Ralentissement de la reprise économique en juin et grande incertitude

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiera quatre commentaires distincts sur l’environnement des affaires le mercredi 24 juin. “L’environnement des affaires dans l’industrie manufacturière continuera de se redresser en juin 2020, mais continuera de se détériorer”, indique le titre. On nous dit ensuite que “l’indicateur synthétique gagne 6 points par rapport à mai, après avoir perdu 30 en avril, une baisse sans précédent depuis la création de l’indicateur en 1976 en raison de la crise sanitaire. A 77 ans, il reste bien en deçà du long terme moyenne (100) ».

Selon l’INSEE, “la majorité des constructeurs déclarent des carnets de commandes inférieurs à la normale: les carnets de commandes mondiaux sont stables et les carnets de commandes étrangers sont à nouveau en baisse. Les deux sont à des niveaux très bas, bien que supérieurs à ceux de 2009 (…) En ce qui concerne l’emploi, l’opinion sur les tendances passées de la population active se détériore à nouveau, mais ceux sur la trajectoire attendue continuent de se redresser progressivement, les deux soldes restant bien en deçà de leurs moyennes de long terme. “

Grandes insécurités

La reprise ne devrait être que progressive et susceptible d’être lente car elle dépend de plusieurs facteurs, dont l’évolution du pouvoir d’achat des ménages. La note de l’INSEE indique que “le climat de l’industrie alimentaire, seul sous-secteur où il est resté supérieur aux niveaux de 2009, reste relativement moins dégradé”. Mais nous savons que certains secteurs ont raté et n’ont toujours pas de débouchés depuis mars. C’est notamment le cas du vin en général, de certains types de viande de volaille, de certains fromages à affinage court. Ajoutons que la succession de vagues de chaleur et une sécheresse qui s’aggrave cette année depuis le début de l’été vont créer de plus en plus de problèmes pour les sélectionneurs herbivores.

En ce qui concerne l’emploi en général, l’INSEE indique que l’indicateur synthétique a atteint 13 points en juin “, ce qui renforce la reprise amorcée en mai après une baisse sans précédent en avril. A 66 ans, l’environnement de travail est encore bien en dessous du point bas de Mai 2009 (73) et, a fortiori, la moyenne à long terme (100) “. Mais il est raisonnable de penser qu’il vaut mieux attendre l’automne pour tirer des conclusions dans ce domaine.

Dans les services “, ont indiqué les dirigeants d’entreprises interrogés en juin 2020, l’environnement des affaires s’améliore à nouveau, plus fortement qu’en mai, en ligne avec l’accélération. Il a atteint son plus bas niveau en avril depuis la série (1989). L’indicateur qui le synthétise gagne 25 points, la plus forte augmentation depuis la série, mais reste très affecté à 77. Les désaccords sur les évolutions passées continuent de s’aggraver tandis que ceux sur les évolutions prévues continuent de s’améliorer “, a indiqué l’INSEE.

Mais nous savons que de nombreux services dépendent de l’argent que les ménages peuvent dépenser et dépenseront au cours des prochains mois. Il en sera de même pour le commerce de détail, pour lequel l’Insee indique que l’indicateur, bien qu’en cours, reste “très médiocre”. Plus précisément, “le climat a augmenté de 13 points dans la communication de l’information, alors qu’il a augmenté de 44 points dans l’hébergement et la restauration, après avoir atteint des creux historiques dans ce sous-secteur en avril et mai”.

Quand l’industrie chute à 12% du PIB

Nous sommes dans un pays où le secteur industriel ne représente que 12% du produit intérieur brut (PIB) annuel, contre 23 en Allemagne et à peu près le même dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, membres de l’Union européenne depuis 2004 et 2007. Entre 2006 et 2015, pas moins de 630 000 emplois productifs ont été détruits en France, sous la présidence de Nicolas Sarkozy et François Hollande. Avant même d’être élu président de la république, Emmanuel Macron était allé dire aux salariés d’Amiens Whirlpool: “Personne ne peut sauver vos emplois”.

Aujourd’hui, on nous parle de déménagements. Mais en matière de travaux pratiques, tous les prétextes des employeurs ne doivent pas s’y engager malgré les garanties financières décidées par l’État.

Gérard Le Puill