Accueil » News » Assurer une vie « propre » à votre équipement informatique

Assurer une vie « propre » à votre équipement informatique

  • par



@ Jerome Salort – PHOTOLIA

Les ordinateurs, imprimantes, téléphones portables et autres équipements électriques et électroniques (3E pour les amis) sont devenus les outils de travail quotidiens des entreprises. Si les services achats avaient l’habitude de choisir le meilleur matériau au meilleur prix, ils n’auraient pas attendu de questions sur la fin de vie de ce matériau. Cependant, de plus en plus d’entreprises sont intéressées par la gestion de leurs déchets et comptent sur des prestataires de services spécialisés pour recycler leur D3E conformément aux normes environnementales. La question écologique est loin d’être anecdotique. L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) estime que 1,7 million de tonnes de ces déchets s’accumulent chaque année en France, dont la moitié est produite par les entreprises. Les individus génèrent l’autre moitié, entre 13 et 16 kg par habitant et par an. Sauf que pour le ménage D3E, la dispersion dans la nature n’est plus nécessaire depuis le 15 novembre 2006. Un système de collecte et de traitement des déchets a été mis en place, conformément à la directive européenne de gestion du D3E du 27 janvier 2003, convertie en France le 20 juillet 2005. Il a donc fallu attendre fin 2006 pour quatre éco-organisations, constituées des les principaux fabricants étaient opérationnels. Les consommateurs sont apportés par le biais d’une éco-taxe appliquée aux produits achetés dans les supermarchés, grâce à la possibilité de retourner un ancien matériel pour traitement.

Approches bénévoles

En revanche, c’est presque un brouillard artistique pour les entreprises. « Le marché professionnel du traitement D3E sera tiré par celui des ménages », prédit Manuel Burnand, directeur environnemental de CFF Recycling, leader du marché du recyclage en France. En attendant, il n’y a pas de secteur spécifique pour les entreprises. Les initiatives de recyclage sont basées sur des approches proactives des services achats ou des services environnementaux, si elles existent. Le décret prévoit toujours que pour les D3E mis sur le marché après le 13 août 2005, les fabricants doivent en principe être responsables de l’organisation et du financement de l’élimination. Soit en adhérant à une éco-organisation agréée par le gouvernement (jusqu’à présent aucune éco-organisation agréée pour le D3E professionnel), soit en mettant en place son propre système de collecte et de traitement. Par exemple, l’acheteur peut déclarer qu’il s’occupe lui-même du recyclage. En d’autres termes, la règle est qu’il n’y a pas de règle. L’entreprise a carte blanche pour disposer de ses équipements informatiques en fin de vie, à condition que cela soit fait correctement. C’est-à-dire en confiant la gestion de ses déchets à un recycleur en devanture et en exigeant une traçabilité tout au long de la chaîne. Histoire de ne pas déplacer la pollution dans le monde en développement. En 2004, 70% des déchets électroniques dans les décharges de New Delhi provenaient de pays industrialisés!

Témoignage
« Le recyclage de nos déchets ne nous coûte rien! »

LUDOVIC GRANESE, directeur des achats de Generali France

Avec le lancement d’une grande campagne de communication environnementale en avril dernier, Generali a souhaité que son engagement pour la planète soit véritablement distinctif. Le premier projet de tour écologique à La Défense, qui s’achèvera en 2011, fait du deuxième groupe d’assurance en France un pionnier dans ce domaine. Créée fin 2006, la toute jeune direction des achats de Generali a dû traduire les priorités environnementales du groupe. L’un des premiers projets abordés a été la récupération d’équipements informatiques mis au rebut, auparavant confiés à des courtiers informatiques non étiquetés. « Pour un parc de 8 000 postes de travail, l’impact est loin d’être neutre, souligne Ludovic Granese, directeur des achats de Generali France. Nous avons retenu la société ATF pour sa maîtrise du flux logistique et la traçabilité totale du matériel traité, qu’il soit destiné à être revendu en tant qu’équipement remis à neuf ou pièce de rechange, ou détruit selon les normes européennes en vigueur, conformément à la « environnement. » Depuis septembre 2006, ATF a recyclé environ 500 équipements obsolètes pour Generali, dont 60% d’unités centrales, 25% d’écrans et 15% d’imprimantes. Et combien cela coûte-t-il? « Rien pour le momentLudovic Granese rit. Le service est «zéro coût» grâce à la valeur ajoutée générée par la revente de machines qui ont encore une valeur marchande. «  Comme quoi, la « récupération » est écologique et économique!

