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L’Occitanie tente d’empêcher la suppression d’emplois par Airbus

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En mai au siège d'Airbus à Toulouse.


© LIONEL BONAVENTURE
En mai au siège d’Airbus à Toulouse.

Carole Delga, présidente du conseil régional, a annoncé une enveloppe de 100 millions d’euros pour aider les PME concernées par le plan d’épargne de l’avionneur. Les plans sociaux sont déjà en augmentation chez les sous-traitants.

Le patch peut ne pas suffire. Les 100 millions d’euros que Carole Delga, présidente (PS) du Conseil régional d’Occitanie, en collaboration avec le préfet de région, propose d’aider les PME soutenues par la chute brutale des opérations d’Airbus à Toulouse peuvent sembler un simple pansement contre les 15 milliards promis par le ministre des Affaires économiques, Bruno Le Maire, à l’ensemble du secteur. « Nous réparons les trous dans la raquette », Disait Carole Delga, consciente des ressources financières limitées dont disposent les régions. Un budget de 43 millions de dollars a été prévu pour aider à diversifier les entreprises, dont 23 millions de dollars pour développer «l’avion vert» de demain. Mais ce petit avion électrique ou hybride à hydrogène pour les déplacements régionaux, du type créé avec des avions à hélices du constructeur ATR, ne devrait pas voler avant 2035. Un délai beaucoup trop loin pour éviter l’extension du chômage partiel déposé pour deux années supplémentaires par le patron d’Airbus et des industriels pour éviter un maximum de licenciements « à sec ». Côté préfecture, il est expliqué que le financement public de cette mesure exceptionnelle est soumis aux accords signés avec les syndicats de chaque entreprise.

En plus des 3 600 emplois recensés par Airbus à Toulouse, dans le cadre d’un plan d’économies prévoyant un total de 15 000 austérités, dont 5 000 en France, ce sont les 100 000 emplois que pèse l’industrie dans la région. contentieux A Pamiers (Ariège), la CGT s’inquiète des 1 000 salariés de la fonderie Aubert et Duval. Mais aussi pour ceux de l’usine Blanc Aéro de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), qui dépendent de la production d’aciers spéciaux fabriqués en Ariège pour la fabrication de leurs rivets. Il s’agit d’une illustration de la sous-traitance «en cascade» qui met en valeur le tissu industriel régional. A Pamiers, l’activité a non seulement diminué de moitié depuis le début du confinement, mais le groupe minier Eramet, propriétaire du site, recherche un nouvel acheteur.

Fonds prédateurs

La région se veut vigilante contre le risque de « Fonds d’éviction », comme le dit Carole Delga. La présidente régionale annonce son intention de créer et d’ouvrir son propre fonds aux autres régions concernées, comme la Nouvelle-Aquitaine et les Pays-de-la-Loire. La région Occitanie va également mettre en place une agence régionale d’investissement pour acquérir directement le capital de certaines entreprises jugées stratégiques et favoriser la délocalisation industrielle. La tendance était de se déplacer vers des pays «bon marché». « Dans la zone dollar », comme on dit humblement chez Airbus.

Dans le Lot, la société Ratier Figeac, qui produisait historiquement des hélices en bois, passait sous le drapeau britannique puis américain. Il conçoit les mini-manchons de vol que l’on trouve dans la plupart des cockpits d’Airbus, du « petit » A320 à l’avion militaire A400M. Les pièces sont usinées sur site, mais assemblées au Maroc pour des raisons de coût. Les licenciements ont touché une centaine de travailleurs marocains, mais pas le Lotois, révèle un syndicaliste de la maison qui se sent toujours « protégé » par les ordres militaires.

A Tarbes (Hautes-Pyrénées), le groupe Daher annonce le 1hein Juillet aux syndicats qu’il serait limité à 167 licenciements, contre 350 initialement annoncés. Mais la facture sociale sera plus lourde pour les sites toulousains, sous-traités à Airbus: plus de 400 postes sont inscrits dans un plan social couvrant 1 300 CDI de ce très grand groupe familial marseillais, également présent dans l’automobile et nucléaire. L’entreprise, qui produit son propre avion monomoteur à Tarbes, mène des recherches sur la « dronisation » et l’électrification de ses avions.