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Le numérique pour sauver le réseau culturel français à l’étranger – 17 juin 2020 – Le Journal des Arts

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Monde. Entre février et mai, 80% des centres de langues du réseau culturel ont fermé leurs portes en raison de l’emprisonnement. Plusieurs centaines de milliers d’étudiants se sont ensuite vu proposer de poursuivre les cours en ligne. Une première évaluation du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) montre que pour mars et avril « La baisse des inscriptions est en moyenne de 5% »a déclaré Laurence Auer, directrice de la culture, de l’éducation, de la recherche et du réseautage au MEAE. De toute évidence, ce chiffre cache des différences importantes entre les pays: au Royaume-Uni, les centres linguistiques de Londres et d’Édimbourg ont perdu 25% de leurs étudiants par rapport à mars-avril 2019, a expliqué Claudine Ripert-Landler, directrice de l’Institut français au Royaume-Uni. Du côté des Alliances Françaises, cette baisse s’est également ressentie, notamment « En Chine, où les inscriptions ont diminué depuis février »a déclaré Jean-François Hans, délégué Afrique, Océan Indien, Asie et Océanie à la Fondation Alliance Française.

Pour arrêter ce saignement, les centres de langues ont mis en place des cours collectifs de visioconférence et le MEAE et l’Institut français Paris ont encouragé l’utilisation d’outils plus ciblés. Laurence Auer cite « La plateforme Apolearn qui permet d’organiser des cours virtuels, grâce à un partenariat public-privé » et cela a été un succès auprès des enseignants. Les responsables du réseau ont préféré les solutions d’EdTech – les technologies éducatives – mais les centres se sont également adaptés à la situation locale et à leur public.

Adaptation des cours en ligne

Au Royaume-Uni, qui compte deux instituts français et onze alliances, « Les sites seront fermés le 18 mars et quarante-huit heures après la quasi-totalité des cours en ligne », Claudine Ripert-Landler explique. Elle ajoute que grâce à un suivi personnalisé des étudiants, les pertes en mai ont été limitées et les nouvelles inscriptions sont contre « Seulement 10% ». Une série de cours plus axés sur la littérature et la culture a attiré un nouveau public. À son apogée, le réseau britannique a accueilli jusqu’à 15 500 étudiants dans les classes de français.

Le passage au numérique s’est déroulé différemment selon que les stations du réseau étaient déjà habituées aux cours en ligne ou non. En Espagne, par exemple, la technologie numérique est utilisée depuis plusieurs années et pendant l’accouchement, les centres de langues ont créé une nouvelle offre: mon cours en ligne. Bien plus qu’une simple traduction en ligne de cours de français, Laurence Auer résume les avantages: « Il s’agit d’un autre type de réponse à la crise, avec l’accès à une plate-forme de 24 heures, des unités de cours, des tests, des jeux, des activités d’autocorrection. » Cet appareil a été étendu à d’autres pays, comme la Roumanie et Singapour.

Certains centres ont également rencontré des difficultés techniques, en particulier ceux d’un « Environnement low-tech, avec des problèmes de connexion ou du matériel informatique », souligne Jean-François Hans. Même au Royaume-Uni, certains centres de langues devaient de toute urgence acheter de nouveaux équipements informatiques.

En Afrique, les institutions et alliances françaises ont dû diversifier leurs modes de communication pour s’adapter à un public pas toujours bien équipé en informatique ou en smartphone. Par exemple, au Cameroun, les centres de langues ont enregistré des cours de français dans les studios de l’Unesco et diffusé les modules de cours à la télévision. Laurence Auer mentionne également des collaborations avec des médias français, tels que TV5Monde et RFI, notamment en Afrique et en Amérique latine.

Limitez les pertes financières

Le principal problème pendant l’incarcération a été de ralentir le nombre d’élèves quittant les classes, ce qui se traduit par le taux de conversion, comme l’explique Jean-François Hans: «Il s’agit du pourcentage d’élèves en cours collectifs qui passent aux cours en ligne. Dans certains cas positifs, il s’agit d’une conversion de 70%.  » Laurence Auer ajoute que le but des centres de langues était également«Évitez autant que possible le remboursement des étudiants déjà inscrits. «  Parce qu’il y a des problèmes financiers derrière ces programmes, notamment pour les Alliances Françaises qui travaillent avec leurs propres ressources. Après les sessions de printemps, les sessions d’été et les modules plus courts avec les examens de certification payés suivent. Laurence Auer en voit un « Période décisive pour les inscriptions », car les étudiants de ces sessions sont souvent des étudiants qui souhaitent étudier en France en septembre. Cela est particulièrement évident au Maroc et en Algérie où elle pense que les cours d’été et les examens de français sont très populaires. Il indique que ce sont généralement les adultes et les étudiants « Non libéré pendant l’internement », ce qui est un bon signe pour les cours d’été. En termes de cours pour les professionnels, par contre, c’est moins positif; Laurence Auer admet que « Les cours de commerce ont presque cessé dans le réseau ».

Quelle évaluation préliminaire peut-on tirer de ces semaines d’incarcération? L’accélération numérique a eu lieu et, selon Jean-François Hans, les outils ont été utilisés « Se perpétuera », principalement en raison de l’incertitude sur l’évolution de l’épidémie en septembre. Certains centres de langues ont même vu une augmentation des inscriptions aux cours, comme en Lettonie, où il y a 25% d’étudiants de plus qu’en 2019. Mais fin mai, la plupart des instituts et alliances françaises sont restés fermés selon le MEAE, sauf en Croatie, Allemagne, Turkménistan, Chine et plusieurs Pays méditerranéens. Les seules Alliances Françaises qui ont poursuivi leurs activités pendant le confinement sont celles de Vanuatu et Taiwan, deux pays peu touchés par l’épidémie. Il reste difficile pour le réseau culturel de penser sereinement à la reprise de septembre, et avoue Laurence Auer « La rentabilité des cours sera un enjeu majeur pour la rentrée scolaire après trois mois de fermeture du réseau ».