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Fichier. Les masques de protection commencent en Corse

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500 000, qui dit mieux? 800 000? 2 millions? Une, deux, trois fois. Décerné. Depuis plusieurs jours, le marché des masques de protection s’accélère, alimenté par le discours du gouvernement sur la nécessité croissante d’équiper la population et son incapacité à le faire. Dans un marché désormais libéralisé en raison d’une pénurie mondiale, la course est lancée au meilleur prix et presque tous les hits sont autorisés. Demandes, surenchère, marché noir, vol: le commerce des masques répond aux règles – parfois trompeuses – de la mondialisation. Et la Corse doit rester solidaire pour prendre soin d’elle-même.

L'entrepreneur Jean-Marc Ettori suppose qu'il a réalisé un bénéfice en important 500 000 masques.

La semaine dernière, deux expéditions ont été acheminées vers l’île. Un des 500 000 masques, lundi 13 avril. L’autre, de 1,2 million d’unités, en deux tranches, les 14 et 16 avril. Les deux actions viennent de Chine. Mais les deux initiatives se distinguent par leurs circuits d’approvisionnement, leurs intermédiaires et leurs réseaux de distribution. La première livraison a été reçue sur le tarmac de Campo dell’Oro, à Aiacciu, par Jean-Marc Ettori et Éric Graziani.

Les deux chefs d’entreprise ont profité de leurs relations pour commander, transporter et livrer 500 000 masques FFP2. Cette initiative privée a depuis répandu de durs commentaires sur les réseaux sociaux. Le prix de vente des masques aux communautés ou aux entreprises privées, les bénéfices réalisés par les deux hommes et les communications qui ont guidé ce processus ont provoqué un énorme malentendu. « Ils se font passer pour des mécènes, mais ils ont fait un coup d’État commercial. », chuchote le représentant d’une communauté. L’allusion met en colère Jean-Marc Ettori. « Je n’ai jamais dit que l’opération était volontaire, je ne peux pas me le permettre, je ne suis pas Bill Gates, le P.-D.G. de Corsica Tours. J’ai pris des risques financiers car les partenaires que j’ai demandés n’ont pas répondu à mes appels. Alors bien sûr, je vais faire un profit. Mais les entreprises que j’ai fournies vont également redémarrer leurs activités et gagner de l’argent. « 

Eric Graziani, partenaire de Jean-Marc Ettori, regrette les allusions sur les réseaux sociaux. -

C’est notamment le cas de la société Air Corsica qui a acheté 10 000 masques. « Je ne suis pas surpris qu’un entrepreneur qui s’engage financièrement soit payé, si cela reste raisonnable, explique Luc Bereni, président du directoire d’Air Corsica. La transaction a été conclue entre deux sociétés: l’une a des actions, l’autre a des besoins. Sans ces masques, nous n’aurions peut-être pas pu poursuivre les vols.  » La société de transport a payé 4,70 euros par unité, pour une opération mondiale d’environ 50 000 euros.

Le fournisseur justifie les coûts élevés par les coûts encourus. «Les prix des masques ont augmenté en Chine, d’où ils commencent désormais à 2,30 euros. J’ai affrété un avion cargo qui a fait un voyage vide et un retour au troisièmeJean-Marc Ettori explique. J’étais confronté à une complexité administrative qui met en péril chaque étape de la transaction. J’ai payé la commande en totalité. La cargaison est restée bloquée à Roissy pendant quatre jours, où elle risquait d’être détruite ou revendiquée. J’ai fait tout ça avec mon argent et certains voudraient que je m’excuse?  » L’homme d’affaires assume sa double ambition: fournir à la Corse des masques FFP2 et réaliser de la valeur ajoutée. « Elle aurait pu être encore plus grande, défend Éric Graziani. A Roissy, Jean-Marc aurait pu vendre le stock beaucoup plus cher. Il y avait une demande pour cela. « 

« Il n’est pas question de payer un masque pour 5 euros », pour un maire de Haute-Corse

