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« Si un euro est dépensé pour la santé, où va-t-il? »

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Invité du matin d'Europe 1, Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou et maire LR de La Garenne-Colombes, est revenu sur le plan de santé du gouvernement. Il a proposé plusieurs mesures pour répondre à la crise hospitalière, notamment l'augmentation du remboursement des prestataires de soins.


© THOMAS COEX / AFP
Invité du matin d’Europe 1, Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou et maire LR de La Garenne-Colombes, est revenu sur le plan de santé du gouvernement. Il a proposé plusieurs mesures pour répondre à la crise hospitalière, notamment l’augmentation du remboursement des prestataires de soins.

Le gouvernement lance lundi matin le «Ségur de la santé», un nouveau plan pour mettre fin aux années de famine à l’hôpital public. Après quelques semaines de lutte contre le coronavirus, les prestataires de soins attendent beaucoup de cette initiative, notamment en termes de récompense. Au micro d’Europe 1, Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou et maire LR de La Garenne-Colombes, prévient: « Nous n’attendons pas encore un autre plan de communication ».

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Prendre des mesures « immédiates et à court terme »

« Nous ne voulons pas non plus d’un nouveau grand débat qui crée beaucoup d’espoir, puis beaucoup de désespoir », a déclaré le microphone européen 1, Philippe Juvin. Selon le médecin, il est nécessaire de prendre des mesures « immédiates et à court terme », avec une augmentation du salaire du personnel infirmier. Il est également nécessaire de « pourvoir les postes vacants ».

«Dans tous les hôpitaux en France, il y a des services qui ne peuvent pas ouvrir ou des ailes d’hôpitaux entières qui sont fermées parce qu’il n’y a pas d’infirmières», explique Philippe Juvin. « Et puis il y a aussi des services sans médecins », poursuit-il.

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« Vous vous dites que les conditions de travail sont plutôt mauvaises »

Pourquoi les fonctions n’ont-elles pas été remplies? « Les remboursements et les conditions de travail sont insuffisants et difficiles », répond le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou et prend l’exemple du matériel informatique « , avec l’impression qu’il remonte au paléolithique ».

L’organisation administrative de l’hôpital est également problématique, selon Philippe Juvin. « Si vous passez beaucoup de temps sur des problèmes administratifs après 15 ans de formation médicale, vous vous dites que les conditions de travail sont plutôt mauvaises », a-t-il expliqué.

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« Nous avons des services publics essentiels au lien social et à la survie du pays »

En plus d’augmenter la rémunération et le recrutement des prestataires de soins, Philippe Juvin confirme que des mesures « susceptibles d’améliorer le pouvoir d’achat » devraient résulter du Ségur de la Santé. Par exemple, le maire de La Garenne-Colombes suggère d’encourager les élus locaux à construire des logements sociaux réservés aux agents de santé dans les zones denses.

« Si un euro est dépensé pour la santé, où va-t-il? », S’interroge Philippe Juvin, qui estime que cette question est centrale et pose un problème « plus généralement en France ». « Nous avons des services publics essentiels aux liens sociaux et à la survie du pays », a expliqué le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou. « La question à se poser est de savoir s’ils sont efficaces. »