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Le développement du Green IT passe par un nouveau modèle de consommation des solutions technologiques

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L’IT durable est un sujet sur lequel de plus en plus d’entreprises se sensibilisent en France. Et le monde de l’après Covid-19 ne pourra pas dire le contraire : l’incertitude économique et commerciale actuelle est un argument important incitant les entreprises à revoir leurs pratiques vers plus de durabilité.

Ces derniers mois, les entreprises comme Orange, Engie ou encore Vinci, sont de plus en plus nombreuses à annoncer des « plans de neutralité carbone », un engagement fort porté par leurs dirigeants, qui touche l’ensemble des activités de l’entreprise et, par extension, les équipes IT. Ces dernières subissent une forte pression portant notamment sur la consommation d’énergie toujours plus importante des datacenters et des équipements informatiques, liés aux serveurs, aux réseaux et au stockage, et sur la mise au rebut d’une partie du matériel informatique qui crée de nouveaux déchets sur la planète.

Un récent rapport de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) affirme que, si rien ne change, d’ici 2030, les datacenters représenteront 13% de la consommation électrique mondiale, équivalant à 1130 réacteurs nucléaires. En ajoutant à cela les équipements technologiques grand public comme les smartphones, les ordinateurs et les tablettes, la part de l’électricité mondiale atteint 51%, équivalent à 4400 réacteurs nucléaires.

Selon une autre étude, les TICs – incluant Internet, la vidéo et musique en streaming et autres services basés dans le cloud – seraient responsables de 2% des émissions mondiales de CO2, soit la même quantité d’émissions que l’industrie aérienne. Ces chiffres alarmants expliquent pourquoi la prise de conscience s’accélère.

Les datacenters sont des gouffres énergétiques

Qu’elles aient déjà mis en place un plan de neutralité carbone, ou qu’elles en soient encore au stade de l’évaluation et de la prise de décision, il est dans l’intérêt des entreprises de choisir des solutions alignées sur la logique durable. Cela peut s’illustrer aussi bien par la réduction de l’empreinte au sol des équipements informatiques, en optant par exemple pour un système de stockage plus compact ou pour des équipements moins voraces en énergie. Certaines entreprises constatent des réductions de 15% de leur facture énergétique habituelle pour l’ensemble du datacenter, un gain obtenu grâce au simple remplacement d’un tiers de leurs équipements informatiques, ceux liés au stockage. En effet, les datacenters sont de véritables gouffres énergétiques, pour pouvoir alimenter à la fois les équipements informatiques comme les serveurs, mais aussi pour fournir la climatisation nécessaire à leur fonctionnement. Certains entrepôts atteignent même le niveau de consommation moyenne d’une ville de 75 000 habitants.

La plupart des entreprises aujourd’hui n’ont plus de datacenter physique dans leurs locaux et font le choix d’un hébergement externe ; par conséquent, les principaux hébergeurs en France font face à une demande croissante et doivent construire régulièrement de nouveaux entrepôts pour y répondre. Il n’est donc pas surprenant de constater que de nombreux hébergeurs se sont installés sur la commune de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, pour être directement à la source de l’alimentation électrique de la région parisienne.

L’évolutivité technologique, indispensable à la durabilité

Pour faire face aux enjeux de durabilité et d’écoresponsabilité, les entreprises doivent adopter des solutions offrant une évolutivité de l’équipement matériel sans limite dans le temps, capables de s’adapter à l’évolution des besoins des clients due à la croissance exponentielle du volume de leurs données et, en fonction, leur permettre d’acheter plus de capacité de stockage.

Les fournisseurs ont fait énormément progresser la densité des médias de stockage, grâce aux technologies flash et QLC (Quad Level Cell) qui sont capables de stocker encore plus de données. Durant les six dernières années, certains fournisseurs ont réussi à augmenter par 150 la capacité de stockage pour un même espace et donc une même empreinte ; par conséquent la consommation électrique a été réduite par 100. Les entreprises s’efforcent de faire en sorte que cette tendance se poursuive de manière exponentielle.

Pour rendre l’IT durable, il s’agit d’intégrer ces innovations technologiques au sein des solutions existantes, sans obliger les clients à remplacer leur matériel pour pouvoir en bénéficier. En effet, habituellement, les clients acquièrent une solution qu’ils utilisent et amortissent pendant quatre ou cinq années puis qu’ils jettent pour pouvoir en racheter une nouvelle, plus adaptée à leurs objectifs des cinq années suivantes. Un principe similaire au fait de changer de smartphone tous les deux ans pour bénéficier de nouvelles capacités de stockage ou d’un meilleur appareil photo. Les utilisateurs se sont malheureusement habitués à jeter trop vite l’ensemble d’un équipement technologique, là où il faudrait concevoir des systèmes qui permettent de bénéficier des évolutions technologiques en conservant le même matériel.

L’heure des choix stratégiques

Le Green IT recouvre trois dimensions : l’aspect écologique lié au gaspillage et à la destruction du matériel IT ; l’importance de la consommation énergétique qui alimente les équipements informatiques ; et l’aspect économique de durabilité de l’investissement, selon lequel on ne rachète pas inutilement du matériel pour remplacer celui qui a été jeté lors du renouvellement de solution mais qui était encore en état de marche. En effet, si les CPU (Central Processing Units) qui composent de nombreux dispositifs électroniques arrivent à obsolescence très vite et doivent être changés en moyenne tous les 36 mois, il n’en est pas de même pour d’autres éléments comme les châssis métalliques, les alimentations électriques, les câbles ou les bus internes. Le fait de jeter tout ce matériel dans le simple but de moderniser le processeur au cœur du dispositif représente un gaspillage contradictoire avec les objectifs de neutralité carbone et de durabilité des entreprises.

A l’inverse, une solution qui réussit à intégrer les évolutions technologiques au fur et à mesure de leur apparition, sans avoir à changer le matériel, s’inscrit dans une dynamique progressiste en opposition radicale avec l’ancien modèle de consommation IT des entreprises. En plus de n’être ni éco-responsable ni durable, ce dernier est inadapté au rythme effréné du monde actuel, dans lequel il est quasiment impossible pour les services IT d’établir une estimation fiable de leurs besoins de stockage et de capacité de calcul au-delà des 6 prochains mois.

A l’avenir, les questions écologiques et de durabilité sont amenées à s’intensifier pour les équipes informatiques et les entreprises dans leur ensemble. Dans certains cas, des entreprises sont même prêtes à payer plus cher pour acquérir des solutions informatiques écologiques et vertes. Grâce à l’innovation constante déployée par les entreprises technologiques, de plus en plus de solutions sont à la fois rentables et durables, permettant à un nombre croissant d’entreprises de satisfaire les exigences de leurs plans de neutralité carbone.