Les marchands de ferraille sont devenus recycleurs

À l’exception des grands comptes, qui consacrent un chapitre complet à leurs politiques de recyclage dans leur rapport de développement durable, très peu d’éléments filtrent les pratiques des entreprises dans ce domaine. « Aucun chiffre n’est disponible, regrette Alain Geldron, de l’Ademe. Peu de réflexion a été faite sur ce sujet, avec un groupe de travail mis en place en janvier par le ministère de l’Environnement et du Développement durable. Concrètement, l’entreprise peut faire appel directement à un recycleur spécialisé ou souscrire à l’option recyclage auprès de son équipementier informatique. Dell propose donc à ses clients un service de recyclage d’équipements usagés appelé ARS (Asset Recovery Services). « Nous proposons ce service depuis 2004, à partir de 20 unités vendues et pour un prix de 15 euros par machine », explique Laetitia Flahaut, responsable environnement chez Dell France. L’avantage est que la gestion est entièrement sous-traitée aux industries auditées par Dell, garantissant la traçabilité des déchets et le respect des normes environnementales. Pour les acheteurs qui préfèrent s’adresser directement aux recycleurs, ils sont principalement regroupés dans la Fédération de Récupération, Recyclage et Récupération (Fédérée), à ​​l’exception notable du numéro un, CFF Recycling. En 2005, la Fédération a également publié un livre blanc sur le D3E pour expliquer le fonctionnement d’un secteur qui, malgré une professionnalisation accrue, est resté très discret. Parce que les vieux marchands de ferraille devenus recycleurs n’ont rien de nouveau sur le terrain, minés par des restrictions environnementales. Depuis la loi de 1975 sur l’élimination des déchets, qui a vigoureusement introduit la notion de recyclage, la profession de « ferraille » a progressivement pris une dimension environnementale. Les entreprises qui avaient auparavant travaillé dans un espace de liberté totale ont dû s’adapter à un cadre juridique, avec la clé de l’industrialisation et de la modernisation. Renforcer la législation aide, cette profession, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros en 2005, s’est structurée en profondeur ces dernières années. Le secteur investit annuellement 350 MEuros, soit 5% de son chiffre d’affaires, dans des grues, presses, broyeurs et autres équipements lourds. « Le recyclage est un processus industriel complexe qui nécessite des investissements importants et de grandes ressources logistiques », confirme le directeur environnemental de CFF Recycling, dont le chiffre d’affaires en 2006 a atteint 2 milliards d’euros. Le plus petit appareil doit d’abord être désossé. Cependant, un téléphone mobile contient entre 500 et 1 000 composants. Et des imprimantes aux ordinateurs de bureau, chacune contient un inventaire Prévert de cartes plastiques, métalliques ou électroniques disparates.

Bien évaluer l’infrastructure informatique

En amont, afin d’optimiser les conditions et les coûts de retrait et de retraitement des différents types d’équipements, il est essentiel de déterminer l’infrastructure informatique, son âge, sa composition, mais aussi le degré de confidentialité des données stockées sur le disque dur. . Parce que, comme recommandé dans le Livre blanc fédéré: « Au moment de la suppression, il est important d’effacer toutes les données stockées sur le disque de l’ordinateur et donc de choisir correctement la méthode de suppression: reformater un disque (par exemple, en utilisant la commande reformater Windows) n’est pas la même chose que supprimer un Il s’agit de proportionnalité de l’efficacité de la méthode d’effacement avec le degré de confidentialité des données sur un disque dur.. « 

En outre, le prestataire de services choisi doit être en mesure de garantir la traçabilité du matériau tout au long du processus de traitement et de récupération, c’est-à-dire avec des certificats de destruction ou des fiches d’inspection pour chaque appareil (BSDI, bande de contrôle des déchets industriels). L’idéal est de sécuriser les services d’un prestataire capable de prolonger la durée de vie des appareils en leur donnant une seconde vie, grâce à un reconditionnement ad hoc, puis en les redistribuant à, par exemple, des associations caritatives. Cela revient à tuer deux oiseaux avec une pierre: se débarrasser d’un équipement obsolète tout en faisant du « social ». Prolonger la durée de vie d’un ordinateur est plus respectueux de l’environnement que de le recycler pour en produire un autre. Parce que nous ne savons pas toujours que pour produire un ordinateur, nous avons besoin de 240 kg d’énergie fossile, 22 kg de produits chimiques et 1,5 tonne d’eau, selon l’étude d’une équipe scientifique mandatée par l’ONU. Ou, en proportion, plus que pour la production d’une voiture, qui a cependant une bien pire presse chez les écologistes. Cela encourage les fabricants d’ordinateurs à utiliser les composants de leurs produits dans le domaine de l’éco-conception. HP a même réalisé un prototype d’imprimantes dont la coque est en bioplastique extrait de maïs!

Greenpeace note les fabricants de haute technologie

En décembre dernier, Greenpeace a publié son premier « Guide to Responsible High-Tech », qui passe en revue les politiques environnementales des 14 principaux fabricants mondiaux d’ordinateurs et de téléphones portables.

Afin d’atteindre sa liste de prix, l’organisation environnementale a collecté les informations publiques disponibles sur les sites Internet des fabricants et sélectionné deux critères principaux. D’une part, l’élimination des plastiques (polychlorure de vinyle, dit PVC) et des produits chimiques dangereux dans leurs produits (« retardateurs de flamme bromés » appelés BFR); d’autre part, la récupération et le recyclage des équipements usagés. Verdict: aucune des 14 entreprises n’obtient leur «label vert»; et 9 obtiennent des scores inférieurs à la moyenne. Dans ce classement, Dell et Nokia semblent être de bons élèves, chacun avec un score de 7 sur 10. « Ces deux sociétés sont convaincues que les producteurs ont la responsabilité individuelle de reprendre, réutiliser ou recycler les déchets », Note Greenpeace. Le fabricant finlandais Nokia a supprimé les matériaux en PVC de tous ses nouveaux modèles de téléphones depuis fin 2005. Il prévoit de faire de même pour les RFB à partir de 2007. Par conséquent, il est décrit comme un pionnier dans le domaine par le rapport de l’organisation. Dell s’est également fixé des objectifs ambitieux pour éliminer ces deux types de matières dangereuses. Suivez Sony Ericsson et Samsung, avec des scores de 5,7 et 5 sur 10. En revanche, Greenpeace n’a pas attribué la moyenne à Sony (4,7), LG (4,3), Panasonic (3,3), Fujitsu Siemens (3), Toshiba (3 ), Apple (2,7), Acer (2,3), Motorola (1,7) et Lenovo (1,3). Ce dernier devrait améliorer tous les critères, même s’il présente des points positifs pour la mise en place d’un programme de relance volontaire.