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Bureau intégré des Nations Unies en Haïti – Rapport du Secrétaire général (S / 2020/537) – Haïti

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Introduction

1. Ce rapport a été soumis conformément à la résolution 2466 (2019) du Conseil de sécurité, dans laquelle le Conseil a décidé d’ouvrir le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) pour une période initiale de 12 mois commençant le 16 octobre 2019 et m’a demandé de rapport, dans les rapports que je lui présenterais tous les 120 jours à compter du 120 octobre 2019, sur la mise en œuvre de ladite résolution, y compris les cas de non-respect – mise en œuvre du mandat et mesures prises pour y remédier. Il couvre les principaux développements intervenus depuis la publication de mon précédent rapport (S / 2020/123) et fait le point sur la mise en œuvre du mandat de l’UNINH et sur les activités des Nations Unies pour soutenir le gouvernement haïtien dans le contexte de la pandémie du coronavirus (COVID-19).

L’UNINH et les 19 organismes, fonds et programmes des Nations Unies en Haïti ont encore renforcé leur partenariat et leur travail conformément au principe d’unité préconisé par le Conseil de sécurité. Le HCR a rempli son mandat en fournissant des bons offices stratégiques, en conseillant et en sensibilisant à la stabilité politique, aux processus de gouvernance inclusifs et aux initiatives de réduction de la violence, en complétant l’appui au programme et l’assistance technique de l’équipe de pays des Nations Unies.

II. Politique et bonne gouvernance (objectif 1)

3. Les premiers cas de COVID-19 en Haïti ont été confirmés le 19 mars 2020. Les 18 derniers mois ont été marqués par des troubles et des tentatives infructueuses de parvenir à un accord négocié à la suite d’une crise prolongée qui a paralysé les institutions. du pays. Le gouvernement était confronté à une tâche énorme: élaborer et mettre en œuvre un programme de réforme ambitieux, tout en essayant de relancer une économie défaillante au milieu d’une pandémie en évolution avec un système de santé du pays inapte. Malgré le soulagement des troubles civils violents qui ont caractérisé les manifestations contre le peyi lòk (forclusion forcée de tout le pays) en 2019 et le fait que l’opposition modérée exigeait une trêve politique temporaire, le manque d’un organe législatif, le manque de clarté autour le calendrier électoral et l’imprécision du calendrier des réformes constitutionnelles et structurelles expliquent la persistance d’une grande incertitude politique et d’une forte polarisation. Cette dynamique se poursuit dans le contexte d’une reprise de l’activité des gangs organisés, accompagnée d’un sentiment d’incertitude générale.

4. En février 2020, les efforts du président haïtien, Jovenel Moïse, avant la fin de son mandat, pour parvenir à un consensus sur un accord politique qui aurait ouvert la voie à des réformes structurelles, n’ont pas abouti. Du 11 au 14 février, le BINUH et l’Initiative patriotique haïtienne, après plusieurs réunions de suivi, avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ont entamé un nouveau cycle de négociations entre les représentants de la Présidence, signataires de « l’Accord de Kinam » et de «l’accord de Marriott», les partis d’opposition non alignés et la société civile, qui ont repris lorsque les négociations en décembre 2019 se sont terminées et en janvier 2020 vers la nunature apostolique. Les pourparlers ont été interrompus le 14 février, lorsque des responsables de l’opposition ont fait une proposition pour rouvrir le débat sur des questions déjà soulevées lors de précédents cycles de négociations. Malgré ce revers, les discussions informelles entre les acteurs haïtiens se sont poursuivies, conduisant à une session en petit groupe le 28 février impliquant des représentants de la présidence et des partis d’opposition. non lié et de la société civile. Les principales forces politiques impliquées à la fois dans la coalition au pouvoir et dans l’opposition ont choisi de ne pas y assister, ce qui a empêché la conclusion d’un accord.

5. En réponse à ces activités et en l’absence d’un organe législatif opérationnel, le 2 mars, M. Moïse a rendu une décision nommant Joseph Jouthe (ancien ministre de l’Environnement) Premier ministre. Le 4 mars, Jouthe a présenté son gouvernement, composé de 19 ministres, dont quatre femmes, et de neuf secrétaires d’État, dont deux femmes, qui ont déclaré que l’insécurité, les inégalités sociales et la relance de l’économie sont des priorités. Bien que la composition du nouveau cabinet ait été présentée comme l’expression d’une certaine volonté d’inclusion politique, plusieurs représentants de l’opposition ont confirmé qu’elle ignorait les progrès des récents efforts de dialogue et compromettait les perspectives de reprise des pourparlers. Bien que l’opposition ait annoncé son intention de reprendre les manifestations de rue au début de l’épidémie de COVID-19, plusieurs partis d’opposition, dont des factions, ont précédemment déclaré qu’ils ne participeraient aux pourparlers politiques que si le président quittait ses fonctions immédiatement, il a dit de s’abstenir de toute action qui pourrait saper la cohésion nationale et une réponse efficace à la pandémie.

