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LDLC veut déplacer 1 000 employés sur une semaine de quatre jours

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Publié le 1 juillet 2020 à 13h13

La semaine de quatre jours? « Je ne sais pas si la Bourse plaira », a déclaré Laurent de la Clergerie, président du groupe LDLC coté sur Euronext Growth. Il vient d’annoncer le passage à 32 heures en 2021 pour ses 1000 collaborateurs. Insolent, quand certains voient un retour à 39 heures pour sortir de la crise.

Le patron lyonnais du leader français du e-commerce informatique dit: « Mon projet c’est la semaine de quatre jours, pas les 32 heures ». Il y réfléchissait depuis un an, après avoir lu des retours positifs sur un test réalisé par Microsoft au Japon. L’annonce aurait dû être faite le 22 mars si le Covid-19 ne l’avait pas retardée. Le résultat a été «quelques dizaines de recrutements» pour combler les lacunes de la logistique, de la relation client, dans les magasins. « Avec un jour de moins, cela crée nécessairement des problèmes de planification », admet le manager.

Gestionnaires concernés

Il est convaincu des mérites de l’approche de la productivité: «Nous améliorons le confort de vie des salariés, et donc leur efficacité, pour les quatre jours restants, au profit de l’entreprise. C’est gagnant-gagnant. « Laurent de la Clergerie, » très soucieux du bien-être au travail « , avait déjà inauguré un nouveau siège en 2017, à la pointe des nouvelles tendances, avec terrasses, jardin, salle de sport, terrain de pétanque, salle de réunion thématique Pac – Mac Mario ou Zelda, escaliers à l’atmosphère tropicale, toit vert et espaces pour marcher sans mauvaise conscience. « Mais le cadre n’est pas suffisant ».

Les employés sont contents, les managers étaient inquiets. « Ils me traitent de fou. Ils se demandent comment ils vont gérer leurs équipes. « Pour lui, il y a la même retenue injustifiée que pour le télétravail: » On en parlait il y a 18 mois, les cadres étaient hostiles, de peur des flancs, des profiteurs. Mais le travail à distance qui a finalement été imposé par le confinement a montré qu’il fonctionne parfaitement. »

Boule de neige

Le pari est risqué. Mais LDLC se porte bien après une crise en 2019. La crise en a profité. Le président prévoit un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros en 2020, contre 494 l’an dernier, et double son Ebitda à 33 millions d’euros. Et cela malgré quinze minutes à quatre jours, l’année fiscale qui s’étend d’avril à avril. À tel point qu’il envisage même d’augmenter les salaires de 2%.

« Si mon initiative peut servir de modèle, créer un effet boule de neige encore mieux, mais ce n’est pas forcément la bonne taille pour tout le monde », explique prudemment Laurent de la Clergerie, conscient des réponses virulentes à son annonce. «Cela s’applique à notre organisation. Mais je me souviens du passage jusqu’à 35 heures. Nous étions cinq au LDLC, je pensais que c’était absurde. « 

Il reste convaincu que « les quatre jours à long terme sont bénéfiques pour les entreprises », même pour celles touchées par la crise. «Cela peut donner de l’énergie pour recommencer, si la situation n’est pas encore irréparable. En tout cas, ça ne fera pas mal. «