Accueil » News » La Chine accuse Ottawa d’ingérence

La Chine accuse Ottawa d’ingérence

  • par

(Toronto) La Chine a accusé le Canada d’ingérence samedi après qu’Ottawa a annoncé la suspension de son traité d’extradition avec Hong Kong, en réponse à la promulgation par le gouvernement central chinois d’une loi sur la sécurité nationale.


Agence France-Presse

Dans un communiqué publié sur le site Web de l’ambassade de Chine à Ottawa, un porte-parole de la représentation chinoise a dénoncé les « commentaires injustifiés » du Canada concernant la nouvelle législation « affectant les affaires intérieures de la Chine ».

« Certains pays occidentaux, dont le Canada, s’immiscent dans les affaires de Hong Kong sous le couvert des droits de l’homme, qui violent gravement le droit international et les normes fondamentales des relations internationales », a déclaré le porte-parole.

Le texte « renforcera le cadre juridique de Hong Kong » et profitera à « ses » citoyens et investisseurs internationaux, at-il fait valoir.

Le Premier ministre Justin Trudeau a déclaré vendredi qu’il était « préoccupé » par la situation dans l’ancienne colonie britannique, affirmant que le Canada croyait « fermement » au principe « un pays, deux systèmes » selon lequel Hong Kong devrait garantir des libertés inconnues ailleurs en Chine jusqu’à 2047.

Le régime communiste a imposé un texte controversé à Hong Kong cette semaine car, selon ses détracteurs, il est contraire à ce principe en vigueur depuis le transfert du territoire en 1997.

Le Canada a également annoncé vendredi qu’il suspendrait les exportations d’équipements militaires « sensibles » vers Hong Kong.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a déclaré que la nouvelle législation a été « adoptée par un processus secret » et « viole les obligations internationales ».

Les relations entre le Canada et la Chine connaissent une crise sans précédent en raison du processus d’extradition américain vers le Canada contre un leader du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou.

Peu de temps après son arrestation, deux Canadiens – l’ancien diplomate Michael Kovrig et conseiller Michael Spavor – ont été arrêtés en Chine et accusés d’espionnage.

PHOTO JASON REDMOND, ARCHIVE FRANCE-AGENCE DE PRESSE

Michael Spavor et Michael Kovrig ont été accusés d’espionnage par la Chine.

Samedi dernier, le porte-parole de la représentation chinoise a critiqué les dirigeants canadiens pour des déclarations « irresponsables » concernant les deux Canadiens.

La procédure est largement perçue en Occident comme une riposte à l’arrestation de M..moi Meng, que la Chine nie formellement.