L’ensemble de la commande a donc été expédié sur l’île où plusieurs entreprises ont profité de cette contribution favorable pour s’approvisionner. C’est le cas pour Air Corsica, mais aussi pour Corsica Linea ou Crédit Agricole. Les communautés ont également passé des commandes. En fonction des volumes requis, les fournisseurs ont appliqué le principe de dégressivité. « Nous avons acheté 45 000 masques pour 3,25 euros pièce, explique Pierre-Paul Rossini, directeur général des services à la mairie d’Aiacciu. Nous avons contacté M. Ettori dix jours avant la livraison. Ce sont les prix qui étaient utilisés à l’époque. Nous n’avons pas l’impression d’avoir payé trop cher. Ce qui était particulièrement intéressant, c’était le délai de livraison. Nous avons livré 30 000 de ces masques à l’hôpital, les 15 000 autres agents Capa équipés.  »

La mairie de Portivechju a acheté 30 000 masques et la marchandise a également suscité l’intérêt de la population rurale. François Colonna, maire de Vicu et président de l’intercommunale Spelunca Liamone, raconte « Ne pas avoir posé de questions » en payant 4,50 euros pour chacun des 4 000 masques commandés. « Même si cela semblait un peu cher, j’ai demandé à mon collecteur d’impôts si nous pouvions nous le permettre. On parle de santé et de santé, on ne compte pas. Nos agents chargés de la collecte des déchets sont désormais équipés de masques FFP2. « 

D’un autre côté, certains maires, marqués par les prix pratiqués, n’ont pas voulu utiliser les fonds publics pour ce qu’ils perçoivent comme un achat de panique. « Il est impossible de payer 5 euros pour un masque », s’en offusque chez un maire de Haute-Corse.

Les communautés rurales sont plus susceptibles de se tourner vers la collectivité de Corse. Une première commande publique de 1,2 million de masques, réalisée par Gilles Simeoni, est arrivée en toute sécurité les 14 et 16 avril. Elle devrait permettre d’alimenter les petites villes.

Le CoC attend toujours une extension de 800 000 unités fin avril. Au total, la communauté a dépensé 2,7 millions d’euros pour 2 millions de masques, dont la moitié étaient de type FFP2. Le président a déclaré au moment de la livraison que le CoC avait obtenu des prix imbattables grâce à un remboursement d’impôt, lié au remboursement des droits de douane et de transport d’un montant de 600 000 euros: 1, 50 euros pour un modèle FFP2 et 60 cent pour un masque chirurgical. Loin des prix pratiqués par l’initiative privée de Jean-Marc Ettori.

Faut-il donc comparer les deux approches et leurs implications financières? L’un vient d’un groupe d’entrepreneurs privés qui prévoient de rentabiliser leur investissement. L’autre provient d’une institution publique soutenue par un intermédiaire local qui a renoncé à une commission.

Depuis, la situation a changé. Les communautés abandonnent l’achat de modèles FFP2, qui sont théoriquement destinés au personnel médical et aux patients infectés, et se tournent vers les masques chirurgicaux pour subvenir aux besoins des citoyens. L’approche de la déconfinition explique en partie cette stratégie. Les coûts inférieurs aussi.

Protégez-vous, mais à quel prix?

Gilles Simeoni, président de l'exécutif corse à Ajaccio recevra les 700 000 masques commandés par la communauté corse - Pierre Antoine Fournil - FOURNIL Pierre Antoine

Devrions-nous tous porter des masques? Si oui, quel type de masque? Et où les achetez-vous? Depuis qu’Emmanuel Macron a proposé une systématisation du port du masque le 16 avril, ces questions sont au cœur des préoccupations des limités. Actuellement, l’État n’a pas encore publié de doctrine. Mercredi, l’Académie de médecine a appelé tous les Français à porter un masque sans délai. En attendant la clarification de la procédure à suivre, les mairies ont déjà sollicité cette protection sous la pression de citoyens très inquiets.

De grandes municipalités, comme Ajaccio, ont donc acheté une partie des actions offertes par Jean-Marc Ettori et son partenaire Éric Graziani. Ou même comme Porto-Vecchio pour 108 000 euros HT: « Quel que soit le prix, nous voulons nous cacher », explique Pierre Alessandrini, directeur de cabinet de Georges Mela.

Mais ce matériel n’est pas destiné au grand public. Comme le fait remarquer le préfet de Corse, les masques FFP2 et chirurgicaux sont principalement destinés au personnel soignant.

