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Salomé Berlioux: « Faire des zones rurales une priorité collective »

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Donnez à tous les élèves la possibilité de construire un avenir. Avant le début de la crise pandémique, c’était la mission Pathways to the Future. Mais maintenant que le Covid-19 a creusé les déséquilibres entre les zones, il ne reste plus qu’à laisser de côté les jeunes ruraux, selon le président de l’association, Salomé Berlioux.

Covid-19 n’affecte pas seulement notre viande. Elle renforce également les inégalités. L’injustice que vous combattrez sur les voies de l’avenir sera-t-elle encore plus grande dans les mois à venir, notamment à cause de la fracture numérique?

L’impact de l’incarcération est et continuera d’être important pour les jeunes: dans un contexte où les lycéens et lycéens n’ont pas accès à leurs établissements d’enseignement, les inégalités sociales et géographiques sont généralement accentuées.

Les élèves des zones rurales et des petites zones urbaines ne sont pas épargnés par cette tendance.
Par exemple à cause de la fracture numérique: zones blanches, connexion limitée, équipement informatique insuffisant pour pouvoir suivre des cours à distance tous les jours dans de bonnes conditions.

Salome Berlioux (Président de Chemins d’avenirs)

Et puis parce que les familles ne sont pas toutes sur un pied d’égalité pour faciliter le maintien des liens scolaires, sans parler des inégalités de logement.

J’y pense aussi orientation. Les données montrent que les élèves des zones rurales et des petites villes ont une orientation plus limitée que ceux des grandes villes.

Photo Christophe Masson

Ces choix plus limités peuvent être partiellement contrecarrés par des travaux menés au sein des institutions et associant des acteurs extérieurs: collectivités locales, entreprises, associations … Cependant, au printemps 2020, ce travail de terrain ne sera pas autorisé, même si le personnel de l’Éducation nationale était en poste. distance présente.

ODe plus, on ne peut exclure les choix opérés par ce contexte de crise, qui inquiète légitimement les familles, notamment en ce qui concerne leurs enfants qui vont étudier dans une grande métropole en septembre.

Dans «l’au-delà», peut-on espérer que les personnes les plus touchées par l’incarcération seront davantage suivies?

Une crise de cette ampleur secoue nécessairement les cartes. Reste à savoir lequel … Il y a un risque: que l’énergie et les ressources qui seront capturées demain soient largement concentrées sur les grandes villes. Il est normal de les considérer avec une attention particulière, la crise sanitaire étant particulièrement intense, par exemple en Ile-de-France.

Il n’est pas seulement nécessaire de consulter la carte médicale.

Salome Berlioux (vide)

Les zones rurales et les petites villes s’affaiblissent et continueront de s’affaiblir au printemps 2020, économiquement et socialement. Pourquoi ne pas profiter du contexte pour faire de ces espaces une priorité collective du « prochain monde », s’il existe?

Pendant l’incarcération, les étudiants et les enseignants ont dû s’adapter aux outils numériques pour maintenir l’apprentissage à distance. La généralisation de cette méthode peut-elle alors être bénéfique pour les jeunes ruraux?

La transmission en direct, au contact des jeunes, est dans l’ADN de la profession enseignante. La distance leur imposait donc de lourdes restrictions. Les histoires des directeurs d’école et des inspecteurs d’école avec qui je communique régulièrement dans le cadre de Pathways to the Future sont instructives à cet égard. Ils saluent tous le dévouement et les capacités d’innovation de leur personnel.

Photo Agnès Gaudin

Ceci est d’autant plus remarquable que la France ne peut pas être considérée comme un brillant étudiant en matière d’utilisation du numérique à des fins pédagogiques … Une enquête de l’OCDE l’a récemment rappelé: seuls 56% des enseignants ont les compétences techniques et pédagogiques nécessaire pour intégrer la technologie numérique dans l’éducation, bien moins que la moyenne de l’OCDE.

De même, pas plus de 35% des écoles ne disposent d’une plate-forme efficace pour soutenir l’apprentissage en ligne, encore une fois bien en deçà de la moyenne des autres pays.

Le besoin de formation est donc important pour libérer le potentiel de la technologie numérique.

Salome Berlioux (vide)

On le voit clairement avec des appareils comme ceux des campus connectés: le numérique est une solution importante pour accompagner les jeunes loin d’être formés. Gageons que la crise sanitaire a fait en sorte qu’un plus grand nombre d’acteurs publics et privés en sont convaincus et agissent avec plus de vigueur.

L’économie française traverse une crise majeure. Y a-t-il un risque que les jeunes de la périphérie se détournent des études pour des raisons financières?

