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Ile-de-France: « Nos troisièmes places devraient partir plus vite que les autres entreprises »

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Il est parfois surnommé «roi des tiers-lieux», l’homme qui transforme les friches industrielles en lieux alternatifs branchés qui combinent de nombreuses activités: festives, associatives, culturelles ou économiques, avec une forte tendance à l’innovation sociale et environnementale.

Fondateur de Glaz’Art à Paris (19e siècle) en 1992, Stéphane Vatinel est aujourd’hui à la tête de Sinny et Ooko, qui ont imaginé la ville fertile de Pantin (Seine-Saint-Denis) ou encore le magasin de recyclage de Paris (18e siècle) ou le Pavillon des Canaux (XIXème).

Avec vingt autres troisièmes places culturelles du Grand Paris, il vient de signer une lettre ouverte « à construire ensemble et localement après le 11 mai ».

Comment vos sièges se sont-ils adaptés au choc du Covid-19?

Stéphane Vatinel. Quand Édouard Philippe nous raconte le 14 mars à 19h: Vous devez fermer à minuit « , il y a de la surprise. Notre équilibre dépend de la nourriture et des boissons. Cela représente 75% de nos employés. Cette marge de 50 cents que nous verserons sur une bière pour toutes nos actions dans le domaine de SESA, l’économie environnementale, sociale et solidaire.

Puis, et je ne m’y attendais pas, l’Etat est venu très vite au secours de nos structures avec la création d’emplois à court terme, l’éventuel report de prêts, les charges … Nous avons supposé une situation potentiellement dramatique pour, par exemple, une situation compliquée.

La crise peut-elle mettre en danger votre modèle?

Beaucoup de tiers-lieux sont en danger, oui. Surtout ceux qui dépendent trop des subventions gouvernementales. Pour sortir, vous devez diversifier au maximum vos activités et vos revenus. Plus nous partageons nos coûts et nos revenus, mieux nous répondrons à la crise.

A la Cité Fertile, par exemple, nous partageons le loyer, l’électricité, l’eau, l’entretien, la communication … entre tous les acteurs présents. Et quelqu’un qui va sur le site pour une telle activité en profite une autre.

Quand pensez-vous pouvoir vous ouvrir à nouveau au grand public?

Nous devons être prudents car nous recevons chaque jour de nouvelles informations. Les syndicats nous disent que nous pouvons rouvrir à partir du 15 juin. Nous nous battons car nous attendons avec impatience la réouverture de nos troisièmes places, nous recevons de nombreux messages.

A nous ensuite de vous rassurer sur la mise en œuvre des différentes règles de distance. Mais nous avons de la chance car nous avons de grands espaces extérieurs sur tous nos sites. Pour d’autres, il devient beaucoup plus difficile de faire respecter les 4 m2 par personne.

Qu’avez-vous appris de cette crise?

Elle aura porté une attention particulière à notre capacité à répondre rapidement au niveau local à des besoins simples. Nous avons réalisé que l’industrie ne pouvait plus fabriquer de masques car la capacité de production était externalisée sous prétexte qu’elle serait moins chère.

Nous avons vu beaucoup de gens se réunir, souvent volontairement pour dire: Je peux apporter des matières premières. Je peux faire des visières, collectionner des tissus, distribuer des masques …

Nous avons également salué la vente de fruits et légumes en circuits courts, la collecte et la distribution de matériel informatique. Grâce à notre réseau d’associations locales, cela a rapidement généré un enthousiasme incroyable.

Comment envisagez-vous l’avenir?

Grâce à ce modèle, je pense que nous partirons probablement plus tôt que les autres entreprises. J’insiste: vous n’êtes jamais aussi fort que lorsque vous jouez collectivement. Pour beaucoup, nous réduisons nos coûts: nous fournissons un travail équivalent, mais cela coûte moins cher. Tout le monde en profite.

On voit aussi qu’au niveau du département, à moins de 100 km, les principes du déconfundage ont été pensés: c’est la taille du court-circuit, de la propriété, de l’artisanat! Nos troisièmes places rassemblent tout, comme une place de village.