A ce stade, la situation très tendue que la région a connue il y a quelques semaines s’est nettement améliorée avec la réception d’une partie de la commande de 2 millions de masques passée par la Collectivité, poursuit Franck Robine. Ce dernier a en effet complété les ressources de l’État pour compenser les besoins hebdomadaires des soignants sur le territoire national, les besoins étant estimés à 40 millions de masques par semaine, alors que l’État ne peut en fournir que 35 millions. « Le gouvernement a récemment passé une commande d’un milliard de dollars avec la Chine »Franck Robine souligne avec désinvolture.

Cependant, avec l’approche de la déconfinition, la tension autour de ces produits très recherchés, en particulier le FFP2, est toujours très ressentie, et pas seulement avec les infirmières … Dimanche, Cdiscount annonce la vente de 60 millions de masques chirurgicaux pour 75 cents le l’unité est répandue. Cependant, ce matériel est destiné aux TPE et PME pour favoriser la reprise d’activité et fait l’objet de deux masques par jour par travailleur exposé. De plus, la perspective d’acheter des masques dans les magasins est actuellement sur la table du gouvernement. Mais aucune décision n’a encore été prise.

En attendant, vous n’avez pas à tenter votre chance dans une pharmacie. La réaction des pharmaciens distribuant les masques chirurgicaux est sans ambiguïté. En aucun cas, ils ne peuvent les attribuer à des prestataires non soignants (à l’exception des patients très vulnérables, des immunosuppresseurs et ceci sur prescription médicale), et encore moins: «Les médecins et les infirmières ont droit à 12 masques chirurgicaux et 6 FFP2 par semaine, et nous en manquons. De plus, ces masques ont une efficacité relativement courte, il faut les changer très souvent, savoir les placer correctement sur le visage et les retirer correctement. », explique Christian Filippi, représentant des pharmaciens URPS, qui rappelle que rien ne peut remplacer les mesures barrières de distance et de lavage des mains. Si les pharmacies ne vendent pas ce matériel de protection, l’Ordre National des Pharmaciens espère toujours pouvoir vendre des masques dits « alternatifs » tissés selon les normes imposées par les professionnels de la santé et la ligne de l’Association française de normalisation (Afnor).

Question sur l’ouverture du marché

C’est sur ces produits que les communautés se sont largement détournées en attendant la décision de l’Etat. Propriano a donc passé une commande de 3.000 masques pour 1.50 euros auprès d’une société basée à Limoges. « Nous avons pensé qu’il valait mieux pour nous acheter ce type de masque lavable plutôt que de faire un achat à 4 euros pour un masque jetable … », Explique le maire Paul-Marie Bartoli. Après avoir acheté le FFP2 à Jean-Marc Ettori pour la réouverture des crèches et des écoles, Jean-Baptiste Luccioni a également commandé des masques textiles à Pietrosella.

Comme pour toutes les marchandises, leur prix baisse. De 5 euros chacun pour un petit village de l’Alta Rocca à 1,50 pour une commande plus importante. Dans certains endroits, les intercommunales ont initié des achats groupés, comme Castagniccia-Casinca: «Nous avons préféré acheter des masques Afnor réutilisables pendant un mois et lavables à 60 degrés, plutôt que des masques jetables, trop chers pour nous. Nous avons donc passé une commande de 7 000 masques, à 4 euros pièce »a déclaré Antoine Poli, président de com-com. De nombreux maires ont contacté les fournisseurs sur la liste distribuée par le préfet. En Corse, comme ailleurs, la production locale, comme celle des Petites solidaires, est stimulée par la préfecture et le Service de développement économique corse. Il est structuré.

Une « opération commando » réalisée pour la Collectivité de Corse sur un marché très volatil

Jean-Pascal Fix - Doc CM

Jean-Pascal Fix ne voulait pas que son nom apparaisse dans les médias jusqu’à ce que Gilles Simeoni soit content de l’avoir acquis à un prix très raisonnable (1,70 euros TTC pour le FFP2 et 0,48 centimes TTC), compte tenu de l’énorme demande , deux millions de masques l’ont remercié publiquement. Fils d’un médecin militaire et enseignant-mère, l’entrepreneur engagé dans diverses activités (édition, immobilier, alimentation) entre la Chine, la Corse et le continent depuis 30 ans, n’aime pas entrer à la légère.

