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faut-il accélérer le retour à la normale?

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Déconfinement: faut-il accélérer le retour à la normale?

« Il est grand temps de détendre les protocoles de santé »

François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

Nous sommes tous très heureux de voir la situation redevenir normale. Cela est particulièrement vrai pour les petites et moyennes entreprises. Beaucoup ne sont plus en mesure d’équilibrer leurs comptes car des règles trop restrictives qui leur sont imposées les empêchent de se remettre rapidement en état d’épidémie. Au risque d’entraîner la France à accélérer son échec par rapport à ses voisins européens, avec des conséquences désastreuses.

→ LIRE. Déconfinement: après l’état d’urgence, l’application des mesures « nécessaires et proportionnées »

Que remarque-t-on un mois après le début de la déconfusion? Tous les indicateurs de surveillance Covid-19 baissent. Le nombre de décès, d’hospitalisations et de patients en soins intensifs diminue. Les autorités scientifiques parlent d’une épidémie  » sous contrôle « 

Dans le même temps, les problèmes de santé des entreprises restent importants et ont un impact significatif. Et je ne parle pas du coût direct de l’achat d’équipement de protection, de masques ou de gel hydroalcoolique. De tels mouvements de barrières sont sans aucun doute nécessaires pour se protéger et protéger les autres.

Je pense notamment aux guides de bonnes pratiques par secteur – près de 80 d’entre eux – qui ont un effet indirect très dommageable. Est-il toujours indispensable d’imposer un périmètre de sécurité à chaque salarié ou d’interdire la présence de plusieurs entreprises au même endroit? Il est grand temps d’assouplir ces protocoles pour les rendre cohérents avec la situation sanitaire.

Les écoles sont également touchées. La reprise est encore trop timide. Cela punit les employés qui ne peuvent pas retourner au travail parce qu’ils doivent être prudents. Cela pèse également sur les entreprises qui voient leur effectif diminuer, en supposant 15% du coût du travail court.

À cet égard, il est difficile d’expliquer l’extrême prudence du gouvernement, sinon la crainte de remettre en cause sa responsabilité. Il ne s’agit pas de prendre des risques imprudents, mais le principe de précaution ne doit pas être transformé en principe d’inaction. Lorsqu’une société décide de se surprotéger, elle choisit finalement d’arrêter de vivre.

Au CPME, nous attendons que le gouvernement annonce le début de la déconstitution de la phase 3, des critères précis et un calendrier clair pour l’application des normes à l’économie le 22 juin. Nous espérons également que le discours du président Macron, dimanche 14 juin, exposera non seulement les perspectives d’espoir des opérateurs économiques, mais annoncera également des mesures immédiates.

Par exemple, ceci est une suggestion: que tous les ordres publics ouverts soient signalés fin juillet. Ce n’est pas grand-chose à décider et ce serait un changement de jeu.

Déconfinement: faut-il accélérer le retour à la normale?

« Tout ne peut pas revenir à la normale »

Bruno Lina, professeur de virologie au CHU de Lyon et membre du conseil scientifique.

Tout le monde veut revenir à la normale, y compris nous les scientifiques. Mais c’est une question extrêmement difficile. On pourrait dire qu’il est exclu par principe de précaution, mais cela ne serait pas viable parce que nous ne pouvons pas imaginer que nous sommes dans la même situation dangereuse que nous avons accepté toutes ces restrictions.

Grâce aux systèmes de monitoring déployés, on peut dire que tout va bien. Nous sommes dans une situation confortable, mais ce n’est pas un retour à la normale. Ce virus provoque toujours des formes graves, il circule toujours et il a été démontré qu’il submerge les systèmes de santé. La difficulté est de savoir où placer le curseur, entre la volonté collective de reprendre une vie normale et le besoin de rester prudent.

→ ÉDITORIAL. Impatience

Plus le temps passe, plus le risque de rétablissement épidémiologique est faible. La tendance en France est excellente, bien meilleure que prévu, mais ce n’est pas le cas ailleurs dans le monde. L’histoire n’est pas encore terminée, tout ne peut pas revenir à la normale. Pour le centre de contamination de Mulhouse (la réunion évangélique, où des milliers de personnes étaient en contact avec le virus avant sa propagation, veuillez noter)la situation était très stable. Nous étions dans une situation similaire à celle dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Mais après cet événement unique, nous ne pouvions plus contrôler la situation. Aujourd’hui, les mêmes causes produiraient les mêmes effets, même si la période estivale réduit effectivement la circulation du virus.

Il est très facile de prendre des décisions qui augmentent les restrictions, mais la désescalade est plus difficile à gérer. Il faut retrouver une vie normale sinon les Français ne comprendront pas. D’autant plus que le risque est beaucoup moins visible. Encore une fois, nous ne sommes plus dans la même situation d’urgence qu’au début de mars.

Nous savons maintenant que le risque de propagation du virus dans une école primaire est extrêmement faible, donc je ne vois aucune raison de ne pas alléger les protocoles de santé. Nous n’avons pas de signaux négatifs nous disant que nous ne pouvons pas, mais nous n’avons pas tous les signaux positifs pour lever toutes les mesures.

Cette épidémie est comme un énorme cargo qui décolle à pleine vitesse et s’arrête progressivement. Le retour de très grands rassemblements marque la fin de toutes les restrictions. La réouverture des boîtes de nuit serait une grosse erreur à mon avis.