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Goussainville: mobilisation générale pour prévenir le décrochage scolaire

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L’apprentissage à distance, Shean, 13 ans, ne l’a pas vu depuis deux mois et demi. Pas de tablette ni d’ordinateur dans l’appartement familial de Goussainville, de ce 4ème étudiant SEGPA. Un seul téléphone portable était disponible pour les «visions» avec les professeurs des quatre frères et sœurs. « Il était déjà en difficulté, il a complètement abandonné … Je ne pouvais pas aller en cours et travailler en même temps », soupire Marie, sa mère de 33 ans.

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Sous un soleil radieux, l’adolescent est venu chercher une tablette numérique dans son collège de Robespierre jeudi, où une distribution à vingt familles a été organisée. Au total, 114 seront offerts dans les quatre collèges de la municipalité, en plus des 632 tablettes qui sont achetées et distribuées par le Conseil de faculté dans l’ensemble du département.

« Attraper »

Le ministre de la ville, Julien Denormandie, a lui-même fait le déplacement pour l’occasion. Ils ont été acquis grâce au fonds de 10 millions d’euros créé pour l’achat d’équipements numériques pour les quartiers prioritaires. « Cela nous a permis d’acheter 2 400 tablettes », explique Sébastien Jallet, sous-préfet pour l’égalité des chances. La moitié est destinée aux villes éducatives et l’autre aux 35 autres branches classées REP et REP + ».

Océane, 13 ans, Aurélia, Marie et Shean, 13.LP / V.T.
Océane, 13 ans, Aurélia, Marie et Shean, 13.LP / V.T.

Ces cadeaux sonnent comme une bénédiction pour les familles. « Si seulement nous pouvions nous permettre de les acheter nous-mêmes », a expliqué Aurélia, 37 ans, déçue. La mère de quatre enfants accompagnait sa fille Océane, 13 ans, élève de 5e. Elle n’a également pris que partiellement des cours à distance, sans aucun équipement informatique à la maison. « Elle n’aurait pas pu faire le devoir comme les autres », souligne Aurélia. Avec la tablette, j’espère qu’il pourra revenir et rattraper son retard. « 

« J’ai des amis qui ont complètement perdu du poids »

Alexander a eu du mal à préparer son retour en deuxième année en allant à l’université. « Je suis venu chercher les copies et les devoirs. « Je n’ai pas d’ordinateur, je n’ai pas d’imprimante à la maison », explique le jeune de quinze ans. Tout ce que je pouvais faire, c’était une vidéoconférence avec mon smartphone. J’ai des amis qui ont complètement perdu du poids. « 

Néanmoins, les équipes pédagogiques ont contacté «toutes les familles», exhorte la directrice d’Angélique Sanze à identifier les besoins et les raisons du manque de nouvelles de certains élèves. Un métier ennuyeux, ennuyeux, associé à des associations, relais incontournables sur le terrain.

Prêts informatiques et leçons téléphoniques

Avec son association AVERROES, Bilaly Sacko, 34 personnes ont fait des photocopies, emprunté des ordinateurs ou aidé à faire leurs devoirs par téléphone. « Nous avons soutenu les familles dont nous nous occupons en temps normal par nos actions », dit-il. Les besoins sont nombreux sur le territoire. « 

Madja Ben Fredj, responsable d’Empreinte, a créé des boucles WhatsApp pour suivre les ménages en difficulté, connaître les besoins de chacun, faire ses devoirs … « 70% des familles avec lesquelles nous travaillons nous ont donné des nouvelles », il dit. -elle. Pour d’autres, il existe un risque réel que les enfants prennent encore plus de retard. « 

Ceux qui, en dehors des radars, Xavier Fortas, qui sont en charge des « Marchands du cœur », les appellent « l’invisible ». «Ils vivent dans des hôtels sociaux, parfois sept sur 15 m². Les parents parlent ou parlent souvent mal le français et ne peuvent pas aider leurs enfants. La situation est dramatique, s’inquiète-t-il. Nous devrons nous organiser pour les mettre à jour cet été. « 

« L’incarcération a révélé des inégalités »

LP.V.T.

Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, souligne que les élèves des quartiers prioritaires devraient recevoir suffisamment de matériel et espère que les efforts se poursuivront cet été.

Comment garantir la continuité de l’éducation dans les quartiers prioritaires?

Julien Denormandie. L’une des raisons de l’abandon dans ces domaines est la fracture numérique. Nous avons créé un fonds de 10 millions d’euros pour permettre aux autorités locales d’acheter le matériel nécessaire aux familles identifiées par l’éducation nationale. Ce programme complète les tablettes déjà proposées par les départements ou les régions.

Certaines familles éprouvent des difficultés autres que le simple manque de matériel …

Les obstacles, tels que le matériel informatique, empêchent les élèves de suivre correctement les cours, nous les avons supprimés. Des difficultés existent à domicile, l’incarcération a mis en évidence des inégalités sociales. L’éducation nationale réalise des dentelles avec l’aide d’associations pour identifier les foyers en difficulté. Nous avons également ouvert un fonds de 1 million d’euros pour subventionner des structures qui contribuent à la continuité de l’éducation.

Les étudiants sont loin derrière. Le travail devrait-il continuer cet été?

La meilleure façon de les suivre est de retourner à l’école. J’ai remarqué que les enfants retournent à l’école avec le sourire et le plaisir de rencontrer leurs professeurs. Cet été, nous pensons à des solutions qui offrent à la fois un soutien pédagogique et des loisirs éducatifs aux enfants qui ne peuvent pas partir en vacances.