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Les écoles annoncent des concessions

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Insatisfaits de la qualité de l’enseignement à distance offert pendant l’incarcération, des coûts supplémentaires (Internet, équipement informatique, etc.) et obligés des enseignants à jouer sur le dessus du marché, les parents sont épuisés. Vous payez des frais de scolarité supplémentaires? C’est impossible pour eux.

Surtout lorsqu’il s’agit d’institutions peu engagées dans le e-learning, peu d’écoute et peu solidaires, allant jusqu’à menacer de ne pas réinscrire les enfants en cas de non paiement. Toutes les écoles ne l’ont pas fait, mais par celles qui l’ont fait, le secteur s’est retourné contre les parents et l’opinion publique.

Aujourd’hui, environ 90% des parents refusent de payer leur facture d’ici mai, selon la Fédération marocaine de l’enseignement et de la formation privés (FMEFP). Certains demandent une réduction de 50% des coûts, tandis que d’autres exigent des dérogations complètes. Pour les écoles qui sont obligées de continuer à payer les salaires de leurs enseignants et de leur personnel administratif 12 mois sur 12, c’est une concession impossible.

«Nous pouvons exonérer les familles en difficulté du paiement et offrir une remise de 50% à celles dont les parents ont perdu leur emploi. Mais celles dont les revenus n’ont pas été affectés doivent payer leurs factures. L’économie nous impose la solidarité», explique Moulay Saïd Messaoudi , président de la FMEFP.

« Ceux qui n’ont pas les moyens, nous les connaissons. Ils représentent 30 à 40% des parents. Ceux qui peuvent payer une partie de la facture représentent environ 35%. Les autres doivent payer 100%. Nous ne recherchons pas le profit, notre souci est simplement d’avoir assez pour payer nos employés et les mobiliser pour préparer l’année prochaine », poursuit-il.

Cet engagement devrait être communiqué prochainement à la Fédération des associations de parents d’élèves. Toutes les écoles sont-elles d’accord avec cela? En tout état de cause, la fédération représente près de la moitié des 5 800 établissements privés du Maroc. Vendredi dernier, après avoir rencontré des représentants des écoles, puis des représentants des parents d’élèves, le ministre de l’Éducation nationale a promis de plaider la cause du secteur.

Saaïd Amzazi prévoit de solliciter des subventions pour le personnel des écoles en difficulté (éducateurs, soignants, chauffeurs, cuisiniers, etc.). La Commission a-t-elle l’intention de proposer l’intégration parmi les bénéficiaires du fonds spécial de gestion de la pandémie? Les chefs d’établissement ne le croient pas.

« La loi ne le permet pas, car seules les entreprises dont le chiffre d’affaires a été affecté ont droit à une subvention du fonds. Nous ne le sommes pas, car aucun parent n’a retiré son enfant de nos écoles. Notre problème est dans la collection « , a déclaré Messaoudi. Malgré leur nature particulière et bien qu’elles fournissent un service public, les écoles sont toujours considérées comme des entreprises conventionnelles.

« L’Etat doit intervenir! »

Pour sortir de cette impasse, les patrons d’écoles en difficulté ne voient qu’une seule voie: dans cette situation exceptionnelle: « faire profil bas et laisser passer la vague ». En attendant, souscrire un emprunt sous garantie Damane Oxygène, lancé dans le cadre des mesures décidées par le Comité de veille économique. En même temps, ils demandent l’intervention du gouvernement pour prendre une décision fondamentale: donner aux institutions privées un statut spécial.

Une demande qui remonte à 20 ans et qui permettrait aux familles choisissant le secteur privé de faire une offre plus accessible. «La nouvelle loi-cadre sur l’éducation signifie que nous ne sommes pas considérés comme un partenaire mais comme un élément essentiel du système éducatif. La loi nous positionne en tant que prestataires d’un service public mais aussi en tant qu’espace public « , a déclaré le président de la fédération.

Selon lui, cela justifierait un traitement spécial. Messaoudi donne l’exemple de la France, où les écoles privées sont sous contrat avec l’Etat, avec des modèles différents. Dans l’un, les enseignants, qui représentent l’essentiel des coûts des institutions, sont remboursés par l’État. Cela réduit considérablement le fardeau des parents qui n’ont qu’à payer pour les services parascolaires.

