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Le FN connaît son sort dans le cas des kits de campagne

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La justice statuera mardi dans l’affaire des kits de campagne du Front national. Le parti de Marine Le Pen risque une amende élevée qui pourrait comprimer davantage leur argent, tandis que des peines de prison, parfois suspendues, ont été prononcées contre plusieurs membres de l’entourage du leader.


Les kits de campagne surchargés sont remboursés avec l’argent de l’État. Le tribunal correctionnel de Paris a statué mardi matin sur le processus de financement des campagnes électorales du Front national de 2012 à 2015. La délibération, initialement prévue pour le 24 avril, a été reportée en raison de la crise sanitaire. Dans cette affaire, dont le procès a eu lieu en novembre, la partie apparaît comme une personne morale et neuf autres accusés principalement pour fraude. Les candidats frontistes devaient obtenir du matériel électoral au moyen d’un prêt. Cet argent a ensuite été remboursé par l’État.

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Ces « kits » avec affiches et dépliants ont été produits en détail par le prestataire de services Riwal, une société exploitée par Frédéric Chatillon, conseillère et amie de Marine Le Pen, a ensuite facturé Jeanne, le parti de la microfinance affilié au FN, qui l’a revendue à ses candidats et leur a accordé un prêt du même montant. Le candidat qui a dépassé 5% de l’élection pourra alors bénéficier du remboursement de ses frais de campagne. Il a donc pu rembourser son prêt (ainsi que les intérêts dont le taux était fixé à 6,5%) à Jeanne. La surcharge est due au fait que le kit lui-même n’aurait coûté que 4 000 euros de production, permettant à Riwal de s’enrichir de cet argent public.

Amende de 500 000 euros exigée contre le parti de Marine Le Pen

La peine la plus sévère – quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis – a ainsi été infligée à Frédéric Chatillon, également ancien chef du Gud, association étudiante d’extrême droite. Le parquet de Paris a également demandé une amende de 500 000 euros contre le FN, qui est devenu le Rassemblement national, ainsi que la prison avec sursis et l’inéligibilité contre deux responsables du parti, le Wallerand trésorier de Saint-Just et l’avocat Jean-François Jalkh. La communauté Riwal et les microparti Jeanne, dont la dissolution a été demandée, étaient également considérées comme des personnes morales.

Des condamnations ont également été prononcées d’une peine de 12 mois avec sursis à six mois de prison pour quatre membres de la famille de Frédéric Chatillon: son partenaire Sighild White, l’Ile-de-France choisie Axel Loustau ainsi que leurs amis Olivier Duguet, Le comptable de Riwal et le trésorier de Jeanne, et Nicolas Crochet, le comptable, menacé d’une interdiction pratique.

Marine Le Pen n’a pas été poursuivie dans cette affaire, contrairement à celle d’assistantes européennes où elle est inculpée et pourrait conduire à un procès en 2021.

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Un risque pour les finances déjà épuisées de la RN

L’avocat des accusés a plaidé pour sa libération et a dénoncé « l’accès des politiciens à la salle d’audience » pour « éliminer la concurrence du spectre politique ». Tenu responsable du président Emmanuel Macron et du Premier ministre Edouard Philippe, le RN avait « dénoncé ces politiciens » sur Twitter pour tuer le RN, plutôt que de le laisser gagner dans les sondages! « 

L’avocat de l’État a même réclamé 11,6 millions d’euros de dommages et intérêts contre le parti de Marine Le Pen. Une amende, quel qu’en soit le montant, déprimerait au moins un peu plus les finances déjà épuisées. Le Rassemblement national vient de conclure un « règlement amiable » avec son créancier russe pour rééchelonner le remboursement d’environ 9,6 millions d’euros pour un emprunt souscrit en 2014.