Ce serait un calcul compréhensible à court terme, mais peu rentable à moyen terme. Selon le démographe Hervé Le Bras, les difficultés se renforcent mutuellement dans certaines zones vulnérables: les jeunes sans qualification risquent plus de chômage, les chômeurs sont plus pauvres que la moyenne, le chômage est une fermentation de la dissolution des liens sociaux et familiaux, ce qui conduit à une multiplication des familles monoparentales, dont 35 % Sous le seuil de pauvreté …

En ce sens, il me semble crucial d’encourager vos enfants à poursuivre leurs études.

Salome Berlioux (vide)

Cela ne signifie pas nécessairement de longues études ou « hors sol ». Vous pouvez très bien choisir un parcours professionnel adapté aux enjeux de votre territoire. De nombreuses familles font ce choix.

La pandémie a conduit de nombreuses personnes à se remettre en question. Par exemple, certains envisagent de quitter les grandes villes, et beaucoup parlent de la nécessité de déplacer les entreprises en France. Qu’est-ce qui revitalise la France périphérique?

Je fais très attention à ce sujet. L’idée de relancer certains domaines à la suite de la crise sanitaire est bien sûr encourageante. J’ai bien peur de ne pas trop fantasmer …

Parmi les points de chute des citadins (et principalement parisiens) au début de l’incarcération, il y a beaucoup plus de stations comme Belle-Ile-en-Mer, Noirmoutier, Deauville et Arcachon que la campagne de l’Allier … Je le dis en toute objectivité , J’ai une profonde affection pour la forêt de Tronçais!

Photo La république du centre

Mais pouvons-nous tirer des mouvements véritablement significatifs et durables de ces quelques semaines au profit des petites villes et des zones rurales? En ce qui concerne les jeunes ruraux, il est particulièrement nécessaire de leur créer les conditions de mobilité qui leur permettront de se former et de travailler où ils le souhaitent. Chez moi, à une centaine de kilomètres, de l’autre côté de la France ou à l’étranger …

Qu’espère la jeune génération dans le monde d’aujourd’hui et les nombreuses incertitudes?

Tout espoir! D’autant plus que c’est précisément cette jeune génération qui les incarne.

J’ai été frappé par l’audace des jeunes français, en particulier ceux des régions éloignées des grandes villes, et je suis convaincu qu’ils pourront participer.

Salome Berlioux (vide)

Je ne dis pas que tout sera facile pour eux, mais … c’est aussi la vie, non? Il est rare de ne pas avoir à se battre. Et puis: en temps de crise, il y a certainement des opportunités qui se ferment, mais parfois d’autres qui s’ouvrent.

En particulier, l’écologie est-elle un espace propice aux jeunes de la périphérie pour développer leur territoire?

Absolument! Chez Pathways of the Future, nous encourageons nos filleuls à rejoindre ou créer des associations si elles n’existent pas déjà. Très souvent, les lycéens et lycéens que nous accompagnons sont très sensibles aux problèmes environnementaux et aux idées pour changer le jeu dans ce domaine, au sein de leur communauté ou à plus grande échelle.

Photo Eric Malot

Lorsque nous avons organisé un concours de fiançailles entre les filleuls de l’association l’automne dernier, certains d’entre eux nous ont également envoyé des manuscrits de romans sur des thèmes écologiques ou des courts métrages «verts». . Sur ces thèmes et sur d’autres, il me semble clair que les jeunes ruraux ont une longueur d’avance.

Combien d’espoir dans le prochain monde pour la cause que vous défendez?

L’avenir des jeunes loin des grandes villes devrait définitivement être à l’ordre du jour politique des prochaines années. Ce besoin ne découle pas de la crise sanitaire. Il faudra un réel effort.

Mais les municipalités, l’éducation nationale, les entreprises et les associations agissent déjà! Je crois beaucoup à cette mobilisation du champ pour remplir la pompe.

Les monuments.
Salomé Berlioux a grandi dans l’Allier, le Cher et la Nièvre. Elle a obtenu son baccalauréat à Nevers puis est entrée en hypokhâgne au Lycée Fénelon à Paris. Diplômée du Master en Affaires publiques de SciencesPo Paris et du Master de la Renaissance aux Lumières communs à l’École Normale Supérieure et à la Sorbonne, Salomé Berlioux a rejoint le cabinet du ministre des Affaires étrangères en 2016 en tant que discours et prospective conseiller.
La même année, elle fonde l’association Chemins d´avenirs, qui informe, soutient et promeut les lycéens et lycéens et les élèves de la périphérie de la France.

Livré : Les invisibles de la République, par Salomé Berlioux et Erkki Maillard, dans l’édition Robert Laffont.

Propos recueillis par Daphnée Autissier