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Comment les banques évoluent dans un monde post-Covid

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Quatre mois après le début de la crise liée à la pandémie de Covid-19, il est temps de faire le point sur le monde bancaire. Il a pris le choc, a exhorté ses employés au télétravail et
acteurs économiques soutenus par des moratoires sur le crédit
ou des prêts garantis par l’État.

Lors d’une conférence de presse le 1hein En juillet, l’ABBL indique qu’au 19 juin, les entreprises avaient sollicité plus de 1 000 prêts pour un montant total de 146 millions d’euros. En moyenne, 75% de ces demandes ont été acceptées.

Par ailleurs, il existe 18 386 moratoires, pour un montant total de 3,7 milliards d’euros, avec un taux d’approbation de 97%.

Pendant
retour progressif au bureau des employés de Place
ABBL (Association des banques et banquiers, Luxembourg) estime que quatre défis majeurs doivent être relevés dans les prochains mois.

1. Les conséquences du ralentissement économique

Le confinement, mis en œuvre pour atténuer la pandémie de coronavirus, laissera sa marque. « La principale conséquence est un ralentissement économique majeur avec une limitation de l’offre et de la demande. Cela aura des conséquences pour l’activité économique, et donc pour le secteur bancaire », a déclaré
Pierre Etienne
, vice-président d’ABBL.

« Nous prévoyons un impact sur le revenu et l’emploi, avec des implications pour l’économie dans son ensemble », a indiqué l’association dans un communiqué.

L’impact pourrait également se faire sentir différé pour les banques. Un changement qui émerge
Guy Hoffmann
, président de l’ABBL: « En général, les acteurs bancaires se portent bien, mais
notre secteur n’est pas en phase avec la crise
. Pour nous, la véritable menace se réduit car notre santé dépend du niveau de reprise économique. L’impact sur le secteur devrait devenir plus visible d’ici la fin de l’année, et même en 2021 et 2022. « 

2. Les perspectives d’une deuxième vague

La probabilité d’une deuxième vague de contagion inquiète également le secteur financier. « Une deuxième vague serait un nouveau défi pour nos organisations », explique Pierre Etienne.

L’ABBL encourage donc les entreprises affiliées et leurs employés à se faire tester. L’Institut luxembourgeois de la santé, le ministère de la Santé, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le Fonds national de recherche ont récemment lancé un test de dépistage à grande échelle pour le secteur financier.

« Une personne sur cinq dans chaque banque est testée chaque semaine, détectant rapidement une infection dans cette cellule de cinq personnes et prenant les mesures d’isolement nécessaires », a expliqué l’ABBL.

3. Coûts informatiques

Le pas vers un télétravail généralisé
engendré des coûts importants pour le secteur bancaire, à la fois de l’achat de matériel informatique et de l’achat de logiciels ou de nouvelles licences pour adapter les systèmes informatiques aux besoins. Sans oublier le renforcement des mesures de protection contre les cyber-risques.

Ceci alors que la numérisation s’est accélérée à la fois vis-à-vis des clients et en interne et se poursuivra.

« Les coûts informatiques, d’organisation et de traitement doivent être maîtrisés », ajoute Pierre Etienne.

Fin 2019, les frais de personnel et d’administration avaient déjà augmenté de 8,5% par rapport à 2018,
après une augmentation de près de 7% en 2018
. 2020 peut donc voir une nouvelle augmentation des coûts.

4. Frais réglementaires

«Les coûts de mise en conformité, avec une réglementation en constante augmentation, doivent être gérés (coûts de personnel et de formation, investissements informatiques et développement)», explique l’ABBL.

En particulier, l’association prend note des délais du régime UIP (société mère intermédiaire), qui découle du CRD V, selon lequel les banques imposeront une révision organisationnelle et pourraient conduire à l’externalisation ou à la délocalisation des activités. Dans ce contexte, les groupes bancaires non européens qui effectuent de grandes transactions intra-UE seront en effet obligés de placer leurs filiales européennes sous la même entité, la « maison mère intermédiaire » (UIP).

En termes d’équité,
cependant, l’UE a renoncé aux banques
afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle dans la reprise économique. Par exemple, le «paquet bancaire» est entré en vigueur fin juin, visant à assouplir les exigences de fonds propres des banques.