Il préfère mentionner les nombreux noms des personnes qui ont contribué à la mise en place de cette opération, qu’il qualifie de «commandement». Des responsables du CdC comme M. Pinelli, le Trésor public comme M. Rossi, des membres d’Air France comme Jean Casta, le groupe de transport Ceva comme Margaux Weber, le père Frédéric Constant de Porto Vecchio, ainsi que des personnalités et des intermédiaires chinois. Jean-Pascal Fix n’a pas bénéficié de cette opération, sauf satisfaction « En des temps troublés, accompli une mission de service public », pour l’île où il a ses racines.

« Notre argent est en jeu »

L’histoire commence le 25 mars. Jean-Pascal Fix envoie un SMS au président de l’exécutif corse lui demandant d’acheter des masques médicaux au nom de la communauté corse. Grâce à l’une de ses sociétés en Chine, elle dispose sur place d’une équipe d’ingénieurs, de techniciens et d’avocats, « Moins d’une heure après avoir rédigé un contrat en chinois ».

L’homme d’affaires possède un carnet d’adresses étendu et surtout efficace, comprenant les agents essentiels, les «guanxi» et les politiciens influents.  » Très vite au début de la crise de Covid, j’ai remarqué que les masques montaient en Chine. J’ai rapidement prospecté sur le terrain car en France je suis partenaire d’une entreprise leader dans le portage de repas à domicile pour les personnes âgées. J’ai alors pensé bien sûr à la Corse, dont je savais qu’il manquait ce matériau et où vivait le mien.  » Gilles Simeoni lui répond à grands pas. C’est une question de vie ou de mort, il m’a dit « . Le pacte est vite bouclé: Jean-Pascal Fix propose d’apporter au CoC deux millions de masques médicaux (la moitié chirurgicale, l’autre FFP2) au prix le plus bas possible.

La réputation des Américains

En Chine, la commande a été passée au nom d’une des sociétés de Jean-Pascal Fix, Avanti. Le 30 mars, plus d’un million de masques seront fabriqués avant qu’une audience finale ne soit dépensée, explique l’entrepreneur. Le CoC ouvre alors une ligne budgétaire d’environ 2,7 millions d’euros pour honorer 80% de la commande (le CoC espère récupérer 26% de ce montant auprès des douanes).

En Chine, les prix augmentent un peu plus chaque jour. L’entreprise est compliquée par la demande mondiale, en particulier des États-Unis, et plusieurs scandales liés à des importations de qualité douteuses. « Je pense que nous sommes arrivés au pire moment, dit Jean-Pascal Fix. Les prix ont énormément augmenté. En France, l’État avait revendiqué une partie des importations, de quoi décourager les acheteurs potentiels. Les Américains qui ont la réputation d’acheter trois fois plus cher, alors que les Français réfléchissent trois fois avant d’acheter, ont tout pris. Ils déstabilisent un peu plus la situation en dressant du jour au lendemain une liste des sociétés chinoises autorisées à importer sur leur continent. Tel ou tel masque était soudain considéré comme non valable, les règles évoluent à une vitesse étonnante ».

Des prix variant du simple au double

L’homme d’affaires et son équipe changent d’usine quatre fois et se contractent quatre fois. Ils parviennent à résister aux réglementations chinoises très changeantes et ont l’assurance de la livraison rapide des masques. «Le fait qu’une grande quantité ait été commandée a été déterminant. Avec mes partenaires nous avons de l’expérience en gestion d’entreprise, nous connaissons la Chine. Mais nous n’avons jamais vu un marché aussi serré jusqu’à présent.  » Les propositions de prix « Du simple au double ». « Le marché est extrêmement volatil, Jean-Pascal Fix explique. C’est pourquoi il est difficile d’anticiper le prix auquel ils doivent être vendus en France. Nous ont pu obtenir le masque chirurgical pour 50 cents. Le FFP2 qui était initialement de 1,50 nous a coûté 1,70 hors transport et douane.  »

Ce prix comprend la marge des agents clés, qui a mis en contact acheteurs et entreprises chinoises. Cela varie, en fonction du jour, de l’offre et de la demande, de 1 cent par masque et par agent au début de la crise à 8 cents voire plus aujourd’hui: «En Chine, les entreprises ne travaillent jamais directement avec l’acheteur. Ces agents sont essentiels pour entrer en contact avec les entreprises qui, pour la plupart, ne fabriquaient pas de masques il y a trois mois. Personne ne nomme leurs noms pour ne pas se tourner vers des concurrents potentiels »

Une « chaîne de solidarité »

En France, Jean-Pascal Fix a rapidement bénéficié de « la chaîne uni » qu’il continue de saluer tout au long de son histoire: Jean-Cyril Spinetta, l’ancien patron d’Air France, s’appelle Jean Casta. Ce dernier suggère la société Ceva Logistics, filiale de la société de transport CMN / CGA, avec laquelle Air France a l’habitude de travailler. Le préfet de Corse Franck Robine facilite alors les contacts.

