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Le tableau noir de l’économie, préparé par la Banque de France

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Chapô

En avril, l’activité dans l’industrie et les services a continué de baisser, atteignant des niveaux jamais atteints par secteur. La situation financière se resserre, obligeant la moitié des PME à demander un prêt garanti par l’État.

« Compte tenu des incertitudes majeures concernant les méthodes et le taux de fin de confinement, contrairement à notre pratique habituelle, nous ne publions pas de prévision de l’évolution du PIB pour le trimestre en cours ce mois-ci. » Dans sa dernière enquête économique mensuelle (CEM), la Banque de France apporte la réponse. Il y a un mois, il avait procédé à une première estimation de la perte d’activité – par secteur et en termes de PIB – au cours des 15 derniers jours de mars, soit les deux premières semaines d’incarcération. « Nous avions estimé la perte de PIB sur une semaine d’inclusion typique de mars à environ – 32% », se souvient-elle dans le préambule. En avril, la baisse a été légèrement moindre, mais toujours très importante: – 27%. « Avec une grande marge d’incertitude », reconnaît la Banque de France, qui pourrait annoncer une baisse du PIB plus faible qu’en mars.

Dans le détail, la Banque de France note que la baisse de la production industrielle est à nouveau forte dans la plupart des sous-secteurs (la baisse est notable notamment dans l’industrie automobile, la plasturgie, la fabrication d’équipements, la métallurgie) mais moins en comparaison Mars si l’on tient compte du fait que tout le mois a été enfermé. Cela est dû à l’ajustement progressif des entreprises, qui ont limité les fermetures exceptionnelles de sites (5 jours en moyenne). Le taux d’ouverture des sites de production est de 75% contre 50% fin mars, avec des différences notables par secteur: une journée de fermeture dans l’industrie pharmaceutique contre 11 jours de transport. Cela dit, les entreprises redémarrées ne l’ont pas entièrement fait: le taux d’occupation est passé de 76% en février à 56% en mars et 46% en avril (8% dans l’industrie automobile…), « Le niveau le plus bas jamais enregistré dans cette enquête », note la Banque de France.

Une trésorerie extrêmement serrée

En termes de services marchands, la baisse d’activité est sensible avec une moyenne de 9 jours de fermeture exceptionnelle contre 6 jours par rapport aux deux semaines de mars: là aussi des écarts très importants selon les sous-secteurs: 1 jour pour les services informatiques et 24 jours dans les établissements de restauration dont l’activité a été réduite à néant par l’incarcération. Cela est probablement dû au télétravail: « 39% des chefs d’entreprise interrogés ont déclaré utiliser le télétravail, contre 16% dans l’industrie et 14% dans la construction. Trois secteurs de services utilisent le télétravail à plus de 70%: édition, informatique et activités juridiques et comptables », note la Banque de France, pour laquelle les services aux entreprises sont moins affectés que les ménages.

Financièrement, la trésorerie est – sans surprise – extrêmement tendue. Selon les chefs d’entreprise interrogés, les services se sont détériorés en avril alors que l’industrie était inchangée (et faible). Près de la moitié des PME et des moyennes entreprises (ETI) ont demandé un prêt garanti par l’État et 10% prévoient de le faire prochainement. Si les patrons acceptent d’anticiper une reprise en mai « De taille considérable », décode la Banque de France (et dans l’industrie et la construction en particulier), ils savent aussi que ce sera « Au lieu d’effacer les déclins des deux derniers mois ».