6. Après un démarrage lent, le nombre de cas confirmés de COVID-19 a commencé à augmenter rapidement à la mi-mai. L’évaluation préliminaire le 7 juin était de 3 072 cas et 50 décès. Selon les prévisions de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), Haïti pourrait enregistrer jusqu’à 127 000 cas, dont 5 000 décès et 25 000 hospitalisations. Le gouvernement a lancé une campagne de sensibilisation pour informer les citoyens et les secteurs clés de la société haïtienne des mesures prises pour atténuer les effets d’une pandémie à laquelle Haïti pourrait être particulièrement vulnérable. Dans sept discours à la nation, le président a appelé à l’unité nationale et a exhorté le peuple à suivre les directives émises par le ministère de la Santé et de la Population. Il a mis en garde contre la stigmatisation des personnes infectées et a promis de gérer la crise de manière efficace et transparente tout en répondant aux urgences socio-économiques. Le 6 avril, il a annoncé la création d’un comité multisectoriel chargé de coordonner la riposte nationale à la pandémie, dirigé par Jean William Pape, médecin de renom et fondateur des centres Gheskio, leader de la recherche sur le VIH et centre de traitement en Haïti, et Lauré Adrien, directeur général du Ministère de la Santé et de la Population. Bien que la création de ce comité ait été considérée comme une évolution positive par la plupart des Haïtiens, un certain nombre d’allégations contre le gouvernement concernant le manque de transparence dans l’achat d’équipements et de matériaux pour répondre aux pandémies ont été reprises dans les médias nationaux. Dans la région, les autorités haïtiennes et leurs homologues dominicains ont renforcé leur coopération pour faire face à la pandémie. Les ministres des Affaires étrangères ont tenu des vidéoconférences régulièrement et les deux chefs d’État se sont rencontrés le 19 mai pour discuter des synergies entre leurs réponses respectives à COVID-19 et d’autres questions préoccupantes. ‘intérêt commun.

Malgré les défis supplémentaires posés par la pandémie, l’Office, en collaboration avec l’Équipe de pays des Nations Unies, a continué d’appuyer les efforts de réforme de la gouvernance nationale. Il a notamment contribué à la planification du processus de réforme constitutionnelle et à la tenue des élections législatives et locales, qui auraient déjà dû avoir lieu, et des élections présidentielles. L’Agence s’appuie sur des plateformes virtuelles pour communiquer avec ses partenaires haïtiens, dont la Présidence, qui reste activement engagée à faire avancer les travaux qui peuvent être réalisés dans le contexte actuel. Par conséquent, avec le soutien des Nations Unies, le Conseil électoral provisoire examine actuellement des mesures qui préserveraient l’intégrité du processus électoral et, compte tenu du nombre traditionnellement faible de femmes parlementaires en Haïti (4 sur 149 à la 50e législature), le quota de 30% de femmes aux postes électifs, comme le prévoit l’article 17.1 de la Constitution, conformément à l’engagement pris par le Président lors d’un discours à l’occasion de la Journée internationale de la femme. En outre, avec le soutien du PNUD et de la Fondation internationale pour les systèmes électoraux, le Conseil a organisé la quatrième session de huit modules sur l’administration des élections et continue de moderniser son infrastructure informatique électorale. Dans le cadre des mesures prises par l’administration pour atténuer l’impact économique de l’épidémie sur les fonctionnaires, le personnel a également reçu des arriérés de salaires de sept mois, les retards de paiement étant dus à des retards dans les contrats d’approbation de la Cour suprême et à des litiges administratifs. .
Cependant, les activités du Conseil ont été retardées en raison de l’incertitude découlant de l’absence de calendrier électoral et de l’urgence sanitaire actuelle.

8. La refonte du registre électoral, qui reposera désormais sur des demandes de cartes d’identité biométriques pour les nouveaux citoyens, a ralenti après l’annonce de l’état d’urgence. De nombreuses critiques des médias sociaux à l’encontre des foules rassemblées devant le Bureau national d’identification de Port-au-Prince ont conduit à l’adoption de mesures supplémentaires de contrôle des foules, ce qui a également amélioré les directives concernant la distance physique. Au 22 mai, le Bureau national d’identification avait enregistré environ 2,1 millions de citoyens provenant d’environ 6,8 millions d’Haïtiens votants et délivré 1,1 million de nouvelles cartes d’identité. biométriques, qui sont essentielles pour les procédures d’identification des électeurs utilisées lors des élections. Cependant, le gouvernement a également prolongé indéfiniment la validité des anciennes cartes d’identité et annulé une décision antérieure de les supprimer d’ici le 31 mars.

9. Grâce aux bons offices et au pouvoir de mobilisation de mon Représentant spécial pour Haïti, l’Agence a engagé des discussions avec les parties prenantes nationales concernées pour encourager des relations constructives entre l’exécutif et l’opposition et les efforts de multiples parties prenantes. pour répondre à l’urgence sanitaire. L’Agence a également diffusé des rapports sur la prévention et la tolérance et a sollicité un large soutien des partenaires internationaux pour les mesures prises par le gouvernement. Il s’est coordonné étroitement avec le système des Nations Unies pour soutenir les mesures nationales dans trois domaines distincts mais complémentaires, à savoir: la réponse sanitaire, dirigée par l’OPS et l’Organisation mondiale de la santé (OMS); la réponse humanitaire coordonnée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires; mesures socio-économiques, mises en œuvre sous la direction du PNUD. Mon Représentant spécial adjoint, qui agit également en tant que Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations Unies, veille à ce que l’action soit intégrée et tire pleinement parti des avantages comparatifs de chaque élément du système des Nations Unies. Haïti.