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Back Market, champion de l’électronique reconditionnée, lève 110 millions d’euros

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La start-up française Back Market, fondée fin 2014, propose des smartphones et équipements informatiques reconditionnés.
La start-up française Back Market, fondée fin 2014, propose des smartphones et équipements informatiques reconditionnés. Marché arrière

La start-up française Back Market est en hausse. Ce spécialiste de la vente en ligne de produits électroniques reconditionnés a conclu mardi 5 mai une levée de fonds de 110 millions d’euros. Et cela alors que l’activité est renforcée par les mesures de confinement imposées: les ventes ont doublé par rapport à la période pré-épidémique associée au coronavirus.

Fondée fin 2014, la société s’est initialement concentrée sur la vente de smartphones reconditionnés, en proposant à des fournisseurs tiers (spécialistes, supermarchés, marques, etc.) de vendre leurs anciens produits sur sa plateforme – chargés de les restaurer. Depuis, elle a élargi son offre en proposant du matériel informatique ou des consoles de jeux – deux catégories actuellement particulièrement recherchées – ainsi que des appareils électroménagers et des outils.

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La levée de fonds est à l’étude depuis quatre mois, révèle Yann du Rusquec du fonds Eurazeo, qui était déjà entré au capital de la société en 2018. Pour lui « Back Market a le potentiel de devenir la plate-forme de référence de l’économie circulaire pour les produits électroniques, et peut-être plus. »

La satisfaction du client est centrale

Sous la houlette de Goldman Sachs, la levée de fonds reflète pour la première fois la volonté de l’entreprise de se développer à l’international, notamment aux États-Unis, qui est aujourd’hui le deuxième marché le plus important de l’entreprise – sachant que la France est encore un peu plus plus de la moitié de son chiffre d’affaires. « Notre vision est que dans un avenir proche, le reconditionné devrait devenir la norme et l’achat de nouveaux produits l’alternative. Cependant, si nous voulons démocratiser cette nouvelle façon de consommer, nous devons réussir surtout aux États-Unis », assure Thibaud Hug de Larauze, PDG et co-fondateur de Back Market. Dans le même temps, la start-up renforcera sa présence sur le marché européen, notamment en Allemagne et en Grande-Bretagne.

Mais l’entreprise devra également travailler à l’amélioration de son image de marque. Le magazine a été publié en septembre dernier 60 millions de consommateurs avait publié une enquête auprès de cinq acteurs du reconditionnement. Back Market n’a pas été épargné. « Cette marque recueille le plus de plaintes que nous recevons », a souligné à l’époque Benjamin Douriez, rédacteur en chef adjoint de la revue, tout en admettant que « Le fait qu’il soit le plus gros vendeur du marché peut expliquer le nombre de plaintes en conséquence. »

Consciente que la satisfaction de ses clients est un point focal d’auto-imposée, la start-up a pris plusieurs initiatives pour améliorer le service après-vente des vendeurs. Il a également décidé de rejoindre les équipes de contrôle qualité et obligera désormais les vendeurs à fournir une garantie minimale d’un an sur leurs produits, contre seulement six mois plus tôt.

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Il a enfin un argument solide pour convaincre les nouveaux consommateurs de lui faire confiance. Dans un contexte de récession économique, synonyme de baisse du pouvoir d’achat, les offres à prix réduits sont un avantage. « Pour beaucoup, ce n’est pas le moment d’acheter un iPhone d’une valeur de 1 500 euros », est d’accord avec Thibaud Hug de Larauze.