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Le parquet de Paris fait appel du jugement partiellement assouplissant du FN

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L’ancien Front national n’est pas sorti du bois. Le parquet de Paris a informé l’Agence France-Presse de faire appel de la condamnation du juge pénal, qui a acquitté mardi l’ancien parti de fraude. Dans le dossier de financement législatif de 2012, le FN n’a été condamné à une amende que de 18 750 euros pour « dissimulation d’abus de biens sociaux ». Cet appel « concerne tous les accusés »: l’ex-FN a renommé le Rassemblement national en entité légale, ainsi que plusieurs hauts responsables du parti ou des individus proches de Marine Le Pen, a-t-il dit.

« L’intimidation de l’accusation contre la RN est éminemment suspecte », a répondu Marine Le Pen sur Twitter vendredi soir, et a poursuivi « une instrumentalisation politique de la justice ». Cette affaire menace le parti de dommages astronomiques, ce qui déprimerait les finances déjà épuisées: à la fin du procès en novembre, l’État avait exigé du parti d’extrême droite, rebaptisé Rassemblement national, le versement de 11,6 millions d’euros pour ce escroquerie, qui, selon lui, équivaut à des frais électoraux remboursés par des fonds publics.

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« La sortie de FN est une grande victoire »

Mais le tribunal correctionnel de Paris a jugé mardi n’avoir trouvé aucune « manoeuvre frauduleuse » ni preuve de surfacturation derrière la livraison obligatoire et uniforme des kits de campagne – tracts, affiches, sites internet … – aux candidats du parti et a été remboursé par les deniers publics. « C’est une micro-condamnation dans une sous-sous-composante. La libération du FN est une grande victoire. Nous avons été blanchis à la chaux et j’en suis très content », a déclaré Marine Le Pen mardi.

Cependant, les juges ont condamné la partie à une amende de 18 750 EUR pour « dissimulation d’abus de biens sociaux », le montant maximum pour une telle infraction à l’époque des faits. Les magistrats n’ont donc retenu la faute du parti que pour avoir bénéficié d’avantages indus à la société de communication Riwal, notamment l’emploi fictif de deux hauts responsables actuels du parti, Nicolas Bay et David Rachline, dans l’achat d’équipement et, surtout, l’attribution à la FN d’un prêt sans intérêt de plusieurs millions d’euros sur trois ans.

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Des faits très graves

Le tribunal a également souligné que « les faits semblaient particulièrement graves » car ils avaient sapé « la confiance des citoyens dans le fonctionnement des partis politiques » et la « démocratie ». La peine la plus sévère a été prononcée contre Frédéric Chatillon, ancien président de Gud et proche conseiller de Marine Le Pen à la tête de Riwal, condamné à 2,5 ans d’emprisonnement, dont 10 mois d’emprisonnement, et à 250 000 euros d’amende. Jean-François Jalkh, avocat du parti, et Wallerand de Saint Just, trésorier, tous deux membres du comité exécutif du parti, l’organe suprême, ont également été condamnés: le premier à deux ans d’emprisonnement, dont six mois punissables par la loi. cinq ans d’irrecevabilité, de deux à six mois de prison avec sursis.

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Jeanne, le micro parti Marine Le Pen présidé par Jean-François Jalkh, a été condamné à une amende de 300 000 euros, dont la moitié avec sursis. Trois autres membres de la famille Frédéric Chatillon ont été condamnés à des peines de prison avec sursis d’un à deux ans d’emprisonnement. Un dernier prévenu, Axel Loustau, un autre ancien Gud, pour sa part, était complètement détendu. Marine Le Pen et le Rassemblement national font également l’objet d’une enquête dans le cas d’assistants du Parlement européen.