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Air France va baisser le nombre de syndicats « combatifs »

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Vendredi, les syndicats ont réagi avec un esprit combatif et ont fait face à l’annonce officielle de la suppression de 7 580 postes au sein du groupe Air France, choqués par la crise de Covid-19, et ont décidé de supprimer leurs effectifs, notamment dans le distance courte.

Au terme de deux rencontres avec les représentants des salariés, à Montreuil et à Nantes, la direction a indiqué dans un communiqué qu’elle souhaitait supprimer 6 560 emplois sur 41 000 équivalents temps plein (ETP) au sein d’Air France et 1 020 postes ETP sur 2 420 chez Hop!, Confirmation des informations obtenues mardi auprès de sources syndicales par l’AFP.

« Pendant trois mois, les opérations et le chiffre d’affaires d’Air France ont baissé de 95% et au plus fort de la crise, la compagnie a perdu 15 millions d’euros par jour », souligne le groupe, s’attendant à une reprise « très lente ».

Il explique qu’il souhaite «une transformation (qui) repose principalement sur un changement de modèle de son activité domestique, une réorganisation de ses fonctions supports et une volonté de réduire ses coûts externes et internes».

Cette perte d’emploi représente 16% des effectifs d’Air France et 40% de Hop!

La direction s’appuie sur des départs naturels non remplacés (plus de 3 500 chez Air France, 200 chez Hop!) Pour réduire le surpeuplement identifié et «les mécanismes de départ qui favorisent l’action volontaire, la planification de fin de carrière et la mobilité professionnelle et géographique ».

Mais selon les syndicats, la courte distance, drastiquement réduite, pourrait faire l’objet d’un départ forcé, une première chez Air France, faute de départ volontaire suffisant ou d’acceptation de la mobilité géographique. Saut! est logé dans le même bateau.

Fortement choqué par la crise de Covid-19, comme l’ensemble du secteur, le groupe Air France s’est engagé dans un «plan de reconstruction» qui prévoit une réduction de 40% de son réseau français (déficitaire) d’ici fin 2021, notamment la fermeture des lignes avec un train alternatif en moins de 2 heures 30, ainsi que le transfert de certaines lignes domestiques vers sa filiale low cost Transavia, jusqu’ici limitée aux moyennes distances.

« La crise est brutale et ces mesures sont d’une ampleur sans précédent », a reconnu la directrice générale Anne Rigail dans un message aux salariés que l’AFP a obtenu. Ils intègrent également «la baisse des salaires, avec un gel des augmentations générales et individuelles (hors ancienneté et promotions) pour tous en 2021 et 2022», dont le Comité Exécutif d’Air France.

– « Effet d’aubaine » –

« Il s’agit de sécuriser l’emploi de milliers de travailleurs … C’est dans cet état d’esprit que nous entamerons des négociations avec un engagement ferme pour éviter les licenciements à sec », a expliqué l’AFP Farid Slimani, d’Air Unsa. .

« Ce sont toujours les travailleurs qui paieront le plus lourd tribut », a pour sa part déclaré Christophe Malloggi, secrétaire général de FO Air France, le premier syndicat de l’entreprise.

Air France-KLM a reçu un soutien financier de 7 milliards d’euros au printemps pour faire face aux turbulences entourant le Covid-19.

« Certaines conditions de cette aide ne nous semblent pas suffisantes, comme la protection de l’emploi, et d’autres trop restrictives, comme l’interdiction des vols si le TGV relie deux villes en 2,5 heures », précise Malloggi.

« Nous avons deux effets, l’effet de la crise (…) et puis bien sûr avec Air France comme ailleurs, une restructuration plus large à plus long terme, et nous avons un effet d’aubaine, l’entreprise cherche aussi à faire des économies, à se restructurer à la lumière de ce qu’elle appelle des défauts structurels « , FO numéro un, Yves Veyrier, a jugé France Info.

Devant le siège d’Air France à Roissy, une centaine de personnes se sont rassemblées le matin pour exprimer leur «colère». La porte de l’immense entrée du siège de la compagnie aérienne était couverte de nombreuses affiches affirmant « Nos vies valent plus de 7 milliards de dollars » ou « Air France veut nous tuer ».

« Nous sommes très combatifs », a déclaré à l’AFP Jérôme Beaurain du SUD Aérien.

Chez Air France, la direction souhaite résoudre rapidement le problème de sureffectif des personnels de cabine en négociant les ruptures collectives de contrat (RCC).

Pour le personnel au sol, il se concentre sur un PDV-PSE (plan de départ volontaire – plan de protection de l’emploi) pour environ 2 600 emplois d’origine syndicale. Il en va de même pour Hop!, Où un PDV-PSE est prévu pour tous les employés.

A Nantes, près d’une cinquantaine de personnes ont fermé un portail aux petites heures du matin pour bloquer l’accès au siège de la société régionale, et les représentants des salariés ont boycotté l’extraordinaire Comité économique et social (CSE) de Hop! Seul le secrétaire du CST (CBT) s’est rendu sur place pour obtenir la nomination d’un expert.

La direction de Hop! a annoncé la fermeture de 12 des 14 bases d’équipage de conduite (toutes sauf Paris-Charles-de-Gaulle et Lyon) et des sites de maintenance à Lille et Morlaix. Une réunion de 150 à 200 personnes s’est également tenue sur le site breton, qui emploie environ 300 personnes et devrait fermer en 2023.

A Morlaix, Arnaud Hue, représentant (CFE-CGC) du CSE, a évoqué une « injustice ». « Le sentiment des salariés ici est qu’ils sont vraiment sacrifiés par rapport à un plan qui vient directement d’Air France », a-t-il déclaré à l’AFP.

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AFP