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Restriction: le gouvernement tente de répondre à l’incertitude décuplée des étudiants

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NICOLAS TUCAT via Getty Images

Comment le gouvernement tente de répondre à l’insécurité décuplée des étudiants (photo prise à Bordeaux le 1er avril 2020)

POLITIQUE – D’une part la baisse des revenus, d’autre part l’augmentation des dépenses. De nombreux étudiants sur le territoire français sont affectés par les effets du coronavirus et ses conséquences, notamment en lien avec l’incarcération. Alors que l’insécurité des étudiants existe déjà en temps normal, l’exclusion totale de l’économie place les plus modestes d’entre eux dans une « situation très critique », a déclaré la présidente de l’UNE, Mélanie Luce.

A tel point que des distributions d’aide alimentaire sont régulièrement organisées à l’université Paris 8 en Seine-Saint-Denis, comme partout ailleurs sur le territoire. Et du mal à répondre à la forte demande. « Ce paquet de nourriture est trop gros. Je te le dis, c’est de la merde. J’avais trop faim », a expliqué mercredi 22 avril un élève en ligne, comme vous pouvez le voir dans le rapport ci-dessous.

« Nous sommes confrontés à une explosion d’insécurité étudiante », confirme Mélanie Luce HuffPost se référant en particulier à la situation difficile des jeunes en résidence universitaire, des étudiants étrangers ou de ceux qui ont perdu un emploi ou un stage. Que fait le gouvernement avec cela et veut-il protéger tous les Français, directement ou indirectement touchés par la crise des coronavirus?

Il libère des millions pour les CROUS (Centres Régionaux pour les Travaux Universitaires) et lève quelques verrous pour permettre aux établissements de mieux aider leurs étudiants. « Pas assez » pour le président de l’UNEF qui veut « une aide nationale » en plus de nombreuses initiatives locales.

La promesse de Macron est toujours en jeu

C’est plus ou moins une promesse du président de la République. Emmanuel Macron a en effet expliqué dans son discours du 13 avril que l’État apporterait une aide financière aux étudiants «les plus précaires». Une enveloppe qui est toujours dans les cartons du gouvernement, mais déjà à en croire l’entourage de Frédérique Vidal. Contacté par Le HuffPostle ministère de l’Enseignement supérieur indique que cette aide est en effet «peaufinée». Il « complètera » les mesures déjà prises.

En ce qui concerne l’aide libérée, il existe notamment une enveloppe initiale de 10 millions d’euros. Un prêt d’urgence a été annoncé fin mars, qui devrait permettre aux jeunes en situation précaire de se nourrir ou d’étudier à distance via le CROUS.

« Cette aide a pris la forme de prêts pour du matériel informatique, des dons d’ordinateurs, des achats de clés 4G. … un soutien financier pour la nourriture avec la distribution de paniers-repas », a déclaré jeudi le ministre de l’Enseignement supérieur sur la culture française. sans entrer dans les détails.

Une plateforme pour identifier l’aide

Contacté par Le HuffPost, le CNOUS (Centre National des Travaux Universitaires), qui gère tous les centres locaux, a refusé d’en dire plus sur l’utilisation pratique de ces ressources.

En tout état de cause, le ministère de l’Enseignement supérieur a supprimé certains obstacles administratifs restrictifs en plus de cette enveloppe. Par exemple, les personnes qui ont quitté leur maison d’étudiant n’ont pas à payer le loyer initialement prévu en raison d’un préavis d’un mois.

Selon nos informations, le ministère s’apprête également à mettre en ligne une plateforme répertoriant les différentes initiatives de solidarité locales. Le but de ce site? Permettre au personnel de l’enseignement supérieur d’apporter son aide et de sensibiliser les étudiants aux différents mécanismes de soutien dont ils peuvent bénéficier.

« C’est très facile d’accès. A 18/19 ans, la priorité est l’accès à l’information. On ne peut pas profiter des initiatives si on ne sait rien de leur existence », explique l’entourage de Frédérique Vidal. plusieurs pages sont disponibles, dont une carte répertoriant les différentes actions menées dans la zone par thème (fracture numérique, aide sociale aux étudiants, soutien culturel) ou par ville.

« L’un est désespéré ”

En plus de cette assistance logistique, le Ministère a également décidé d’assouplir les règles normalement «strictes» d’utilisation de la Contribution Vie Etudiante et Campus (CVEC). Un montant total de 170 millions d’euros est disponible pour le CROUS et les écoles secondaires, qui est utilisé, par exemple, pour soutenir les élèves.

« Le ministre a décidé d’élargir les domaines de la CVEC pour répondre aux besoins alimentaires », explique le ministère, avant de donner quelques détails: « L’idée est de permettre aux institutions elles-mêmes de financer les coupons alimentaires. ou mettre plus d’argent dans les boutiques sociales et solidaires. « 

« Ça n’aide pas », regrette la présidente de l’Unef Mélanie Luce, car cette enveloppe de 170 millions d’euros est en fait financée par les étudiants eux-mêmes à travers leur contribution annuelle.

Mais plus généralement, c’est la réponse du gouvernement qui inquiète le chef du premier syndicat étudiant français. « Pour nous, c’est largement insuffisant. Nous sommes très désespérés », explique la personne qui souligne de nombreuses situations alarmantes dans la région. « Malgré la situation exceptionnelle, il n’y a pas de grande réponse aux difficultés rencontrées par les étudiants, bien avant la crise du virus corona existait « , regrette-t-elle HuffPost.

L’aide était encore plus recherchée que si les élèves n’étaient pas en sécurité avant le coronavirus, rien ne prouve qu’il ne survivra pas. Au contraire.

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