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Les entreprises vont-elles vraiment suivre la voie de la délocalisation après le coronavirus?

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C’est le mot qui a été demandé pendant des semaines: bouger. La dépendance à l’égard de larges pans de l’industrie française et, plus généralement, des pays européens, de la Chine et de l’Asie du Sud-Est, a été fortement accentuée par la crise corona. Mais les entreprises ont-elles intérêt à évoluer sur le long terme? Est-il utopique de penser que la crise sanitaire va tout changer? Décryptage graphique et avec notre invitée: Sarah Guillou, économiste à l’OFCE.

Dans quels secteurs la dépendance de la Chine est-elle la plus forte?

Un chiffre clé: 12,7%. C’est ici Part des marchandises exportées par la Chine dans le total des exportations de marchandises vers le monde, selon les données de l’Organisation mondiale du commerce. Et les produits manufacturés représentent 93% de ces produits exportés par la Chine.

La dépendance vis-à-vis de l’industrie européenne est devenue particulièrement apparente à travers la crise sanitaire dans plusieurs domaines: équipements de protection médicale et textiles, avec masques, dans l’industrie chimique et pharmaceutique (plus de la moitié des principes actifs des médicaments sont produits en dehors de l’UE, principalement en Inde et en Chine), dans le secteur des composants électroniques, informatiques et bureautiques, et plus ou moins clairement selon les pays, dans le secteur automobile (notamment L’Allemagne est touchée).

Le déménagement est-il en cours?

En Europe, le déplacement est un problème économique, industriel et politique depuis des années. Entre 2015 et 2018, la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail a été adoptée 253 cas de renvoi. Les pays les plus représentés sont (dans l’ordre) Royaume-Uni, Italie, France, Danemark et Norvège. L’Allemagne n’arrive qu’en 6e place.

Le principal pays où ces sites étaient situés est la Chine avec 76%. Certaines des raisons qui ont poussé ces entreprises à déménager comprennent: la volonté de raccourcir les délais de livraison et d’améliorer la qualité des produits.

En France, La Direction générale des entreprises (DGE) avait établi entre 2014 et 2018 que 98 cas de réinstallation sur le territoire national, principalement dans la métallurgie, l’industrie agroalimentaire, la production de produits électroniques et optiques, puis dans le secteur textile, l’habillement et enfin uniquement dans la production de machines et équipements.

Les entreprises ont-elles intérêt à déménager?

Est-ce que davantage d’entreprises se dirigent vers des secteurs stratégiques après la crise des coronavirus? Si l’intérêt pour une urgence sanitaire est clair, les entreprises suivront-elles au milieu d’une crise alors que les ventes chutent et risquent de perdre certains avantages concurrentiels? Rien n’est moins sûr.

« Si les coûts salariaux ont été la principale raison de la délocalisation, il n’y aura pas de coûts salariaux équivalents en Europe« , une analyse Sarah Guillou, économiste à l’OFCE. Mais ce dernier n’est pas le seul motif de délocalisation. « La question est de savoir si ce que l’entreprise a fait ailleurs peut être produit sur le marché intérieur à des coûts comparables. Évidemment, cela réduira les coûts logistiques s’il vend sur le marché européen (…), de sorte que cela puisse être compté en ligne dans le calcul, mais si ce n’est pas l’intention de produire sur le marché européen, il vaut mieux qu’il restera sur le marché asiatique, tout dépend donc de sa stratégie et de son marché. «