Pékin interdit le matériel informatique étranger dans ses administrations

Une réponse au blocus américain sur les technologies chinoises, dans un contexte de guerre commerciale entre les deux puissances.

Les puces Intel, fabriquées aux États-Unis, ne pourront plus équiper les ordinateurs de l'administration chinoise.
Les puces Intel, fabriquées aux États-Unis, ne pourront plus équiper les ordinateurs de l’administration chinoise. Mike Blake / REUTERS

Le gouvernement chinois devra se passer d’ordinateurs fabriqués par Dell et HP et trouver une alternative au système d’exploitation Windows pour se conformer à une nouvelle directive de Pékin l’obligeant à utiliser des équipements conçus et fabriqués en Chine. Le gouvernement a donné à son administration trois ans pour modifier son infrastructure informatique, qui devrait désormais être exempte de matériel étranger, rapporte le Financial Times.

C’est la première fois que la Chine réagit si fortement aux mesures protectionnistes que les États-Unis ont prises contre elle. Après avoir augmenté les tarifs sur divers produits chinois, le président américain Donald Trump a interdit aux entreprises de télécommunications américaines d’acheter du matériel à la société chinoise Huawei en mai. Jusqu’à présent, la Chine n’a augmenté les taxes que sur les produits de ses concurrents.

Désormais, les entreprises américaines seront privées d’un immense marché étranger: selon les experts cités par le Financial Times, ce décret, qui sera mis en œuvre progressivement, nécessitera le remplacement de 20 à 30 millions d’appareils. En 2020, 30% des machines seront changées initialement, 50% l’année suivante et en 2022 les 20% restants.

Peu d’alternatives

Les services publics chinois utilisent déjà des ordinateurs prioritaires construits par Lenovo, qui a acheté la division informatique de IBM en 2005. Cependant, ces machines sont principalement équipées d’un système d’exploitation développé par une entreprise américaine, que ce soit Apple OS d’Apple ou Windows de Microsoft. Ils devront donc se rabattre sur une alternative nationale qui reste à déterminer. De plus, si de nombreux ordinateurs sont aujourd’hui assemblés en Chine, plusieurs de leurs composants proviennent de l’étranger, comme les processeurs de l’Intel américain et les disques durs du Samsung coréen.

Cette mesure n’est pas nouvelle et faisait partie de la loi chinoise sur la cybersécurité de 2016, qui a resserré le contrôle de Pékin sur Internet chinois et contraint les entreprises étrangères à coopérer avec les autorités pour opérer en Chine. Mais la montée des tensions douanières entre la Chine et les États-Unis a accéléré la mise en œuvre.