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Les entreprises françaises craignent pour leurs importations « made in China »

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Une usine de chaussures en Chine (image). – AP / SIPA

  • Deuxième fournisseur français, la production chinoise est actuellement paralysée par l’épidémie de coronavirus.
  • Certaines entreprises françaises connaissent déjà des interruptions d’approvisionnement, avec des signes précoces d’informatique. Les secteurs de l’électroménager et de l’habillement se méfient.
  • Compte tenu des longs délais de livraison habituels pour les produits chinois, la situation ne devrait pas disparaître avant plusieurs semaines.

Avec plus de 1 000 décès et 40 000 infections en Chine, l’épidémie de coronavirus continue de paralyser «l’usine du monde». L’arrêt des réseaux de transport et les restrictions de circulation ont mis certains Chinois au chômage technique. Et derrière cela, c’est toute l’activité mondiale qui a été interrompue.

La France est également préoccupée. Selon le dernier bilan du commerce extérieur publié lundi, la Chine était le deuxième plus grand fournisseur de l’hexagone après l’Allemagne. La France importe plus qu’elle n’exporte vers la Chine, portant le déficit commercial français à 39,3 milliards d’euros en 2019 par rapport à l’Empire du Milieu. Dans un tel contexte, l’offre ralentit de nombreux produits « made in China » pouvant rapidement poser problème.

Incertitudes avec les revendeurs informatiques

C’est déjà le cas dans le secteur informatique. « Nous avons de nombreuses commandes dont les délais de livraison ne sont plus indiqués », a expliqué Hubert de Reilhac, fondateur de HCR Sales. Cette entreprise de revente de matériel informatique fournit aux entreprises des ordinateurs, des écrans et même des serveurs. Difficile, selon le concessionnaire de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), de rater la Chine avec certains équipements informatiques, car le pays conserve une place importante dans la production de nombreux composants. « Nous devons savoir cette semaine si les usines vont reprendre », a déclaré l’entrepreneur. Plus il faudra de temps pour reprendre la production, plus les délais de livraison seront longs.

Pour le moment, l’économie chinoise ne s’est que partiellement rétablie. Selon Reuters, une seule des deux usines de Foxconn, le principal fournisseur d’Apple d’Apple, a rouvert ses portes en Chine à Zhengzhou. Huawei et le Le sud-coréen Samsung a annoncé qu’il reprendrait ses travaux.

Les appareils électroménagers attendent

Toujours au niveau de la haute technologie, ainsi que dans le domaine de l’électroménager, les grandes marques affirment maîtriser la situation mais se méfient. « Nous suivrons l’évolution de la situation dans les prochaines semaines », a expliqué Fnac Darty. Pour l’instant, la marque parvient à gérer l’offre car elle anticipe «l’effet du nouvel an chinois», habituel durant cette période. En effet, c’est pendant la période des fêtes, et donc le ralentissement habituel de l’activité chez les Chinois, que l’épidémie de coronavirus s’est propagée.

Le groupe des marques d’appareils électroménagers (Gifam) estime qu ‘ »il est trop tôt pour savoir si l’épidémie de coronavirus aura un impact sur le marché des appareils électroménagers », et donc sur la vente de réfrigérateurs, lave-vaisselle et autres équipements. Il affirme ne voir « aucun signe de perturbation » à ce sujet pour le moment. Les stocks sont effectués en cycles de huit semaines [alors que l’épidémie ne bloque le pays que depuis la mi-janvier] en ce qui concerne le mobilier et l’électroménager », explique Jean-Charles Vogley, secrétaire général de Fenacerem et Fnaem, deux fédérations représentant respectivement des distributeurs spécialisés de produits électroniques, ainsi que les grandes marques de meubles présentes en France (Ikea, But, Conforama …). Si ces termes semblent tenables pour le moment, il sera particulièrement attentif à l’évolution future de l’épidémie.

Imprimer sur les principales marques de vêtements

Une autre industrie en première ligne, le textile. Bien qu’en baisse constante, la part des produits du secteur importés en Chine ou à Hong Kong en France atteignait encore 29% en 2017. La Fédération nationale de l’habillement (FNH), qui déclare les commerçants indépendants du secteur, ne constate aucun problème d’approvisionnement. Une situation qui reste normale en raison du temps d’attente moyen – compté en mois – pour recevoir les livraisons, précise la FNH.

En réalité, la pression est du côté des plus grandes marques de vêtements. «La Chine reste un fournisseur très important dans notre secteur. Si les usines ne prennent pas le relais maintenant, il y a un risque de problèmes de livraison « , a expliqué Yohann Petiot, représentant général de la Fédération des entreprises du vêtement, qui regroupe de nombreuses marques de mode. Ces marques pourraient être cruciales pour les semaines à venir.



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