D’autres pistes peuvent être explorées, comme les coupons éducation, qui sont également réclamés depuis de nombreuses années. Un parent qui décide d’abandonner la banque de son enfant pour l’école publique recevra alors un chèque scolaire qui lui permettra de payer une place dans une école privée. Selon la fédération, les frais de scolarité de 95% des établissements privés au Maroc sont inférieurs à 10000 DH, soit jusqu’à 1000 DH par mois. Ceux qui dépassent ce montant sont principalement installés dans l’axe Casablanca-Rabat.

En public, un élève coûte 7 000 DH par an au primaire, 7 800 DH au lycée et 11 700 DH au lycée, selon le ministère de l’Éducation. Une rétrocession de ces montants réduirait considérablement le fardeau des familles. Les parents sont punis deux fois aujourd’hui. Ils financent l’enseignement public avec des impôts dont ils ne bénéficient pas et sont tenus de payer les frais de scolarité dans le secteur privé. Une double punition avec des offrandes de monstres.

La loi-cadre prévoit également le modèle PPP, selon lequel l’État offre des avantages aux écoles qui, pour leur part, s’engagent à un cahier des charges précis avec des tarifs réglementés, ou deviennent des semi-établissements. public offrant une éducation gratuite, en particulier dans les zones rurales et suburbaines. S’ils étaient activés rapidement, les parents auraient un choix éducatif plus large et, plus important encore, plus accessible.

La crise de Covid-19 a révélé le niveau de colère des parents qui étaient agacés par une éducation trop chère. Surtout, cela nous rappelle l’urgence de la réforme, pour un système où les intérêts des étudiants sont placés au-dessus de toute autre considération.

« De nombreuses écoles ont fait des erreurs »

Les écoles privées ont mal géré la crise. Beaucoup ont fait des erreurs, à commencer par leur manque de communication. Par exemple, certains ont refusé d’accueillir les parents. Mais s’ils avaient fait preuve de pédagogie et étaient ouverts au dialogue, nous aurions eu moins de problèmes « , admet Moulay Saïd Messaoudi. Certains ont immédiatement entamé une lutte de pouvoir, menaçant les parents d’exclure leurs enfants en cas de non-paiement. Ils ont donc alimenté l’impasse. Comportement typique de certains profils de « moul chkara », ces capitalistes hard-core attirés par la rentabilité du secteur, mais sans aucun lien ni affinité avec l’éducation. Ils représentent plus de la moitié des propriétaires d’écoles.

« Nous ne bénéficions d’aucune aide ou exonération fiscale »

L’idée que les écoles privées bénéficient de subventions et d’exonérations fiscales est répandue. De leur côté, les écoles continuent de le nier. « Nous ne recevons pas d’aides d’État et nous ne bénéficions d’aucune exonération ou avantage fiscal. Nous payons tous les impôts sur les sociétés », ont déclaré des représentants de l’industrie. D’où est venue cette idée? « Cela remonte aux années 1970. À l’époque, la correspondance du Premier ministre demandait au ministère des Finances de suspendre les affaires fiscales. Mais les taxes ont toujours été en règle. Au départ, les écoles privées ont également reçu du matériel, comme des tables et même des enseignants. Dès que leurs prix ont commencé à augmenter, ce soutien a été supprimé à partir de 1975 », explique Moulay Saïd Messaoudi.

Internet, PC, tablettes … Offres de négociation pour les familles

L’enseignement à distance actuellement proposé n’en est pas vraiment un. Les écoles privées le reconnaissent. « Nous proposons principalement des cours à domicile », a expliqué le président de la FMEFP. La plupart des institutions se contentent d’envoyer des vidéos, des cours, des exercices … Peu d’entre elles mettent en place de véritables cours virtuels, assurent une réelle interactivité et respectent des horaires stricts. Il est donc impératif de passer par des plateformes professionnelles. Selon la fédération, des projets sont en cours pour fournir des plateformes et former des enseignants sur le terrain. La FMEFP négocie également avec les opérateurs télécoms et les établissements de crédit des offres d’abonnement Internet et des crédits d’achat d’équipements informatiques (PC et tablettes) à travers lesquels les familles, ainsi que les enseignants, s’équipent à prix réduits. Les écoles doivent également supporter une partie des coûts. La fédération promet d’annoncer des solutions la semaine prochaine.

Ahlam NAZIH