La compagnie aérienne fournit un avion gratuitement. De cette façon, les moyens sont trouvés pour retourner la marchandise le plus rapidement possible. Après plusieurs ennuis, dont un retard d’une semaine dû à la contamination par Covid d’un pilote d’avion, une partie des marchandises, à savoir 1 million de masques chirurgicaux et 200000 masques FFP2, sont finalement arrivés sur le tarmac d’Ajaccio entre le 14 et le 16 avril. « Les 800 000 masques FFP2 restants sont actuellement fournis par bàl’eau, explique l’entrepreneur. Ils doivent arriver en toute sécurité avant fin avril.  »

L’évolution des décrets rend la tâche du pouvoir judiciaire plus difficile

Le palais de justice de Bastia - Christian Buffa

Le 19 mars, des hommes de la gendarmerie d’Aleria ont arrêté un homme de 58 ans à Sorbo Ocagnano. Ce dernier était soupçonné de vendre des masques chirurgicaux achetés sur Internet. Des masques sont retrouvés au domicile de son compagnon et dans son véhicule. « Il a vendu à deux reprises un lot de dix masques chirurgicaux aux personnes âgées pour 39,90 euros par lot. Ces derniers ont porté plainte », explique Caroline Tharot, procureur de Bastia. En l’absence de marque et « Une indication susceptible d’identifier la source, les masques ont été détruits après vérification ». L’homme sera traduit en justice le 7 octobre pour marketing trompeur et travail particulièrement caché.

A Aiacciu, cette fois le 15 avril, une perquisition a été organisée sur un jeune homme de 20 ans qui tentait de vendre des masques FFP2 sur Facebook pour 10 euros pièce. La police a confisqué 35 masques au jeune homme, dont la date d’expiration est bien passée. Il sera libéré le 18 juin.

Ces deux délits sont les seuls sur l’île depuis le début de l’épidémie. Ils illustrent en partie l’entreprise mise en place autour de la vente clandestine de masques. « Nous avons également été avertis de la vente de masques dans la région de Porto-Vecchio », a déclaré Carine Greff, l’avocate d’Aiacciu.

Les administrations publiques sont « vigilantes » quant à la possibilité d’un commerce parallèle qui pourrait générer des bénéfices juteux pour les auteurs présumés. Cependant, ce suivi est compliqué par l’évolution des décrets concernant les exigences requises dans la lutte contre le virus Covid-19.

Le décret 2020-247 du 13 mars, pris dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, dispose que tous les masques de protection respiratoire et anti-spray sont en possession des entreprises qui les fabriquent ou ont été revendiqués par une personne morale. Le trafic de masques est alors interdit et l’équipement est destiné aux professionnels de santé et aux patients atteints de Covid-19.

Une décision modificative sera publiée au Journal officiel le 20 mars. Il précise que l’allégation ne s’applique qu’aux « stocks de masques déjà présents sur le territoire national et aux masques produits sur celui-ci ». Cela signifie qu’il est désormais possible d’importer des masques, à raison de 5 millions d’unités par trimestre et par personne morale.

Les premières commandes sont passées ici, principalement en Chine mais aussi dans d’autres pays. Le commerce est organisé. « Ce chevauchement de textes est assez difficile à gérer », a expliqué le procureur d’Aiacciu. D’autant plus qu’un nouveau texte, qui date du 18 avril, modifie encore la législation sur ce sujet. Lundi, nous avons les services du « service régional de santé pour analyser le texte afin de savoir ce qui est vendable et ce qui ne l’est pas. Toute une série d’actes interdits n’est plus ».

L’équilibre reste fragile entre l’obligation de contourner les transactions occultes et la nécessité de fournir des masques pour la terre.