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Examens à distance: le casse-tête des étudiants qui ont des difficultés à se connecter

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Numérique, high-tech … 2020 et ses preuves numériques. Un monde où l’on pense que frapper les touches du clavier à la maison est devenu aussi courant que le tourbillon des feuilles du carnet.

Comment l’Université d’Orléans gère-t-elle indéfiniment le virus corona?

Bien que les cours soient suivis sur des plateformes en ligne, les devoirs et les informations sont transmis par e-mail, les étudiants de l’Université d’Orléans n’ont peut-être jamais connu des inégalités aussi fortes. L’emprisonnement a duré plus d’un mois. Les bibliothèques universitaires et les médiathèques sont fermées. La fracture numérique s’ajoute donc à la fracture sociale déjà enregistré.

La start-up Diplomeo, spécialisée dans les questions d’orientation, évalue 19% le pourcentage des 16-25 ans en France qui ont du mal à suivre leurs cours en ligne, et 15% ceux qui ont des problèmes de connexion ou de matériel. Au niveau national, nous sommes entre 5% et 10% des étudiants en « panne numérique », a expliqué Pierre Allorant. Le directeur du Collège de droit, d’économie et de gestion cite les chiffres mentionnés lors de la conférence des présidents d’université. Entre ceux qui n’ont pas d’ordinateur et ceux qui ont du mal à se connecter, par exemple dans les zones blanches.

Résultats de l’enquête en attente

L’université a mené deux enquêtes pour affiner et évaluer les problèmes sociaux et numériques à Orléans. Ces sondages ont été envoyés par SMS à plus de 18 000 étudiants, Les 3 et 16 avril. Dans le premier, la fracture numérique a été corrigée.

« Un nombre important d’étudiants disent avoir beaucoup de difficulté à accéder à Internet », explique Ary Bruand. Le questionnaire vise à identifier les élèves en difficulté et de les contacter plus efficacement que par e-mail.

Certains doivent gérer sans ordinateur. Photo d’illustration Thomas Derais

En première ligne, les enseignants ont pu réaliser certaines situations extrêmes. « Complètement désespéré, un étudiant est venu me voir, enfermé dans un appartement avec deux jeunes enfants. Comment réussissez-vous vos examens dans ces conditions? Questions Carine Laurent-Boutot, maître de conférences en droit privé.

Parce que c’est le plus gros problème et terrible source de peur pour ces étudiants. Garantir la continuité de l’éducation via Internet est une chose. S’assurer que les examens terminaux se déroulent bien en est une autre.

L’organisation de ces particules reste floue, alors que les premières séances commencent à partir de la semaine du 27 avril. Chaque professeur a sa propre façon de travailler, mais tout semble se faire à distance et chaque enseignant ajuste ses méthodes de contrôle.

«Je donne à mes élèves 24 heures pour composer», explique Carine Laurent-Boutot, par exemple, qui aime laisser du temps à ceux qui ne peuvent pas se connecter efficacement. « Karin Fischer, professeur d’anglais à l’UFR Lettres, Langues et Humanités, échappe aux vérifications finales. » Je dois prendre trois élèves par voie orale. Pour le reste, tout se fait en suivi continu. Mais je sais que c’est un désastre pour mes collègues traducteurs! Cela peut aussi être plus problématique dans l’histoire, avec de nombreux examens sur la table. « 

Bien-être des étudiants ou examens à tout prix?

Le directeur Hechmi Toumi est heureux de le confier au Collegium Sciences et Techniques (CoST) les examens ne sont pas sa priorité au regard du « bien-être des étudiants » et de la certitude que la continuité de l’enseignement est assurée. « Si vous ne respectez pas cela, l’université deviendra un élément de contrainte sans incarcération », a-t-il déclaré.

Enfermés sur moins de 20 mètres carrés, les étudiants d’Orléans sont confrontés à l’isolation

Cela ressort d’une enquête lancée en ligne par ses services 233 étudiants CoST ont des problèmes informatiques, sur 1 213 réponses envoyées. 3 209 étudiants n’ont pas répondu, ce qui suggère que ce chiffre pourrait avoir été sous-estimé.

« Quand nous voyons une énorme baisse de la moyenne basée sur le score de distance, nous appelons l’élève pour savoir ce qui se passe. Ceux qui sont en difficulté numérique, éducative ou personnelle sont écartés. Nous croyons qu’ils sont dans un régime d’étude spécial « . Hechmi Toumi explique les salles informatiques sont mobilisées permettre aux étudiants incapables de composer à la maison de passer leurs examens dans les mêmes conditions que leurs camarades de classe, entre la première et la deuxième session.

Dans le domaine du droit, de l’économie et de la gestion, Pierre Allorant n’est pas fan des reports d’examens. « De nombreux étudiants doivent travailler en été. Lorsque nous changeons de poste, nous les empêchons d’avoir une activité salariée. Sans oublier les étudiants de L3 qui souhaitent soumettre des dossiers de candidature principaux. Je ne peux pas imposer de décisions aux jurys, mais je peux demander une gentillesse particulière. Ils sont humains et comprennent bien leurs élèves. « 

D’autres problèmes sociaux peuvent s’ajouter à la fracture numérique. Photo d’illustration Pierre Destrade

Une situation qui fait sauter Corinne Leveleux-Teixeira, professeur d’histoire du droit: « La Faculté de droit n’a pas mené d’enquête auprès de ses étudiants pour connaître leur situation, contrairement à d’autres composants. Mais elle a une bonne intention de passer les examens sous forme numérique, même si les conditions d’égalité ne sont absolument pas remplies et que les plus vulnérables mordront! J’ai essayé de neutraliser mon test: refus. La situation des étudiants n’est pas du tout prise en compte.  »

200 ordinateurs achetés par l’université

Sur ce dernier point, Pierre Allorant répond que « le ministère a interdit la neutralisation du semestre ». Il ajoute que « si les étudiants rencontrent un réel problème technique le jour de l’examen, une session exceptionnelle se tiendra dans les salles informatiques en mai, avant la deuxième session », comme proposé au CoST.

Après ses premières recherches, l’université a fait un achat substantiel de matériel informatique. 200 ordinateurs et 300 cartes SIM ont été distribués aux étudiants, ainsi qu’un soutien financier aux plus démunis.

« C’est une bonne chose, mais elle est insuffisante et ne répond pas aux besoinsrépond Karin Fischer, également membre de la FSU.  » Entre 1 000 et 1 500 étudiants vivent une fracture numérique. Sauf que cette aide arrive très tard et qu’il ne prend pas en compte les difficultés des conditions d’études en général: baby-sitting, insécurité, isolement, difficultés alimentaires …  »

Plusieurs conférenciers interrogés pointent un point spécifique manque de réactivité et de direction générale impulsée par l’université. Certaines questions restent sans réponse une semaine avant la première date limite.

Aide alimentaire aux étudiants mercredi

Le Collegium Sciences et Techniques (CoST) organisera des distributions de vivres à partir de ce mercredi 22 avril. Tous les étudiants qui se présentent, quel que soit leur secteur, en bénéficieront.
Ces horaires ont lieu tous les mercredis de 10h30 à 12h30 à l’entrée du bâtiment administratif CoST (1, rue de Chartres, à Orléans-La Source).
Dans un enchevêtrement, les bénéficiaires peuvent trouver des pâtes, du riz, des pommes de terre, du sucre, de la farine, des biscuits ou même de la confiture. Des produits d’hygiène sont également collectés.

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Thomas Derais et Alexis Perché