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Coiffeurs, esthéticiennes, garagistes … Pourquoi certains services coûtent-ils un peu plus cher avec la crise sanitaire?

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Certains coiffeurs l’appellent « Protection contre le covid ». D’autres esthéticiennes préfèrent le baptiser « Sanitaire ». Quel que soit le nom, il peut augmenter le prix d’une coupe, d’une épilation ou d’une coloration. Entre deux et cinq euros supplémentaires. «Il faut facturer trois euros de plus dans mon salon», explique Christian Navarre, coiffeur à Limoges.

Ce supplément permet aux salons de coiffure et aux salons de beauté compenser leurs commandes de visières, masques, fenêtres en plexiglas, peignoirs jetables ou gels hydroalcooliques. Un équipement indispensable pour accueillir les clients dans les meilleures conditions sanitaires, au milieu d’une épidémie du nouveau virus corona.

Des milliers de masques ont été distribués à Limoges aux coiffeurs du Limousin

Couvrir le coût de la plomberie

« Les coiffeurs limousins ​​ont investi en moyenne 500 euros chacun dans ce matériel. Nous passons également beaucoup plus de temps à désinfecter entre chaque client. Nous n’utilisons plus de bacs à shampooing ou de postes de coupe côte à côte. L’espace et le temps de travail se réorganisent », poursuit Christian Navarre, également président de l’Union nationale des entreprises de coiffure (UNEC) en Limousin.

Écouter la légère hausse des prix n’est pas un moyen d’augmenter leurs ventes, écoutez les coiffeurs et les esthéticiennes.  » Cela ne couvre que les frais engagés pour l’installation du kit de plomberie. Les coiffeurs, qui travaillent très près des clients, doivent être très bien équipés », résume Delphine Nexon, secrétaire générale de l’UNEC Limousin. « La plupart n’ont pas beaucoup d’argent. De plus, ces achats ont été effectués lors d’une période de clôture (*) où ils n’ont enregistré aucun revenu. « 

Un ajout à la fin de la crise sanitaire?

Ajoutez à cela la baisse drastique des clients dans les petits salons de coiffure, pour renforcer la distance sociale. «En aucun cas les coiffeurs n’augmentent leurs prix à cause de cette perte de clientèle. Encore une fois, ce n’est que pour compenser l’achat d’équipement de protection. L’excédent doit s’appliquer tant qu’il est nécessaire de s’équiper Précise Christian Navarra.

La rareté se poursuit sur les chapeaux de Peyrat-de-Bellac

Mais tous les professionnels n’ont pas choisi d’augmenter la facture.  » Ce serait une double amende pour les clients, qui ont peut-être perdu tous leurs emplois dans cette crise sanitaire. Ce n’est pas de leur faute s’il y a une crise sanitaire. Ils n’ont plus à le supporter. Ma conscience ne me permet pas de leur faire payer une trousse de santé. Je préfère prendre ma responsabilité », explique Simone Moulai, directrice de l’institut de beauté éponyme de Limoges.

Au garage pas de gros changement pour l’équipement …

La même sonnerie retentit avec la plupart des propriétaires de garage, obligés également d’aménager des zones d’accueil ou de nettoyer davantage les véhicules. « Pas beaucoup de changements. Nous avons déjà utilisé des gants et des systèmes de retenue dans les voitures, Comme les couvertures, pour ne pas les salir. Nous avons principalement dû acheter des masques, des marquages ​​et des écrans en plexiglas. Cela ne pèse rien dans le budget « , a expliqué Abdelkader Abboub, directeur du Centre de maintenance automobile de Limoges et de Citroën à Cieux.

Pour ces derniers, l’équipement de protection coûte environ 1 200 euros.  » C’est une somme qui est rapidement absorbée. Cela ne sert à rien de facturer les clients. Enfin, la méthode de travail en particulier change. Seul le moyen de désinfecter le véhicule pourrait augmenter les coûts de réparation finaux.

… probablement un peu plus pour l’auto-désinfection

«En termes d’équipement, les propriétaires de garage avaient déjà beaucoup de protection avant. Il ne fallait plus nécessairement se reposer », souligne Thierry Benteyn, directeur Nouvelle Aquitaine du Conseil national des métiers de l’automobile (CNPA).« En revanche, ils peuvent passer plus de temps à désinfecter la voiture, à l’entrée et à la sortie du garage. Tout en utilisant de nouvelles machines ou de nouveaux produits. Selon le temps passé et le processus utilisé pour cette désinfection, cela peut affecter le prix. « 

Masques chirurgicaux: de la richesse à la pénurie dans les pharmacies, comme à Oradour-sur-Glane

Un décret publié au Journal officiel réglemente le prix des masques chirurgicaux jusqu’au 10 juillet, date de la fin de l’état de santé, en les limitant à 0,95 cent par unité. Cependant, un prix nettement plus élevé qu’avant la crise sanitaire, lorsqu’un masque est vendu pour moins de 10 cents.

Une époque où la question n’était pas vraiment la même.  » Nous avons très rarement vendu. Quand c’était le cas, les masques n’étaient pas achetés séparément, mais en boîtes de 50 ”, explique un pharmacien d’Aixe-sur-Vienne.

Vendus en petits pains pendant quelques semaines, les masques chirurgicaux sont courts. La production ne suit plus le rythme effréné de la demande. «Nous avons eu du mal à nous approvisionner en France et avons dû chercher à l’étranger. Pendant un moment, c’était très compliqué de l’obtenir. Il n’y avait presque pas de masques sur le marché mondial. C’était un produit rare  », explique Jean Cathalifaud, pharmacien à Oradour-sur-Glane.

Une rareté synonyme de prix d’achat élevé. Une augmentation où les pharmaciens doivent également vendre des masques plus chers. « Nous avons pas le choix. Sinon, nous les vendrions à perte Confirme le pharmacien d’Aixe-sur-Vienne. Et Jean Cathalifaud a ajouté: «Nous aussi, nous avons souffert. Nos marges sont extrêmement faibles. « 

Quant aux masques grand public en tissu, leur prix n’est pas encadré. Ils se vendent environ cinq euros chacun pour un masque lavable 10 fois. Comptez entre 8 et 9 euros pour un masque lavable 50 fois. Cependant, il ne peut pas être comparé au « front Covid-19 ». « C’est un nouveau produit que nous n’avions pas auparavant », souffle Jean Cathalifaud. «Les prix varient énormément d’un vendeur à l’autre. Ils dépendent du fournisseur, du nombre de lavages ou des normes avec lesquelles il est fabriqué. « 

Autre fleuron de la crise sanitaire: gel hydroalcoolique. Les prix, encadrés par l’Etat et variables en fonction de la taille des bouteilles, n’ont pratiquement pas changé. «Contrairement aux masques chirurgicaux, nous étions beaucoup moins dépendants des fournisseurs pour les obtenir. Nous pouvons même le faire nous-mêmes », explique le pharmacien d’Aixe-sur-Vienne.

La multitude de producteurs locaux, beaucoup plus nombreux que ceux qui fabriquent des masques chirurgicaux, a également aidé les pharmaciens à trouver facilement du gel hydroalcoolique. Et ainsi éviter une nouvelle pénurie.

Thibaud Delafosse