manteaux se cachent les mêmes visages et la même arrogance; le récent soulèvement de ces compatriotes est la preuve irréfutable que le germe de l’apartheid au Niger mûrit lentement. Quel était le tort du camarade Moutary (exprimant haut et fort son indignation face à la visite du président français? Nous demandons sa libération immédiate. C’est dans cet esprit et à la lumière de cette triste réalité que nous, élèves du lycée national, sommes A annoncé une grève de protestation les 21 et 26 janvier. « 

MOUVEMENT DES ÉTUDIANTS DU COLLÈGE MARIAMA

« Nous voulons d’abord dire clairement que nous n’allons pas faire grève contre les cadres ou le personnel enseignant. Notre grève est au niveau du gouvernement, pour protester contre l’arrivée de cet impérialiste très entreprenant mais maladroit qui est » le grand Pompidou « . Nous exigeons un peu d’honnêteté envers ceux sans éducation et sans éducation de notre part. En effet, l’heure de la démystification a sonné. aux agriculteurs le vrai visage de la France, faites-leur savoir que non seulement la France nous a aidés à « sortir la nuit » comme disent les gouvernements, mais aussi et surtout, elle est la source de notre mal et de notre misère. C’est elle qui divise l’OA pour mieux gouverner. C’est elle qui continue à dégouliner le sang de notre peuple, goutte à goutte. Pourquoi créer le culte du blanc partout? Nous ne voulons pas qu’un Niger soit exploité et où ses dirigeants agissent comme des serviteurs de l’impérialisme, mais d’un Niger indépendant dans toute sa dignité. Le gouvernement retarde délibérément la colonisation de notre pays avec ce criminel assidu, M. Tranchart. Pas d’élites, pas de problèmes. Notre grand politicien et son directeur et directeur de conscience, «l’océan du savoir», BOUBOU HAMA, réalisent-ils ce qu’ils font à la nation? On sait très bien que Pompidou et sa bibiche viennent chercher les derniers grains d’uranium. Notre richesse ne vole pas; c’est nous-mêmes qui les étendons à bon marché à n’importe quel pays. Le gouvernement français a bien choisi ses agents afin qu’ils s’acquittent efficacement de la tâche qui leur est confiée; c’est endormir la conscience de la masse analphabète et la faire tenir nos biens. Bien que le Niger soit un pays pauvre, notre budget est consacré à la construction de nouvelles routes, sans doute que le «grand Pompidou» ne peut tolérer la poussière. Et sans réfléchir, nous avons doublé la taxe.

Dans cette optique, nous, étudiants du Collège Mariama, déclarons une grève de protestation du samedi 22 au mercredi 26 janvier 1972. « 

VIVEZ LES NIGÉRIENS, VIVEZ LES ÉCOLES NIGRIENNES.

Motion de la CE Sup Niamey refus de coopérer

Accordant l’indépendance à l’ancienne colonie, il fallait prendre d’autres voies, plus lourdes, plus subtiles aux formes d’exploitation, piller notre richesse nationale. Le colon, expression d’une domination directe, est revenu. Le temps de remettre son manteau il arrive sous le statut de «coopérer». Sur les 150 000 secouristes officiels qui travaillent dans le tiers monde, 46 000 sont français. Chez nous ils sont 500. Le 24 janvier, une marque arrive, le président de la République française G. Pompidou. Dévouement à une coopération exemplaire, s’inquiète néanmoins d’une tendance quelque peu timide à élargir le cercle des amis (Canada, RFA, États-Unis, Italie, Japon), d’honneur et de sécurité pour un régime des plus fidèles, des plus stables et des plus fragiles. Mais donner au partenariat un nouveau départ est le sens le plus profond de cette visite. Nous voulons donner à l’accueil de Pompidou toute la splendeur qu’il mérite: mobilisation générale des services pour donner à Niamey un visage plus attractif, dont le budget municipal est passé de 208 millions à 1 237 998 161 francs, étrange coïncidence! Mobiliser une multitude de cavaliers et de cavaliers, certains des coins les plus reculés pour servir au couple pompidolien leur plat de folklore, une campagne prématurée d’intoxication des masses à travers l’étendue de la République. Un accueil à la Présidence de la République, un à l’Ambassade de France, une conférence de presse, une séance à l’Assemblée nationale, si souvent G. Pompidou pour peindre avec joie et paternalisme, l’image et les perspectives d’une collaboration illusoire encore plus exemplaire c’est ce que l’on pourrait suggérer: une augmentation des aides d’État, une augmentation des aides privées, une amélioration des conditions commerciales. Illusions, venons-en à la réalité que onze années d’expérience nue ont permis de connaître. Les instruments officiels de cette coopération sont: la coopération technique et technique, l’assistance financière. Coopération culturelle et technique:

Comme son nom l’indique, l’assistant technique assiste, mais surtout s’entraîne, à préparer son suivi. Malgré la formation progressive délibérément retardée des cadres nigérians, nous assistons à une importation massive d’assistants techniques. Ils occupent une place particulière dans les services: avec une compétence égale, sinon inférieure, à celle du manager natif, l’assistant technique assume plus de responsabilités que le manager nigérien, qui est généralement en charge de tâches bureaucratiques qui aucun n’est une formation technique. Jusqu’à quand ces dirigeants accepteront-ils d’accepter un tel sort? Une question posée par certains travailleurs humanitaires: l’assistant technique est-il un fonctionnaire du gouvernement ou non? Si l’assistant technique contrôle et guide notre économie dans le sens des intérêts de l’impérialisme français, l’assistant culturel veut chiquoter le peuple nigérian, tuer nos langues nationales et tuer notre civilisation.

