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« Dans les quartiers, nous approchons chaque jour du point de rupture »

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A Clichy-sous-Bois, ville d’un peu moins de 30 000 habitants en Seine-Saint-Denis, la crise sanitaire associée au Covid-19 aggrave chaque jour les inégalités qui minent les quartiers populaires, explique Olivier Klein, maire du socialiste de la ville depuis 2011 et président de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine. Clicho original qui a grandi dans la ville de Chêne-Pointu, il prône des mesures d’urgence et la mise en œuvre à long terme de politiques gouvernementales plus ambitieuses.

Quelles sont les conséquences de l’incarcération pour les résidents des quartiers à faible revenu?

Pour ceux qui sont déjà dans l’incertitude, cette crise sanitaire provoque une explosion et une accélération des difficultés. Personne n’avait mesuré l’ampleur de l’impact. Les difficultés de logement – limitées à plusieurs dans une petite propriété insalubre dans une copropriété compromise sont un véritable test – pour certains, les papiers, le travail et la santé. Et puis faim. Les acteurs solidaires habituels comme Les Restos du Coeur, le Secours populaire ou même le Secours Catholique ont dû fermer leurs portes, au moins pendant les deux premières semaines d’incarcération, car nombre de leurs volontaires sont des personnes âgées. Nous avons donc fait appel à des bénévoles pour les rouvrir ainsi qu’à d’autres associations comme AC Le Feu. Il y a aussi l’augmentation des prix dans les supermarchés et la fermeture des marchés alimentaires. Tout cela ensemble provoque une grande misère. Le risque de ne pas pouvoir nourrir leurs enfants signifie que certains parents doivent mettre leur fierté dans leurs poches pour faire la queue pour les distributions de nourriture. Dans ces files d’attente, il n’y a pas de profiteurs, seulement des gens dans le besoin, logiques pour survivre. Nos quartiers sont au bord du gouffre. Chaque jour, nous approchons du point de rupture.

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Comment réduire la fracture numérique qui défavorise les étudiants des quartiers?

L’école de la continuité éducative est une autre difficulté majeure. L’annonce par les ministres de l’éducation et de la ville d’un investissement de 15 millions d’euros pour l’achat de matériel informatique et de connexion et pour le développement du mentorat est une bonne chose, mais il faut aller plus loin. À Clichy, nous avons récupéré une centaine d’ordinateurs auprès de la Fondation BNP, que nous avons ensuite distribués aux familles qui en avaient le plus besoin. Nous les avons identifiés grâce aux professeurs. J’ai également appelé Microsoft et Apple via LinkedIn pour participer à la solidarité. C’est occupé. Même chose avec les opérateurs, j’ai principalement appelé Orange et Free pour qu’ils donnent des clés 3G et proposent des plans Internet gratuits dans les quartiers populaires. Nous attendons …

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