Aider :

Les aides d’État consistent principalement en dons et prêts qui, s’ils ne sont pas empochés par leurs propres agents, retournent en France sous forme d’achats de biens d’équipement, de services et de produits finis, exclusivement français: c’est le mécanisme des aides liées. Le Français moyen ne sait rien de la coopération. Cela nourrit un sentiment de frustration. Grise de premier plan qui n’avait clairement aucun sens commercial tout en stimulant l’économie, Raymond Cartier est devenu le porte-parole. « Des milliards dans l’air », dit fondamentalement le Cartierisme. Le grand capitaliste français n’a ménagé aucun effort pour le faire taire, et nous continuons à déclarer qu’il s’agit d’une aide non intéressée. Nouveau à ce jour, l’aide privée consiste en des investissements industriels et commerciaux. Il est demandé de reprendre le soutien du public, comme le montrent ces propos tenus par G. Pompidou le 22 janvier 1971 lors d’un déjeuner à l’intention des hommes d’affaires, chefs d’entreprise et banquiers. : « Les investissements publics en Afrique ont développé des infrastructures suffisantes. Il s’agit désormais d’investissements locaux. L’Etat va vous aider et vous donner sa garantie. » Ce capital est placé dans des sociétés, sociétés dont tout le monde n’a pas le titre de «Société nigériane de !!!» alors qu’ils ne disposent que de matières premières et de main-d’œuvre nigérianes. Prenons un exemple, entre autres: la Air Mines Company. Les prises de participation sont réparties comme suit: CEA: 33,5%; Fechiney MOkta: 18,84%; Niger: 16,75%; ACIP nucléaire: 8,25%; Société française de minéraux d’uranium: 14,86%; Urangessellshaft: 8,125%. La France assure ainsi le contrôle de l’entreprise à travers sa participation écrasante. Le programme de travail pour cet uranium, qui porte l’espoir de tous les habitants du Niger, est donc mis en œuvre selon les besoins de la France et exclusivement de la France. Elle ne fait donc pas partie du développement accéléré du Niger. Toute notre politique (si nous en avons une ci-dessous) d’exploiter les ressources du sous-sol dépend des besoins en minéraux de l’économie française. Si cela n’était dû qu’à nos besoins économiques les plus urgents, combien d’autres gisements, en particulier de fer, auraient émergé. Le cas d’Arlit est loin d’être spécial: c’est un problème général. Quel impact réel notre «industrialisation externe» garantie par des capitaux privés a-t-elle sur notre économie, sur notre niveau de vie? Y a-t-il accumulation là où il y a industrialisation, où la richesse est exploitée? Un début économique en vue? Ce n’est certainement un secret pour personne que le capital privé a tendance à retourner au Niger au détriment des demandes, des garanties des pays d’accueil: stabilité politique, rentabilité exceptionnelle, amortissement accéléré et surtout rapatriement des profits et gains avec presque une exonération fiscale. Nous utilisons des capitaux privés, dont les bénéfices reviennent intacts dans leur pays d’origine, la France. Parler de pillage, de fonctions, définir une réalité qui éblouit les yeux, n’est nullement une figure de style. L’industrialisation des façades, l’industrialisation par l’aide privée est d’autant plus dommageable qu’elle fait appel à toutes sortes de pressions pour supprimer toute initiative locale et se justifie donc. Pillage, blocus, création d’une structure de dépendance de notre économie, tels sont les bénéfices de cette aide à l’investissement privé. On ne pourrait pas le dire plus explicitement que le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Yvon Bourges: « Les études les plus sérieuses estiment que 80% des sommes allouées par la France avec l’aide des pays en développement reviennent au pays donateur sous forme de salaires, de commandes passées dans les entreprises, réinvestissement de l’épargne personnelle et des bénéfices des entreprises. « Bien que pleinement rapatriés, les profits et les gains des sociétés dites nigérianes sont impudemment comptabilisés dans l’évaluation de notre PIB qui augmente d’année en année, tandis que le pouvoir d’achat des populations, leur niveau de vie, expression du PIB réel, diminue. Le pays est coincé dans la crise économique d’année en année. Aux termes de cette étude qui, nous l’espérons, a mis en évidence les implications d’une collaboration trop méconnue, vous posez la question: qui aide, qui de France et du Niger y répondent. Coopération normale ou anormale, évaluation positive ou négative, il n’y a pas de temps pour la spéculation. Il est important de savoir comment le Niger peut mettre fin à cette maudite «coopération», expression que nous n’avons jamais répétée, d’une politique de calcul économique et de prestige. Une seule voie est essentielle: gagner notre indépendance au prix de sacrifices ou, si nécessaire, comme le VALIDE ALGERIAN PEOPLE, au prix de nos vies.

En signe de protestation contre le séjour du couple pompidolien dans notre pays, nous déclarons les écoles nigérianes en grève du vendredi 21 (matin) au mercredi 26 janvier au soir.

Fait à Niamey, le 20 janvier 1972

06 juillet 2020
La source: Le courrier

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